Yu-Gi-Oh! The Duelists of the Roses

Test Playstation 2

Après de multiples adaptations consoles, Yu-Gi-Oh! arrive pour la première fois sur Playstation 2, sous le regard fiévreux des nombreux fans du manga, de la série TV et des duels de cartes en général. Un événement qui se traduit par un certain nombre de changements qui risquent de surprendre les adeptes des autres versions du jeu. Des changements qui renouvellent toutefois plutôt bien le concept des duels de cartes.

Oubliez le royaume des duellistes, le tournoi de Bataille-ville et autres environnements tirés du manga. On change totalement de contexte scénaristique avec cet épisode PS2 pour se retrouver en Angleterre en 1485. La trame s'appuie sur un événement historique réel, la Guerre des Deux-Roses, opposant les maisons de la Lancastre (la Rose Rouge) et d'York (la Rose Blanche) concernant la succession au trône. Le brave Yugi représente Henry Tudor, le dernier héritier Lancastrien exilé de sa patrie, tandis que Seto Kaiba incarne le personnage de Rosenkreuz. Ce dernier est à la tête des Croisés de la Rose servant sous le drapeau de Lord Crawford, un noble Yorkiste, et menace de prendre la succession au trône de manière illégitime. A l'instar des autres personnages du manga, Mai Valentine joue aussi le rôle d'un personnage clé en la personne de Margaret Beaufort de Lancastre. C'est elle qui décide d'invoquer le druide Simon McMooran pour tenter de trouver un moyen de vaincre Rosenkreuz. Ce moyen, c'est vous, le Duelliste de la Rose, et libre à vous de choisir votre camp.

On a ainsi, dès le départ, deux scénarios qui s'offrent à nous selon le camp que l'on décide de rejoindre : les Lancastriens du côté de Yugi ou les Yorkistes aux côtés de Seto pour ceux qui souhaitent se battre contre le clan de Yugi. Vous aurez de toute façon un deck de cartes à choisir au départ parmi trois proposés, celui-ci déterminant notamment la carte qui sera votre leader de deck. Une notion qui évoque la carte maîtresse qui intervient dans la nouvelle saison de la série animée, et qui illustre le fait que le jeu intègre pas mal de petits changements qui renouvellent considérablement le déroulement des duels. Ceux-ci sont désormais régis par la Règle Parfaite qui ajoute plusieurs notions nouvelles, comme les notions de leader de deck, de mouvement et de positionnement.

Concrètement, le leader de deck représente en quelque sorte l'avatar du jeu sur le terrain. Il voit ses pouvoirs spéciaux s'étoffer progressivement au cours du duel et peut invoquer jusqu'à cinq autres cartes sur le terrain pour le défendre. Celles-ci, qui peuvent être aussi bien des cartes monstres que pièges ou magiques, ont également pour tâche de réduire les points de vie de l'avatar adverse à zéro en attaquant les cartes ennemies. Il est également possible de perdre un duel lorsque toutes ses cases d'invocation sont occupées par des monstres adverses, ou si l'on arrive au terme du nombre de tours autorisés. Dernière possibilité, tenter de libérer Exodia le Maudit en invoquant la totalité de ses membres.

Bien sûr, on retrouve l'essentiel des règles établies depuis le début de la série, mais le fait de devoir calculer les déplacements de ses cartes case par case complique grandement les choses, ce qui rend le jeu d'autant plus intéressant. Les bonus terrain interviennent ici de façon beaucoup plus cruciale, puisqu'un même terrain peut comporter différents types de cases (prairie, ténèbres, labyrinthe, virus, etc.) qui influent considérablement sur les capacités des cartes. Il arrive même que le terrain comporte des cases inutilisables, encore une donnée qui vient pimenter le duel. Les vrais fans seront en tout cas ravis de voir que, pour une fois, l'âme des cartes intervient de façon concrète. En effet, une seule fois dans une partie, on peut bénéficier du Tirage de la Destinée, variable selon le degré de désespoir de la situation, qui permet de tirer une carte susceptible de faire renverser la vapeur.

Il y aurait encore beaucoup à dire sur ce jeu, mais je vais m'efforcer de mettre un point final à ce test en disant que si le soft surprend et déstabilise dans un premier temps, il s'avère très intéressant sur le long terme. Cet épisode de Yu-Gi-Oh! ne s'adresse clairement pas aux plus jeunes fans de la série, mais plutôt aux vrais amoureux de duels de cartes qui le trouveront suffisamment riche pour renouveler habilement le concept initial. Certes, cet opus PS2 ne constitue pas le choc tant attendu par les fans, mais il parvient malgré tout à innover et à porter un autre regard sur l'univers de Yu-Gi-Oh!

Romendil, le 07 septembre 2004