Syberia

Test Xbox

Maintes fois repoussée, l'adaptation Xbox de Syberia est enfin disponible. Le jeu n'a pas vraiment changé depuis la version originale ce qui nous promet un beau voyage en compagnie de Kate Walker.

Syberia est un jeu d'aventure comme on en voit trop rarement. A l'opposé du style cartoon de Runaway ou Monkey Island, il se rapprocherait plus d'un Chevaliers de Baphomet sur la même console, et encore... là aussi on reste assez loin de l'ambiance de Syberia. Car c'est bien d'ambiance dont il est question lorsque l'on évoque Syberia. Une ambiance nostalgique et mélancolique qui se distille au fur et à mesure des paysages magnifiques que l'on traverse. Syberia c'est aussi un voyage, celui de Kate Walker, une jeune avocate New Yorkaise qui se retrouve en Europe pour assurer le rachat d'une entreprise d'automate. Alors que tout aurait dû se limiter à la signature des contrats, des évènements vont sans cesse retarder les choses, à commencer par la mort d'Anne Voralberg, la propriétaire de l'usine et la disparition de son frère Hans, héritier de l'entreprise.

Tout le jeu s'articulera autour de la recherche de Hans à travers des contrées toujours plus reculées de l'Europe centrale. La piste du disparu conduira Kate à la cité universitaire de Barrockstadt, dans le complexe industriel de Komkolzgrad, ou dans la cité balnéaire d'Aralbald. En plus de découvrir des lieux magnifiques à l'architecture superbe, Kate en apprendra aussi beaucoup sur Hans, ce visionnaire que tout le monde prend pour un fou, cet homme génial à l'origine des plus beaux et des plus complexes automates qui soient, cet homme enfin, depuis longtemps parti sur la trace des mammouths. L'univers de Syberia a de cela qu'il mêle toujours une certaine poésie à la réalité la plus froide. Le synopsis nous balade ainsi dans des environnements enchanteurs à la beauté glaciale et on se laisse quasiment porter par l'histoire qui s'écoule lentement et calmement au fil des décors fixes, à l'allure impeccable.

Chaque pas renouvelle l'invitation au voyage et plus on se rapproche de Hans, plus l'envie de découvrir de nouveaux paysages est forte. On avance donc assez rapidement dans le scénario pour s'en mettre plein les yeux. Le titre ne fait d'ailleurs pas grand-chose pour nous freiner puisqu'il offre un niveau de difficulté relativement bas. A ce titre, Syberia se parcourt plus comme un livre d'images que comme un jeu vidéo. Cette optique, tout à fait légitime, trouve son explication dans sa genèse puisque c'est l'auteur de bandes dessinées Benoit Sokal qui se trouve à l'origine de ce joli conte. Les énigmes qui parsèment l'aventure sont vraiment faciles et ne sont pas vraiment là pour bloquer le joueur. Toujours logiques, elles servent plutôt à rythmer un peu la progression qui sans elles ne seraient qu'une succession de cartes postales.

L'adaptation console de ce gros hit de l'aventure tient plutôt la route malgré l'âge déjà avancé du jeu original sur PC. La jouabilité point and click d'avant cède sa place à une maniabilité plus "console" qui ne nous fait plus diriger un curseur mais le personnage lui-même. Le curseur n'apparaît que pour signaler un objet important situé prêt de Kate ou pour naviguer dans l'inventaire. Le reste du temps, on bouge Kate avec le joystick gauche sans trop de problèmes. Il arrive cela dit que l'on éprouve quelques difficultés à la faire aller où l'on veut, surtout dans les décors exigus qui ne lui laissent qu'une mince marge de manoeuvre. Les transitions entre les écrans ne sont également pas toujours très intuitives. Alors que sur PC, il suffisait de cliquer au bord de la scène pour que Kate se débrouille pour trouver la sortie, ici, il faut le conduire directement sur un point précis de l'écran pour passer au décor suivant. Et parfois, ce point n'est pas facile à trouver. Un exemple tout bête auquel vous vous confronterez rapidement dès le début du jeu, alors que Kate se balade dans une rue immense, il faut qu'elle trouve un minuscule couloir invisible pour passer dans la zone suivante, qui n'est autre que la suite de la rue immense. Autres soucis lors des changements de plan, les temps de chargements assez longs et les contrôles de l'héroïne qui ne suivent plus. Vu que les mouvements se font toujours par rapport à la caméra et non par rapport à l'héroïne, d'où une légère déstabilisation à chaque plan différent.

Finalement, en dépit de la magie qui entoure le scénario et la beauté des décors, Syberia laisse une impression moins tranchée que sur PC. Autant j'étais complètement tombé sous le charme de la première version, autant cette adaptation m'ennuie pour tous les problèmes de jouabilité cités plus haut. Je ne peux donc qu'espérer qu'à l'approche du second volet, Microids tienne compte de ces remarques pour rectifier le tir et proposer un système de contrôle à la hauteur du reste de la réalisation.

Jihem, le 19 décembre 2003