Resident Evil : Code : Veronica X

Test Gamecube

Voici enfin un chapitre des plus attendus de la saga Biohazard qui arrive sur le Cube. Resident Evil : Code Veronica X (le X étant synonyme de changements minimes par rapport à la version Dreamcast sortie en Mai 2000), s'il ne jouit pas des mêmes privilèges que le somptueux Resident Evil : Rebirth, n'en demeure pas moins un des segments (si ce n'est le segment) le plus important et mieux construit de la saga. Retour sur un titre d'exception qui aurait mérité malgré tout une refonte complète à l'instar de l'épisode originel de la série.

Je sais bien que je vais être sujet à des critiques de lecteurs mais pour ma part je classe Resident Evil Code Veronica au même niveau de Resident Evil Rebirth et pense sincèrement que cet opus surclasse Resident Evil 0. J'imagine bien que plusieurs d'entre-vous vont s'esclaffer mais soyons clair et précis, si on gratte le vernis de Resident Evil 0, le joueur n'y trouve pas grand chose (même si le titre demeure un très bon jeu) alors que Resident Evil Code Veronica, nonobstant le poids des âges qui joue contre lui, distille un des scénarios les plus travaillés de la série, une formidable atmosphère et quelques petites innovations bien venues. Bref, je pense sincèrement que beaucoup de joueurs clameront haut et fort que ce n'est pas le cas mais pour avoir terminé entre 3 et 6 fois chaque opus des Resident Evil (exception faite du Gaiden), je pense avoir les idées claires et pouvoir faire abstraction de l'aspect graphique pour découvrir ce que recèle ce Code Veronica.

Tout d'abord, si au premier coup d'oeil, le scénario peut sembler des plus bancals, sans une once d'originalité, le tout prend très vite une toute autre tournure et se veut un mets délicat, raffiné qui se démarque largement des autres épisodes. Pourtant cette "révolution" tient en quelques mots : révélation, suspens et déchirement. Une fois passé la superbe introduction du titre (fortement inspirée par la scène de Terminator 2 où le T800 et sarah Connor investissent Cyberdyne) qui sert de suite plus ou moins directe à la fin de Resident Evil 2 (ce qui sera confirmé part la suite quand Claire évoquera sa rencontre avec Leon S. Kenedy le futur pivot central du très attendu Resident Evil 4), le titre met en place les personnages principaux que sont Claire Redfield (qui 3 mois après les événements de raccoon se fait arrêter à Paris par Umbrella) et Steve Burnside, ce dernier n'étant pas aussi superficiel qu'on peut le penser au premier abord et révélant d'ailleurs par la suite une âme des plus sombres empreinte de tristesse.

Bien sûr le cheminement de l'aventure reste similaire à tous les Resident Evil (énigmes des plus simples, recherche d'objet, combat contre des zombies, monstres, etc.) mais le scénario est parfaitement découpé et en plus de remettre sur le devant de la scène le charismatique Albert Wesker (qui pour la peine revient quelque peu "modifié") nous offre une histoire qui remonte aux origines d'Umbrella tout en introduisant deux personnages d'une beauté glaciale (Alexia et Alfred Ashford) pour une relation et une histoire qui me font énormément penser au chef d'oeuvre d'Alfred Hitchcock, Psychose. Rajoutez à cela la possibilité de diriger à un moment de l'aventure Chris Redfield, plusieurs environnements différents (une île, un complexe perdu sous la neige, une reproduction du manoir d'Arklay) et la plus belle création génétique, Alexia Ashford, à affronter (seul Morpheus dans Resident Evil : Dead Aim parviendra à égaler l'élégance d'Alexia) et vous obtiendrez un ensemble d'une rare finesse. Bref, d'un point de vue scénaristique, ce Code Veronica fait très fort (même si le canevas narratif est simple) et se veut marquant pour ceux et celles qui ont eu la chance de s'y essayer.

