Les Pierrafeu à Rock Vegas

Test Playstation 2

Alors que le phénomène Pierrafeu est clairement passé de mode, Midas nous sort une réédition du jeu PS2 adapté du film Les Pierrafeu à Rock Vegas, ce dernier étant sorti depuis quasiment trois ans. Cela donne un jeu de courses aussi peu désopilant que le long-métrage. La Midas Touch, mise en avant sur le packaging, n'aura pas fait des miracles...

Nous retrouvons donc Fred, Wilma, Barney et Betty dans un ersatz de Mario Kart-like complètement raté. Oui, j'ose employer des thèmes directs et méchants, car c'est tout ce que mérite ce titre qui m'a quasiment fait choper une migraine. Comment peut-on oser ressortir un jeu aussi désespérant sur une machine capable de beaucoup mieux ? Le soft développé par Swing aurait tout juste mérité la moyenne sur PSOne, et ne réussira pas à sortir la tête des limbes de la médiocrité dans la ludothèque d'une 128 bits.

Passons rapidement sur la réalisation graphiquement désastreuse. Le jeu est vendu à bas prix, ce qui montre tout de même un semblant de raison de la part de l'éditeur, lui-même conscient du faible potentiel de son titre. C'est donc très laid, les textures s'entremêlent et les polygones fusionnent dans tous les sens au grand dam du joueur qui en aura rapidement par-delà la rétine. Je ne veux pas savoir si cette expression signifie quelque chose, tout ce que je sais c'est que les Pierrafeu auraient mieux fait de ne jamais partir à Rock Vegas et de nous laisser en paix. Mais pourquoi suis-je si dure ? Je vais vous l'expliquer.

Déjà, loin d'offrir un semblant de plaisir de jeu, le soft agace, horripile, désespère. On peste contre la maniabilité désastreuse avant de se résoudre à user et abuser des dérapages, seule solution pour arriver à prendre le moindre virage et ne pas finir à la traîne. Cela ne change pas grand-chose puisque, même si les courses en deviennent beaucoup plus abordables, elles n'en sont pas plus intéressantes et la jouabilité reste toujours l'une des pires qu'on ait vu dans ce type de jeux. Les circuits ne font preuve d'aucune originalité et il faut les connaître par coeur pour ne pas se faire piéger par un level design incroyablement imprécis.

L'autre élément décisif dans un jeu de courses de kart réside dans les options. Ici, elles sont extrêmement frustrantes et souvent impossibles à éviter, vous sanctionnant par un arrêt brutal du véhicule et vous coûtant de précieuses secondes. Bien sûr, les items sont dans l'esprit de l'univers des Pierrafeu et se limitent au champ lexical de la préhistoire : menhirs, pierres lâchées par des ptérodactyles et autres oeufs de dinosaures. Le plus vicieux demeure l'inversion des commandes, tellement pervers que seul Swing pouvait oser l'inclure dans un jeu de ce type.

Cerise sur le gâteau, on ne peut contrôler que quatre personnages et donc affronter seulement trois adversaires sur les circuits. Leurs répliques sont nulles et peu variées, à tel point qu'on a bien du mal à trouver un personnage assez peu niais pour avoir envie de jouer avec lui. Alors que la possibilité de continuer un championnat quelle que soit sa position fait plutôt bonne impression, on déchante rapidement en constatant qu'il faut à chaque fois recommencer tout le championnat pour débloquer une nouvelle course et un nouveau véhicule à la fois. C'est ce qui s'appelle de la fausse durée de vie quand on voit que seules 4 courses sont disponibles au départ sur les 24 proposées au final. Reste le mode multijoueurs pour jouer jusqu'à 4 en écran splitté, mais je vous déconseille d'essayer de recruter des joueurs pour vous accompagner si vous ne voulez pas dégoûter tous vos amis. Bref, on s'efforcera d'oublier ce fiasco très rapidement pour vite passer à autre chose.

Romendil, le 19 décembre 2003