Downhill Domination

Test Playstation 2

Il y a quelques semaines je faisais connaissance avec Downhill Domination. Une prise de contact qui m'avait plutôt bien éclaté malgré deux trois petits trucs. A l'heure du test, me voilà tout désemparé, contraint d'admettre que les trucs sont toujours là. Snif.

Imaginez SSX en été. Oui je sais ça a l'air un peu con un snowboarder en tenue en train d'essayer de glisser sur des cailloux au milieu des vaches en transhumance mais faites un effort. Voilà, pensez fort... rien n'y fait hein ? Et bien c'est pour ça qu'ici on a remplacé la planche par un vélo. Le principe est simple : vous réunissez une bande de malades aux os solides au sommet d'une montagne et vous les laissez descendre par où ils veulent jusqu'à la ligne d'arrivée. Là-dessus vous leur offrez la possibilité de réaliser des tricks riches en points à convertir en argent pour s'offrir un nouveau vélo et voilà. Comme les jeunes sont des sauvages ils n'hésitent pas non plus à s'armer de bâtons ou de bouteilles pour se mettre sur la tronche. Il en faut peu.

Downhill Domination est surprenant et pas dénué de qualités. Même si du côté des modes de jeu il est un peu pauvre. En effet, le seul qui s'avère vraiment stimulant étant le mode carrière principale qui mêle divers types de descente plus ou moins longues. En sus, vous trouverez également des carrières spécialisées dans le freestyle, la course freeride, la descente ou encore les tricks. Un maigre complément mais qui a le mérite d'exister.

Mais la meilleure partie du jeu, c'est bien dans les descentes de folie qu'on la trouve. Tout d'abord, il va falloir perdre l'habitude des tracés bouclés en 2 minutes, ici un ride peut prendre jusqu'à 6 minutes. Tout ça sur des circuits bien tordus, en pente raide, avec toutes sortes de tremplins, d'obstacles, d'animaux pas contents et grosses gamelles. On peut dire que les designers se sont lâchés pour construire les niveaux. Sachant qu'en moyenne on dévale ses pentes à 60 Km, atteignant parfois les 100. Pfiouu, ça fouette le sang. Et à cette vitesse, éviter de se ramasser n'est pas évident. Et autre point agréable, il n'y a pas de piste obligatoire à suivre. Libre à vous de partir un peu dans tous les sens, à gauche, à droite, dans les arbres ou dans le vide. Il sera même possible de couper une partie du tracé parfois (enfin une petite partie) en sautant au bon endroit. On saute, on rebondit, on frôle le sol avant de repartir et on met ses réflexes à l'épreuve

Y a pas à dire c'est fun. Très fun même, avec une vitesse certaine et pas dénuée de sensations. Seulement voilà, ce que je craignais le plus lors de la preview se confirme : Downhill domination est hyper lassant, essentiellement par manque de challenge mais également parce que parfois, trop c'est trop.

La physique en effet est toujours aussi lunaire. Trop justement, le vélo semble n'avoir aucun poids et part trop facilement n'importe où, ce qui, une fois n'est pas coutume, tourne à votre avantage. A moins de foncer droit dans un arbre, vous ne chuterez pas. De même, attendez-vous à grimper au mur en pédalant sur des parois abruptes. Mouais... La difficulté des descentes en prend un coup et même si Downhill se veut un jeu d'arcade, cela n'exclut pas que les descentes puissent se montrer à la fois très fun et un tant soit peu techniques. N'espérez pas en baver avant les 3 derniers circuits de la super carrière. D'ailleurs, certains niveaux, à trop vouloir en faire finissent un peu dans le n'importe quoi, on file tellement vite qu'on a à peine le temps de comprendre ce qu'on fait, une sensation de perte de contrôle pas si folichonne que ça.

D'autant que ce ne sont pas vos adversaires qui vont vous perturber. En mode Easy, ne craignez pas de perdre une seule course dans une carrière. On passera donc directement au mode Hard pour avoir un semblant de challenge. A force de dévaler les pistes seul et en sachant qu'on va très probablement terminer en tête sans encombre, l'ennui finit par gagner. Même si le titre reste amusant, il est loin de concrétiser son potentiel de fun. Même les tricks ne sont en réalité pas indispensables. En effet, acquérir un matériel plus performant n'est pas vraiment une nécessité, du coup, on se fiche de gagner de l'argent. Inclure, même dans la carrière générale, un quotas de tricks à réaliser aurait pu relever le défi faiblard du jeu.

Dinowan, le 10 février 2004