Si à l'heure actuelle, Code Veronica ne peut plus mettre en avant son évolution (tant d'un point de vue graphique que de sa jouabilité), il en était tout autre à l'époque. Tout d'abord, si les déplacements des personnages sont toujours axés sur un gameplay 3D (comprenez par là que vous devez faire tourner votre personnage sur lui-même puis le faire aller dans une direction), on trouvait dans cet opus quelques petits changements comme la possibilité de tenir deux armes. On précisera également que vous aurez aussi la possibilité de vous retourner rapidement à 180 ° pour faire face à une menace venue de derrière ou tout simplement pour prendre vos jambes à votre coup. Le reste demeure similaire à tout bon RE, de l'inventaire (légèrement remodelé avec un nombre limité d'emplacements), du système de malle pour y mettre vos armes et objets à la possibilité de pousser des caisses pour résoudre des énigmes ou bien monter dessus afin d'atteindre plusieurs endroits inaccessibles. Pour continuer en ce qui concerne la maniabilité, vous pourrez avoir le choix entre un système de visée automatique ou manuel et ne devrez surtout pas oublier qu'il sera possible à certains moments d'interagir avec le décor en tirant sur des bombonnes de gaz ou de fuel, celles-ci étant à faire exploser à proximité d'ennemis pour les envoyer ad-padres. En ce qui concerne les armes, pas de gros changements puisque vous aurez à disposition un fusil à pompe, un Magnum, des uzis, un lance grenades, des lugers en or (la classe), un fusil de sniper... En somme, si le tout est jouable pour qui est habitué au gameplay "survivol-horror", on accepte peut-être plus difficilement aujourd'hui la rigidité des personnages (qui n'ont jamais été aussi raides que des piquets) mais puisque Capcom n'a pas jugé bon de relooker ce titre (qui le méritait autant que le premier opus sinon plus !!!), rangeons nos larmes et soupirs et essayons d'apprécier à sa juste valeur ce titre et son gameplay rattaché.

Le gameplay ne change donc pas vraiment et c'est du côté de l'aspect graphique qu'on se penchera un peu plus, l'évolution de ce dernier étant la plus significative. Tout d'abord, Code Veronica est le premier titre qui abandonne les décors en précalculés et opte pour la 3D temps réel. Pour être honnête, si l'intention d'innover est louable, le tout n'apporte pas grand chose. Les décors se veulent moins fins qu'à l'accoutumée et si on trouve quelques travellings au sein d'un même écran (le principe sera repris dans Resident Evil : Outbreak), ceci ne servira pas à grand chose si ce n'est pour donner un peu plus de dynamisme à l'ensemble, mais encore une fois tout est relatif. D'ailleurs, on remarque paradoxalement que les angles de caméra (non statiques) qui sont censés donner au joueur une meilleure visibilité cafouillent un peu et desservent l'action surtout dans des environnements fermés ou exigus comme des couloirs par exemple. En parallèle de cette 3D temps réel, on mettra en avant une meilleure intégration des personnages dans les décors et une plus grande homogénéité, même si depuis Resident Evil Rebirth le problème de ladite intégration des personnages ne se pose plus vraiment. Au final, l'aspect graphique de Code Veronica rebutera à coup sûr ceux qui ne connaissant que le Rebirth et le Zero mais compte tenu du poids des âges, Code Veronica tient encore la route notamment en raison du fait qu'on retrouve des lieux différents (mais guère originaux) et tous les monstres de la saga, du zombie bien entendu en passant par l'araignée géante, le Hunter, le Bandersntach, une version encore plus trash du licker, Tyrant et quelques petits nouveaux.

En évoluant dans ce titre, on ne peut s'empêcher de se dire quel formidable remake il aurait donné en profitant de la technique actuelle. Mais si on ne retrouve aucune réelle innovation depuis la version PS2 (elle-même quasi-identique à la version Dreamcast), Resident Evil : Code Veronica X demeure malgré tout un indispensable sur le Cube et reste plus que jamais l'épisode le mieux construit de la série avec le premier titre. Espérons que le poids des âges ne jouera pas en sa défaveur auprès des joueurs et que ceux qui savent que derrière une face craquelée peuvent parfois se terrer des joyaux sans nom se pressent pour acquérir cette pierre précieuse qui a de bien belle façon enrichi la mythologie Biohazard.

Logan, le 09 mars 2004