Harry Potter à l'Ecole des Sorciers

Test Playstation 2

Electronic Arts profite de l'accalmie causée cette année par l'absence d'une sortie cinéma dans l'univers d'Harry Potter pour nous proposer deux titres radicalement différents. Si Quidditch World Cup se focalise sur le sport fétiche des apprentis sorciers, Harry Potter A l'Ecole des Sorciers revisite le scénario du premier opus dans une adaptation inédite sur les consoles 128 bits. Dommage que ce titre fasse presque moins bonne impression que La Chambre des Secrets sorti l'an dernier.

Pressenti au départ comme un remake du jeu sorti sur PSOne, Harry Potter A l'Ecole des Sorciers se présente finalement comme une aventure inédite qui pioche dans les différentes versions sorties sur PC et consoles pour donner au final quelque chose de moyennement convaincant. L'histoire suit globalement la trame du premier livre de la saga Harry Potter, en développant plus particulièrement certains passages propices à la plate-forme et à l'action. Pour cette adaptation 128 bits, Warthog a repris certains éléments développés par Eurocom pour La Chambre des Secrets, en tentant d'améliorer certaines choses, mais paradoxalement, en en dégradant d'autres.

Ainsi, si les temps de chargement ont été considérablement réduits, le jeu n'a pas subi beaucoup d'autres améliorations techniques. Visuellement moins convaincant que l'épisode réalisé par Eurocom, le soft affiche pas mal de bugs d'affichage, clignotement de sprites et même parfois des plantages au détour d'une cut-scene. C'est rare mais le résultat fait vraiment pâle figure en comparaison des productions actuelles, et surtout l'ensemble ne pourra que décevoir ceux qui attendaient une évolution par rapport à La Chambre des Secrets.

L'avantage des différentes adaptations d'Harry Potter, c'est de proposer des aventures qui, même si elles sont inspirées du même livre, varient sensiblement. La progression proposée sur PS2, Xbox et GameCube est donc la même, mais elle est différente des volets PC ou PSOne. Le déroulement de l'histoire s'arrête ici plus longuement sur la boutique d'Ollivander, où vous récupérerez votre baguette magique et apprendrez à utiliser le sort Flipendo, et s'intéresse ensuite à d'autres aspects moins développés dans les autres opus. L'apprentissage de nouveaux sorts entraîne généralement un défi à compléter, avec moult séquences de plates-formes à la clé. Certains ennemis sont inédits et on retrouve avec plaisir la possibilité d'attraper et de lancer les petites créatures comme les korrigans.

Pourtant, le gameplay varie lui aussi sensiblement de ce à quoi l'on était accoutumé. Les sauts sont automatiques pour faciliter la prise en main et atténuer la dimension plate-forme, et les sorts doivent être simplement assignés à différents boutons de la manette et ne requièrent pas de manipulation délicate pour être lancés. Il est également possible de verrouiller une cible et de tourner autour, ce qui est bien pratique pour pallier les angles de vue foireux et la vue subjective beaucoup trop limitée. Les trois quarts du temps, on est obligé de tirer à l'aveuglette et la maniabilité n'est pas vraiment un modèle du genre. Le jeu offrira d'ailleurs des scènes plus tournées vers la discrétion, où Harry devra mettre à contribution sa démarche furtive pour ne pas éveiller l'attention. Il est aussi possible de concentrer son tir et de sauvegarder n'importe où, mais seulement trois fichiers de sauvegarde sont disponibles.

Même si le plaisir de jeu n'est pas vraiment au rendez-vous et que la réalisation est loin d'être au top, le jeu n'est pas complètement linéaire du fait qu'il permet à maintes reprises de s'écarter de ses objectifs principaux pour explorer Poudlard à la recherche de dragées surprises ou de cartes de sorciers. On retrouve également des phases de quidditch et des affrontements contre des boss, mais finalement, on se force à avancer plus qu'on ne prend plaisir à jouer. Harry Potter A l'Ecole des Sorciers se contente donc de combler un manque dans la ludothèque des consoles 128 bits sans pourtant réussir à satisfaire un public qui a déjà goûté à beaucoup mieux avec La Chambre des Secrets. A voir uniquement si vous ne voulez pas passer à côté d'un nouveau soft estampillé Harry Potter.

Romendil, le 11 décembre 2003