Les Desastreuses Aventures des Orphelins Baudelaire

Test Xbox

A tous ceux qui se désolent de l'absence d'un nouvel opus d'Harry Potter sur nos consoles en cette fin d'année, sachez qu'Activision nous propose un jeu tout à fait dans la veine des dernières aventures de l'apprenti sorcier. Egalement tiré d'une oeuvre littéraire, Les désastreuses Aventures des Orphelins Baudelaire ravira à coup sûr les plus jeunes d'entre vous.

Les Désastreuses Aventures des Orphelins Baudelaire, c'est avant tout une série de romans littéraires dont le succès auprès du jeune public est incontestable. Pourtant, le phénomène Harry Potter a sans doute diminué l'impact de l'oeuvre de Lemony Snicket, alors que celle-ci mérite sans doute le même enthousiasme. Heureusement, la sortie du film adapté de l'un de ces nombreux romans devrait médiatiser davantage cette histoire douloureuse mais néanmoins pleine de péripéties, qui raconte le parcours désespéré de trois jeunes enfants en quête de liberté.

Baudelaire est le nom d'une famille à la destinée bien cruelle. La vie de ses membres bascule lorsque les trois enfants qui la composent apprennent de façon brutale et totalement inattendue la disparition de leurs deux parents à la suite d'un incendie. Et comme si les choses n'étaient pas suffisamment terribles pour Klaus, Violette et Prunille, ceux-ci doivent se résoudre à vivre chez leur oncle Olaf, un comte sadique et sans scrupules qui a visiblement juré de tout faire pour éliminer les trois enfants afin de leur voler leur héritage. L'ambiance du jeu oscille habilement entre l'insouciance d'un épisode d'Harry Potter et la noirceur d'un film comme la Cité des Enfants Perdus. Si les trois enfants sont résolus à vivre à tout prix malgré les malheurs qui leur tombent dessus, leur volonté farouche contraste avec la peur et le doute qu'on s'attendrait à voir dans leurs yeux. Du coup, si l'aventure est sombre, l'ambiance du jeu n'est jamais oppressante, car même si l'on nous annonce dès le départ l'absence totale de fin heureuse, on ne peut s'empêcher de croire en la réussite de leurs plans.

Concrètement, la progression se révèle assez proche d'un jeu comme Harry Potter et le Prisonnier d'Azkaban, avec une alternance d'énigmes, de plates-formes et d'action qui renouvelle judicieusement l'avancée dans le jeu. La progression se fait également en coopération, c'est-à-dire en incarnant à volonté n'importe quel membre du trio. On peut ainsi facilement switcher entre Violette, qui ne cesse de mettre au point toutes sortes d'inventions, et Klaus, qui utilise la plupart de ces trouvailles pour aider ses soeurs. La plupart du temps, le joueur doit ainsi trouver différents objets pour fabriquer quelque chose de compliqué qui permettra par exemple de frapper des adversaires ou d'aspirer des serpents. Les possibilités d'action se multiplient à mesure que l'on met au point de nouvelles inventions qui peuvent aboutir à des chaussures volantes ou des échasses pour passer les zones dangereuses.

Dans le cas de Prunille, c'est une peu différent. Celle-ci ne quitte jamais les bras de sa grande soeur qui surveille de près ce bébé plein de ressources, sauf lorsqu'elle est la seule à pouvoir se glisser dans une ouverture étroite. On la contrôle alors dans des niveaux en scrolling horizontal qui s'apparentent à des parcours d'obstacles, et on profite de ses talents cachés pour en atteindre l'issue. Autant dire qu'on est forcément surpris de la voir attaquer des parois avec ses dents et se jeter de tout son poids sur des bestioles plus grosses qu'elle, à moins d'avoir lu le bouquin. Si le jeu n'est finalement pas très original, l'ambiance est particulièrement réussie et on a bien du mal à lâcher la manette. Le niveau de difficulté est adapté aux jeunes joueurs et incite à la persévérance, tandis que la façon dont les niveaux s'enchaînent donne envie de connaître la suite. Du coup, on pardonne assez facilement les quelques lacunes au niveau des phases d'action, pour profiter pleinement du reste. Voilà bien un jeu que l'on conseillera volontiers à tous ceux d'entre vous qui ont envie de découvrir un prolongement réussi de l'oeuvre littéraire de Lemony Snicket. Difficile de ne pas se laisser emporter dans les mésaventures abracadabrantes de ces personnages aux dons surprenants.

Romendil, le 26 novembre 2004