Resident Evil : Dead Aim

Test Playstation 2

Avec la sortie de Resident Evil : Dead Aim sur PS2, la série des Gun Survivor redresse fière ment la tête après avoir quasiment touché le fond. Capcom nous offre là un titre étonnamment efficace qui met enfin à contribution le G-Con2 pour autre chose qu'un banal jeu de shoot.

Comment oublier la cruelle déception de l'épisode Resident Evil Survivor 2 : Code Veronica, véritable trahison de la part de Capcom qui n'est parvenu, avec ce titre, qu'à donner le coup de grâce à une série que l'on croyait vouée à l'oubli. Mais la honte des jeux de tir refait finalement surface avec Resident Evil : Dead Aim (Gun Survivor 4 : Heroes Never Die en VO), et autant dire que l'on est à mille lieues de l'exécrable Resident Evil Survivor 2 : Code Veronica. Déjà, s'il ne fallait compter que l'absence de loadings intempestifs et la réalisation enfin correcte, on pourrait dire que Capcom a su faire un grand pas en avant, mais surtout, c'est l'intégralité du gameplay qui a été entièrement revue pour ce nouvel opus.

Ainsi, le mélange tir à la première personne et exploration à la troisième personne ramène beaucoup plus à l'esprit des Resident Evil originaux. Le tout est parfaitement jouable, même si un minimum de pratique est de mise pour assimiler les contrôles de jeu. Le déroulement de l'aventure est d'ailleurs très similaire aux titres classiques de la série. Le bateau de croisière dans lequel se passe le jeu est conçu comme le manoir Spencer, c'est-à-dire qu'on retrouve les multiples clés qui assurent une découverte progressive des différentes salles du bateau, les machines à écrire pour sauvegarder, les items qui scintillent et les zombies qui surgissent de la même façon que dans n'importe quel opus de la série. Le bestiaire n'est d'ailleurs pas très nouveau, mais on se retrouve au moins en terrain connu. Et même si les personnages sont tous totalement inédits dans la série, cet épisode réussit à s'imbriquer dans la saga Resident Evil sans apporter de quelconques incohérences.

C'est dans la peau de Bruce McGivern, un agent de l'équipe d'enquête anti-Umbrella, qu'on se retrouve au début du jeu. On fait rapidement la connaissance de Morpheus avant sa mutation par le virus T, pour se retrouver au bout de quelques heures de jeu dans la peau de la belle asiatique Fongling, agent secret pour le département de la sécurité de la Chine. Le scénario n'est pas parmi les meilleurs de la série, mais on se laisse entraîner d'autant plus facilement que le rythme s'accélère brutalement à ce moment-là pour noyer le joueur sous un déluge de scènes d'action beaucoup plus brutales qu'au début du jeu. L'arsenal typique de la série (pistolet, fusil à pompe, fusil d'assaut, lance-grenade, etc...) rend les scènes de shoot à la première personne particulièrement savoureuses. Mais l'action ne se limite pas au simple arrosage de zombies, et il faudra bien souvent switcher entre les deux vues pour esquiver les attaques des ennemis afin de se mettre à l'écart et riposter efficacement.

L'interface, bien qu'encore largement perfectible, minimise les pertes de temps en introduisant des sortes de raccourcis qu'il faut apprendre à utiliser dans les moments chauds. On peut par exemple troquer directement ses balles de pistolet contre des munitions de fusil d'assaut en cas d'inventaire plein, effectuer des demi-tours rapides et des esquives de dernière minute, et un détecteur devient accessible d'une simple pression sur la croix directionnelle en cas de combat rapproché. Finalement, même si l'on peut reprocher à Resident Evil : Dead Aim une progression sans surprise et une prise en main encore perfectible, le soft n'en constitue pas moins une très bonne surprise pour les possesseurs de G-Con2 qui trouveront là un titre plutôt riche pour une catégorie qui rechigne souvent à innover. Ceux qui ne posséderaient pas le flingue PS2 auront par contre un peu plus de mal à savourer l'aventure s'ils se limitent à la Dualshock 2.

Romendil, le 16 juillet 2003