Teenage Mutant Ninja Turtles

Test Playstation 2

Vous êtes-vous déjà interrogé sur la longévité d'une tortue ? La tortue des Galapagos est-elle plus résistante que la tortue Boîte Américaine à 3 doigts ? Et pourquoi la tortue happeuse est-elle si dangereuse ? La seule chose certaine, c'est que les tortues mutantes ne vieillissent pas. A l'heure où la série animée continue son petit bonhomme de chemin sur nos écrans de télés, les Tortues Ninja nous prouvent qu'elles ont encore suffisamment de ressources pour jouer les vedettes dans un jeu de baston.

Ceux qui ont survécu à la "crise" des Tortues Ninja survenue il y a quelques années, présentent encore des séquelles d'un phénomène qu'on croyait voué à disparaître dans l'oubli général. Vous n'avez qu'à faire un test autour de vous pour constater que chacun se souvient encore avec précision du nom de chacune de ces satanées tortues, de leur histoire teintée de tragédie, de leurs tempéraments respectifs, du faciès de leurs ennemis jurés et de leur passion irraisonnée pour les pizzas. Transmis par le comics, le DA et les films, l'univers des Tortues dégage encore un très fort capital sympathie qui justifie pleinement la sortie d'un nouveau soft dédié à Léonardo, Donatello, Michelangelo et Raphaël.

La sortie de ce nouvel opus de Teenage Mutant Ninja Turtles suit d'ailleurs de près celle de l'opus GBA et s'inscrit dans le même registre : le beat'em all à l'ancienne. Les premières images nous avaient donné l'eau à la bouche en augurant d'un titre convivial, nerveux et proche du DA. Pourtant, une fois le jeu en face de soi, l'enthousiasme s'efface vite devant la déception générale que procure ce titre. Le style graphique s'appuie sur la technique du Cel Shading pour rapprocher l'aspect visuel de celui du comics à grands renforts d'onomatopées qui envahissent l'écran à la moindre attaque donnée. Cela mis à part, les décors se révèlent finalement bien peu détaillés, les environnements sont classiques au possible et on cherche désespérément des interactions possibles. C'est à peine si l'on peut envoyer valser quelques tonneaux explosifs à la face de ses adversaires et sauter sur de rares éléments du décor prévus à cet effet.

Quand on voit la passion qui anime encore les fans de Turtles in Time sur Super Nintendo, on se dit que ce nouvel opus n'a pas vraiment su tirer partie de l'héritage de ses aînés. Les projections sont inexistantes, les interactions, mieux vaut ne pas revenir dessus, et la palette de coups demeure désespérément pauvre. Même le fait de pouvoir jouer avec les quatre tortues ne renouvelle pas véritablement l'action puisque leurs attaques ont des effets similaires. Pourquoi ne pas avoir cherché à exploiter les spécificités de chaque arme comme dans la version NES pour davantage mettre en valeur les différents styles de combat : le maniement du Sai, double trident en métal de Raphaël, du Bo, bâton long de Donatello, du nunchaku de Michelangelo et du katana de Léonardo. Il y avait tout de même matière à enrichir un petit peu l'action, et pas seulement avec des shuriken et des attaques spéciales.

Résultat, la dimension répétitive du soft n'est absolument pas compensée par une quelconque impression de renouveau. Le plaisir de jeu est limité à cause du manque de possibilités et de techniques de combat, et l'on se force à aller au bout de ces niveaux linéaires qui n'en finissent pas. J'avoue faire partie de ceux qui attendaient beaucoup de ce titre, et la déception n'en est que plus cruelle. On peine à trouver des arguments pour justifier l'intérêt d'y passer plus de temps, mais les modes défis et duels à deux s'avèrent hélas encore moins passionnants que le mode histoire, et l'on cherche en vain une option pour jouer à quatre. Fan ou non, ce Teenage Mutant Ninja Turtles ne vous permettra ni d'apaiser vos élans nostalgiques, ni de renouer avec les joies du beat'em all à l'ancienne. On attendait plus du retour des Tortues Ninja sur nos machines de jeux.

Romendil, le 14 avril 2004