The Fall : Last Days of Gaia

Test PC

Fallout, vous connaissez ? Ce fameux jeu de rôle avait su séduire une grande partie des inconditionnels de RPG grâce à la liberté d'action qu'il offrait, à sa richesse intrinsèque, mais aussi et surtout grâce à son univers post-apocalyptique. En effet à l'époque de sa sortie en 1997, on était plus habitué aux ambiances heroic-fantasy qu'aux flingues et autres mondes dévastés. Ce cadre particulier est aussi celui de The Fall : Last Days of Gaia qui compte bien se faire une petite place dans le monde très concurrentiel des jeux de rôle sur PC.

Le jeu se déroule donc dans le futur, en 2083 pour être plus précis. L'avenir qui y est dépeint n'est pas très encourageant. En effet, on se retrouve propulsé sur un monde assommé par la chaleur et la sécheresse où la moindre des ressources naturelles déclenche les convoitises des hommes. Comment en est-on arrivé là ? Et bien tout commença quelques années plus tôt, en 2063. La NASA avait construit des machines capables de rendre Mars habitable en la terraformant. Pour cela, elles rejetteraient dans son atmosphère d'immenses quantités de CO2 pour augmenter l'effet de serre. La conséquence espérée était une augmentation de la chaleur rendant possible la vie. Mais quelques jours avant le lancement des fusées, des fanatiques s'emparèrent des installations et déclenchèrent les machines. Le résultat fut catastrophique puisque le taux de gaz à effet de serre a tout de suite augmenté. Ce qui aurait été bénéfique sur Mars eu un effet épouvantable sur la Terre. La température s'éleva d'une dizaine de degrés. Les conséquences, on les devine aisément. Le climat fut totalement bouleversé : des tempêtes dévastèrent des régions entières et le niveau de la mer s'éleva.

Aujourd'hui, en cette belle année 2083, même si tout cela s'est un peu calmé, le climat est bouleversé pour longtemps. La végétation a reculé et le désert couvre une grande partie des terres. C'est dans ces conditions que les hommes tentent de survivre. Au lieu de s'entraider, ils se déchirent pour la possession des ressources naturelles. Et vous dans tout ça ? Et bien vous incarnez un mercenaire qui aide la seule organisation capable de mettre un peu d'ordre dans ce chaos : le Gouvernement du Nouvel Ordre. Comme dans tout bon RPG, vous devrez choisir les aptitudes de votre personnage (force, intelligence, dextérité...), mais aussi ses compétences (crochetage, maniement des armes légères ou lourdes, furtivité...). Vous ne serez pas longtemps seul puisqu'il est très rapidement possible d'enrôler cinq compagnons de route pour vous épauler et pour faire face aux nombreux affrontements que vous aurez à mener.

En effet, les combats sont nombreux et se déroulent en temps réel ou au tour par tour : c'est vous qui décidez. Ce système n'est pas sans rappeler celui de Baldur's Gate puisqu'on peut paramétrer très finement le moment où l'on veut que la pause se déclenche (seulement quand vous apercevez un nouvel ennemi, lorsque le chargeur de l'un des personnages est vide...). Il est aussi possible de déclencher la pause manuellement à tout moment pour donner ses ordres. Autre spécificité du système de combat, on peut gérer l'attitude de ses six personnages à l'avance et décider par exemple qu'ils n'attaquent pas les ennemis automatiquement ou encore que le médecin soigne sans qu'on y en donne l'ordre les membres de l'équipe en danger). De plus, 5 niveaux de difficulté sont présents et permettent d'adapter le jeu au niveau de chacun. Bref, le système de combat est très bien pensé.

On peut cependant émettre une petite réserve à ce sujet : elle concerne l'intelligence artificielle. S'il est possible de s'accroupir, de s'allonger et même d'utiliser les éléments du décor comme bouclier, les ennemis eux, ne le font pas assez souvent. De plus, on ne peut pas dire qu'ils montent de véritables stratégies pour vous attaquer. Il est très dommage que l'on n'assiste pas plus fréquemment à des embuscades ou à des prises à revers et à des diversions. Autre petit bémol : le jeu n'est pas exempt de bugs divers et variés concernant les graphismes mais aussi le pathfinding. Vos personnages ont ainsi beaucoup de mal à rejoindre seul et sans encombre un endroit éloigné et il se peut que vous en perdiez un en route. Il faut donc désigner des lieux assez proches pour qu'ils s'y rendent sans souci. Procéder de cette manière vous évitera bien des tracas.

Heureusement, tous les PNJ ne sont pas hostiles et il est possible de parler à près d'un millier de personnes qui peuvent vous donner des informations sur cet univers sombre et inquiétant mais aussi des quêtes qui peuvent rapporter de l'expérience et des objets. A propos des PNJ, ils faut signaler qu'eux aussi vivent leur vie et ne restent pas bêtement plantés au même endroit 24 heures sur 24. Pour recréer le plus fidèlement possible leurs attitudes, un moteur appelé Living World Architecture (LWA) a dû être mis au point ce qui a demandé plus d'un an et demi de travail. Le résultat est plutôt bon car lorsque la nuit arrive, on voit que certains PNJ rentrent chez eux alors que d'autres (souvent moins recommandables) sortent dans les rues et se livrent à leurs petits trafics. Encore mieux, si vous vous faites attaquer alors que vous êtes en présence de PNJ amis, ceux-ci n'hésiteront pas à vous donner un petit coup de main. Bref, grâce à son ambiance post-apocalyptique soignée, ses nombreux PNJ indépendants et son scénario très bien ficelé et malgré ses quelques défauts, The Fall parviendra à convaincre la majorité des amateurs de jeux de rôle futuristes.

Super.panda, le 03 décembre 2004