Shrek 2

Test PC

Le jeu vidéo de Shrek 2 devance de peu la sortie ciné de l'ogre vert. Au lieu de nous fournir de quoi patienter sagement jusqu'au film, Activision nous balance un titre aussi ennuyeux que techniquement navrant. De quoi nous rappeler les débuts ludiques de Shrek, si vous voyez ce que je veux dire.

Si Shrek a réussi à se faire un nom au cinéma, ce n'est pas vraiment le cas dans le jeu vidéo où il est encore synonyme de titres développés à l'arrache pour (des)servir une licence aussi vite que possible. Selon Activision, Shrek 2 devait changer la donne et redorer le veston en cuir du monstre vert. Il est vrai que les versions consoles ne sont pas trop mal, bien supérieures en tout cas aux premières aventures de l'ogre, mais qu'en est-il de la version PC confiée à un autre studio de développement ? C'est justement ce que je m'apprêtais à vous annoncer. A regret, j'ai donc la lourde tâche de vous annoncer que Shrek 2 renoue malgré lui avec la pauvreté ludique qui caractérisait ses débuts.

Pour info, c'est KnowWonder qui a commis le titre, le même studio qui a porté l'univers de Harry Potter sur PC. S'il s'était plutôt bien débrouillé avec le jeune sorcier, on le sent tout de suite moins inspiré avec l'anti-conte de fées de Dreamworks. En fait, il s'est même contenté de calquer tout ce qu'il avait déjà fait chez Potter avant de l'adapter à la va vite chez Shrek. Ainsi, on hérite d'un jeu de plates-formes sans saveur où tout n'est qu'approximatif et problèmes techniques.

On dirige plusieurs personnages à tour de rôle. Il y a bien sûr Shrek, mais aussi l'Ane, le Chat Botté et le Bonhomme de Pain d'Epice. Si on peut penser que chaque héros dispose de ses propres mouvements, ce n'est pas vraiment le cas. Coup de poing et double saut pour tout le monde, ça suffira amplement ! Dans ces conditions, difficile d'offrir un gameplay bien évolué. C'est donc une approche des plus basiques qui nous est servie. On saute sur des plates-formes et on tape des vilains méchants. Parfois, il faut aussi actionner des interrupteurs ou chercher des passages secrets, mais c'est rare. Ah oui, on peut enfin acheter des potions chez la marraine grâce aux pièces récoltées sur la route mais vu qu'elles sont aussi utiles qu'un vélo d'appartement à un poisson rouge, on préfère ne pas gaspiller son pécule.

Techniquement, Shrek 2 fait très fort puisqu'il nous ramène quelques années en arrière, à une époque où les décors étaient tracés à la règle puis recouverts de textures sommaires, toutes plates et à la limite de la vulgarité. Plusieurs bugs se font rapidement entrevoir, les plus fréquents concernent les collisions (un bras qui s'encastre dans le décor par exemple). Finalement, seuls les personnages principaux s'en sortent bien grâce à une modélisation correcte, mais sans éclats non plus. Par contre, leurs animations, comme toutes celles du jeu d'ailleurs, sont vraiment bâclées et manquent d'étapes entre les différents mouvements. Du coup, on contrôle mal son personnage, et on tente vainement de le faire progresser dans des niveaux où tout semble jouer contre nous. Bien plus que les ennemis idiots qui viendront vous fixer bêtement sans vous toucher, ce sont les sauts qui posent le plus de problèmes. Le double-saut marche super mal et si on n'appuie pas immédiatement deux fois de suite pour le déclencher, il foire à coup sûr. Il est alors impossible de doser correctement la longueur d'un bond et on ne compte plus le nombre de fois où il faut recommencer encore et encore un même saut. Exaspérant au possible. Pour la bande-son c'est légèrement mieux puisqu'elle parvient à reproduire l'ambiance des films à coup de jeux de mots et de vannes amusantes. Le problème se pose tout de même lorsqu'un personnage répète sans cesse la même réplique au point de ne plus la rendre drôle du tout.

Bon, on ne va pas s'attarder sur le sujet non plus. Shrek 2 est mauvais un point c'est tout. Si vous voulez retrouver l'ogre autre part que sur grand écran ou que sur DVD, c'est sur consoles que ça se passe et pas ailleurs.

Jihem, le 18 juin 2004