Hulk

Test Playstation 2

Alors que l'on aurait pu craindre une adaptation sans grande originalité du film The Hulk d'Ang Lee qui sortira bientôt dans les salles obscures, lui-même inspiré du comics book d'origine, Radical Entertainment crée la surprise en proposant un titre jouissif et totalement dans l'esprit du personnage. Un pari risqué qui se concrétise avec brio sur PS2.

Sans doute connaissez-vous plus ou moins la tragique histoire de Bruce Banner, généticien victime d'un malencontreux accident de laboratoire, et qui, exposé à une dose presque mortelle de radiations gamma, possède désormais la capacité de se transformer en l'invincible Hulk quand il considère que la coupe est pleine. Le jeu se situe là où se termine le film, juste après le combat dantesque à San Francisco. Si la trame scénaristique du jeu est donc globalement inédite, le soft n'en reprend pas moins le design du film avec une réalisation étonnante qui affiche un rendu qui atténue le réalisme au profit d'une atmosphère visuelle qui semble tendre davantage du côté du comics. Des scènes d'autant plus plaisantes à regarder que l'action y est poussée à son paroxysme. Les interactions sont innombrables, les environnements explosent et se réduisent en poussière au moyen d'effets visuels bluffants, et l'animation révèle un dynamisme qui fait vraiment plaisir à voir.

Un constat qui se marie d'autant mieux avec le gameplay, dans la mesure où le jeu ne se résume pas à un bête beat'em all, mais alterne des phases de jeu relativement variées. Les niveaux ne sont pas excessivement longs et s'enchaînent rapidement, sans jamais perdre de vue qu'il s'agit principalement d'impliquer le joueur dans la peau du personnage. Résultat, on ne garde à l'esprit que l'instinct de destruction et de survie qui nous pousse à faire des ravages dans le but de trouver rapidement une issue. On exulte en tenant à bout de bras une pauvre victime que l'on peut ensuite projeter n'importe où ou frapper à mort selon ses envies du moment. Les parois cèdent sous la puissance phénoménale des frappes de Hulk et les débris génèrent une poussière presque palpable alors que les colonnes s'abattent en explosant les vitres qui elles-mêmes créeront ensuite une issue inespérée.

Hulk dispose d'une véritable panoplie de coups qui assure des enchaînements aussi spectaculaires que variés. Le géant vert dispose même d'un sympathique rayon gamma et de coups spéciaux qui réduisent toute la zone à néant. On peut s'emparer de presque tout ce qui traîne alentour, et on regrettera seulement de ne pas pouvoir choisir précisément sa cible lorsqu'il s'agit de projeter un objet quelque part. S'ajoutent à cela des affrontements mémorables contre des boss, mais aussi des scènes d'infiltration durant lesquelles Bruce Banner devra progresser discrètement dans des zones sécurisées en évitant les gardes pour ne pas se faire repérer et succomber bêtement à sa transformation. Des scènes d'autant plus immersives que le héros se parle à lui-même, transmettant directement l'angoisse au joueur qui doit pirater des systèmes en temps limité, éviter les caméras et les projecteurs, neutraliser les gardes et progresser sans bruit pour ne pas rameuter les molosses Hulk-dogs, directement tirés du film, et interagir avec l'environnement pour atteindre ses objectifs.

Les développeurs se sont autorisés quelques écarts plutôt bienvenus, les fans jugeront, avec la présence du professeur Crawford qui mute lui-même pour devenir Ravage, ennemi direct de Hulk. Les inconditionnels prendront plaisir à noter les inspirations directement issues du comics book, du film ou encore celles simplement imaginées par les développeurs. En plus de la vingtaine de niveaux du mode Scénario, on trouve quelques défis supplémentaires auxquels on peut accéder une fois certaines étapes terminées. Dans le même ordre d'idées, le jeu comporte divers bonus, bande-annonces, making-of qui s'ouvrent petit à petit pour étoffer le contenu de ce titre, auquel on pourrait simplement reprocher l'absence d'un mode deux joueurs et le manque de variété au niveau des ennemis. Voilà en tout cas un très bon beat'em all que ne devraient pas renier les fans du personnage ni les amateurs de baston en général.

Romendil, le 16 juin 2003