Beyblade : VForce

Test Gameboy Advance

Après un épisode PSOne catastrophique et un opus GameCube passablement lamentable voici que BeyBlade s'entête à venir nous tourmenter sur GBA. Mais quoiqu'on en pense, Beyblade V Force contredit l'adage "Jamais deux sans trois" puisque cette version Gameboy Advance s'en sort convenablement en se positionnant du côté des jeux de réflexes.

Ce qu'on pouvait reprocher le plus aux versions PSOne et GameCube de Beyblade était de ne rien proposer de conséquent aux joueurs tout en s'appuyant uniquement sur la notoriété de la série. Deux, trois combats entrecoupés de bribes de scénario écrit à la va-vite, la possibilité de créer sa toupie, ceci ne servant pas à grand chose si ce n'est une fois encore à défier un adversaire dans des combats réduits à leur plus simple expression, et c'est à peu près tout. Si on retrouve toujours la création de toupie et le scénario original (mais d'une banalité affligeante), Beyblade V Force s'apparente beaucoup plus à un mélange entre Super Monkey Ball et Marble Madness qu'à un jeu de combat, ce qui est une bonne chose.

Avant tout, il faut voir que la construction du jeu est assez étrange, je m'explique. En plus du mode Multijoueur où vous pourrez affronter un ami qui dispose lui aussi d'une cartouche, le mode Aventure est découpé en 7 épisodes chacun étant constitué de 7 rounds + 1 en bonus. Des dialogues entre divers protagonistes de l'animé interviendront entre plusieurs rounds pour faire avancer une histoire où Tyson et ses amis devront affronter de mystérieux hommes en noir qui n'ont pour autre ambition que de s'accaparer toutes les Beat Beats de nos héros. Jusque-là ça peut aller, même si l'histoire fait montre d'un manque d'originalité. Mais là où tout bascule, c'est que le jeu en lui-même vous fera diriger une toupie dans des décors en 3D isométrique. De ce fait, vous aurez, par exemple, à un moment un dialogue avec Tyson qui nous raconte qu'il va suivre un homme en noir et cette action sera ainsi représentée par une phase de jeu où le héros sera une toupie, bref pas génial niveau cohésion, enfin bon.

Pour le jeu à proprement parler, vous allez devoir battre des temps de référence en dirigeant une toupie d'un point A à un point B sur des damiers en 3D isométrique. Le but du jeu sera, en plus de finir les parcours le plus rapidement possible, de récupérer des capsules renfermant des toupies, des infos sur les personnages de la série, etc. Pas moins de 108 capsules sont disséminées sur l'ensemble des parcours et vous pourrez, via une galerie, vous délecter de vos trésors. Vous aurez également le choix d'acheter des toupies plus puissantes avec des caractéristiques de défense, d'attaque et de poids différentes. Pour revenir au mode Aventure, de nombreux obstacles entraveront votre route. Bien sûr, certains adversaires (également représentés par les toupies) vous attendront et c'est une fois que vous aurez réussi à éjecter 5 ennemis des parcours que vous pourrez lancer une attaque Beat Beast. Enfin de nombreux problèmes (tels que des flèches vous faisant bouger rapidement en ligne droite, des plates-formes mouvantes, des passages étroits...) vous obligeront à manier à la perfection votre toupie.

Dans un premier temps, le tout sera de lancer à la perfection votre toupie. Une jauge de puissance sera visible à l'écran et si vous parvenez à atteindre la puissance maximale, votre toupie atteindra une vitesse de rotation élevée ce qui vous permettra de mieux la diriger. Ensuite, il ne faudra surtout pas manquer des spirales de couleur qui redonneront tonus et rapidité à votre toupie. Le problème du gameplay viendra du fait qu'il faudra à certains moments bouger votre toupie de façon très subtile, pour éviter de tomber, ou au contraire de façon très rapide pour éviter par exemple des ennemis qui n'auront pas leur pareil pour vous rentrer dedans pour vous éjecter. La maniabilité s'avère très bonne et même si certains passages sont vraiment trop difficiles (surtout quand plusieurs toupies ennemies vous agressent), on pourra recommencer autant de fois un niveau qu'on le souhaite.

Question esthétique, on retrouve dans Beyblade le même problème qu'avec les cinématiques de Dragon Ball Legacy Of Goku II. Ces dernières semblent avoir été réalisées par un enfant de 5 ans grâce à une ardoise magique, et les visages sont d'une laideur à toute épreuve. Pour les décors du jeu, c'est un peu le même constat : minimalistes (les environnements n'étant que des damiers de couleurs différentes et des arrières-plans nuageux) et sans saveur. Et puisqu'il faut une certaine unité au jeu, la bande son suit le même chemin avec le générique de la série qui tourne en boucle dans les menus et deux trois bruitages de toupies s'entrechoquant durant les parties. Plus intéressant que ses homologues PSOne et GameCube, Beyblade V Force n'en reste pas moins un titre bancal mais assez sympa. En oubliant le scénario qui constitue le fil conducteur du mode aventure, le Multijoueur qui n'apporte rien et la construction anecdotique des toupies, il nous reste alors entre les mains un pt'it jeu de réflexes dans la veine d'un Marble Madness, agréable mais bien trop difficile par endroits. En somme le jeu est loin de valoir ses 30 euros mais si vous êtes fan de la série et que vous arrivez à le dénicher en occaze, il sera parfait pour un petit voyage en voiture le temps d'arriver dans votre chalet saupoudré d'un blanc manteau où vous passerez vos vacances de Noël, bande de veinards va !

Logan, le 09 décembre 2003