Onimusha 3

Test Playstation 2

Trois ans après la sortie d'Onimusha Warlords, Capcom nous invite à découvrir la conclusion d'une trilogie qui laissera certainement son empreinte dans l'histoire des meilleurs titres de la firme, aux côtés des Resident Evil et autres Devil May Cry. Onimusha 3 marque aussi la rencontre entre la culture asiatique et la culture française par l'intermédiaire d'un duo de héros aux visages évocateurs.

Inébranlable, indestructible et fou à lier, le sanguinaire Nobunaga étend ses ambitions de domination à l'échelle de la planète. Cette fois, ce n'est plus seulement l'archipel nippon qui est visé, mais bien le vieux continent qui tremble devant la pire catastrophe de notre temps. L'arrivée des Genma dans la capitale française est ressentie comme une flèche en plein coeur pour un peuple qui a depuis trop longtemps relégué les démons au rang de légendes. Se déversant par une faille spatio-temporelle telle la vermine sortant de son trou, les Genma déversent le sang des humains dont la résistance est immédiatement balayée. Individu esseulé dans une ville où règne la mort, le soldat Jacques Blanc déverse courageusement son dernier chargeur lorsque surgit Samanosuke Akechi. Emporté malgré lui dans cette faille espace temps, le samouraï dont les exploits sont contés dans Onimusha Warlords se retrouve dans un lieu inconnu 500 ans après l'ère Sengoku. Les deux hommes n'ont pas le temps de se croiser du regard que Jacques Blanc est projeté à son tour dans une faille qui le ramène 500 ans en arrière au pays du soleil levant. Il leur faudra dès lors trouver le moyen de rejoindre leurs époques respectives tout en débarrassant la terre de la présence des Genma et de leur chef, l'odieux Nobunaga. Mais les deux alliés choisis par le Clan des Onis disposent d'un atout redoutable : le gantelet des âmes.

L'aventure se présente donc comme une quête alternant entre les événements se déroulant en 1582 près du temple Honnô-ji et les événements actuels à Paris en 2004. Les deux progressions s'enchaînent de façon parfaite et les liens se resserrent au fur et à mesure que l'on avance dans l'histoire. Des liens qui se font notamment par l'intermédiaire d'une petite fée nommée Ako, une Tengu capable de voyager entre les deux époques et de réduire à néant les barrières du langage. A ce propos, les deux héros sont très vite capables de comprendre et de dialoguer avec les autochtones, le français authentique de Jean Réno pour Jacques Blanc étant rapidement remplacé par un doublage anglais. Dommage que celui-ci ait évincé le doublage japonais qui avait au moins le mérite de convenir parfaitement aux situations du Japon féodal et à Samanosuke, dont le personnage reprend les traits de l'acteur Takeshi Kaneshiro.

Même si les environnements diffèrent considérablement d'une époque à l'autre, les deux personnages se retrouvent confrontés aux mêmes types de situations et bénéficient chacun de la présence d'alliés providentiels. Dans le Japon féodal, c'est le Samanosuke de 1582 qui viendra prêter main forte à Jacques, tandis que le samouraï sera épaulé en 2004 par la française Michelle Aubert. Une jeune femme qui a d'ailleurs des liens avec Jacques et qui apparaît par la suite comme un troisième personnage jouable, redoutable lorsqu'elle se retrouve munie d'un lance-grenades. Chaque personnage dispose ainsi de ses propres techniques de combats, au sabre pour Samanosuke et au fouet pour Jacques. Ce dernier peut même utiliser son fouet pour s'élancer par dessus les gouffres ou pour saisir un ennemi léger. La fée Ako joue également un rôle crucial dans la mesure où elle est capable de déceler des items inaccessibles et de revêtir des vestes qui lui confèrent des pouvoirs spéciaux.

Le gameplay n'a guère changé depuis les deux précédents volets, et les affrontements se révèlent toujours aussi dynamiques, violents et sanglants. Loin de se résumer à du simple bourrinage, les attaques font intervenir des manoeuvres d'esquive, des combos et des techniques pas forcément faciles à placer, comme la contre-attaque fulgurante. On retrouve évidemment les différentes âmes à absorber ainsi que la possibilité de faire évoluer ses armes, son gantelet et son armure. Les deux personnages peuvent également atteindre l'état surpuissant d'Onimusha pour acquérir la force dévastatrice d'un guerrier démon. Sans réellement évoluer, le gameplay fait toujours autant recette et l'on retrouve les énigmes typiques de tout bon Onimusha, avec les fameux casse-tête dans les coffres. Certains niveaux communiquent même d'une époque à l'autre, les conséquences d'une action faite par l'un des deux héros influant sur celles que pourra faire l'autre. Ceux-ci pourront d'ailleurs se transmettre des objets via des sortes de téléporteurs d'items. Si le scénario et surtout les cut-scenes peuvent surprendre de par leur tournure souvent tirée par les cheveux, et si certaines répliques frôlent parfois le ridicule, l'histoire n'en demeure pas moins passionnante à découvrir bien que la présence de la fée et du jeune fils de Jacques empêchent la trame de prendre des allures trop sombres. Il faut néanmoins aller jusqu'au bout de l'aventure pour découvrir des niveaux qui font réellement preuve d'originalité et admettre que cet Onimusha 3 offre une conclusion admirable à la saga. Il est tout bonnement impensable de passer à côté si l'on a fait les deux premiers volets.

Romendil, le 09 juillet 2004