Ghost Recon

Test Xbox

Après la version PS2, voici venir le portage xbox de Ghost Recon très peu de différence entre les deux versions, si ce n'est que celle-ci est compatible avec le Xbox Live ce qui n'est pas rien.

Et oui, après le lamentable La Somme de Toutes les Peurs, Ubi Soft et surtout Red Storm retrouvent leur sérieux avec l'adaptation de Ghost Recon, un jeu d'un genre assez nouveau pour les habitués du pad. Il n'y a que peu de représentants de l'action-tactique (à ne pas confondre avec l'infiltration d'un Splinter Cell) sur consoles, et ils ne sont pas très brillants. Conflict Desert Storm, le dernier en date faisait figure d'initiation au genre mais prend aujourd'hui une grosse claque. Quant au portage de Rainbow Six, on sait combien le soft avait perdu de plumes au passage. Venez découvrir ce que veut vraiment dire One Shoot = One Kill et incarner les Ghosts.

Le gameplay de GR se base sur le contrôle de deux équipes de 3 hommes. Avant chaque mission, un briefing détaillé vous donnera l'ensemble des informations essentielles à votre tache. En gros votre but (détruire, secourir, défendre etc.) et un certain nombre de choses à savoir (présence supposée de tanks..). Arrive ensuite la composition de vos teams Alpha et Bravo (seulement deux équipes sur console, adieu Charlie). Ici, de deux choses l'une, soit vous laissez l'ordinateur s'en charger pour le mieux (au risque de voir des hommes blessés ne pas être remplacés) soit vous le faites à la main. Point important, vos hommes gagnent de l'expérience et leur endurance, leur leadership, leur précision augmentent, pensez donc à changer de soldat pour ne pas vous retrouver avec des gros nases au milieu du jeu. Ce qui pourrait très bien arriver, car ici, pas de respawn, pas de médikit et si un homme meurt sur le terrain, c'est pour de bon. Et il suffit d'une balle bien ajustée pour laisser sa peau dans les bois. Un mauvais coup, car cela équivaut à perdre un spécialiste et son expérience (sniper, démolisseur ou autre). Quand je dis que le jeu ne pardonne pas...

Vous voilà donc sur le terrain. Première chose à savoir, dans Ghost Recon, on ne fonce pas comme un dingue pour dézinguer les types d'en face. Autant vous dire qu'ils ont du répondant, on n'est pas dans un FPS ici, même si la maniabilité s'en approche. D'abord, on examine la carte et on voit où on va. En tant que leader, il vous revient de définir les waypoints de vos hommes. On ouvre donc le menu des ordres. Pour chaque team, vous définissez des destinations, pas trop éloignées pour éviter de les envoyer au milieu d'un camp ennemi. Notons d'ailleurs que l'interface d'ordres à été remaniée pour cette version Xbox, mais elle demeure efficace malgré un aspect un peu plsu confus. Deux types d'ordres peuvent être donnés. Vos hommes peuvent avancer et stopper en restant discrets lorsqu'ils voient un ennemi, le tuer s'ils sont repérés ou le neutraliser à vue et surtout vous couvrir. Libre à vous de les laisser en défense sur un point stratégique. Via ce menu, comme en plein jeu vous pouvez aussi switcher d'un soldat à un autre et pourrez donc incarner le sniper pour nettoyer tranquillement et froidement un camp ennemi dans la nuit noire avant de revenir au fusillier. Un seul regret, il n'est plus possible sur console de poster un homme seul en un point précis, les teams ne se séparent pas et c'est bien dommage (placer un sniper peut être très pratique).

Jouer à Ghost Recon c'est s'armer de patience et de calme, pas question d'aborder l'objectif comme un sauvage, on doit savoir où l'on va, y aller prudemment, ne pas hésiter à ramper pour être une cible difficile, bref, on flippe. Du point de vue du gameplay, ce portage est une réussite, Ghost Recon n'a pratiquement rien perdu, l'interface reste parfaite et la maniabilité est exemplaire, même la visée très (très) légèrement assistée est parfaite. Voilà un point assez impressionnant quand on voit certains FPS « basiques » se revéler confus. La prudence est donc de rigueur, d'autant plus que l'IA est redoutable. D'un côté comme de l'autre d'ailleurs, il arrive fréquemment que vos équipiers vous sauvent la mise, quand c'est « humainement » possible disons, (malgré quelques problèmes de pathfinding). Et les adversaires que vous affronterez ne sont pas du genre à vous regarder bêtement quand vous venez de descendre leur pote. Ils se planquent, vous prennent à revers, rampent, cours, fuient enfin toute la panoplie.

Mais, il faut bien avouer que Ghost Recon souffre des défauts de ses qualités. Premier point, sa difficulté et son côté progression au pas à pas le réserve à un public d'amateur du genre. Beaucoup abandonneront le jeu, dégouttés par son côté prise de tête. Autre problème, parfois, on trouve le temps un peu long quand on avance accroupi et qu'on ne croise finalement personne.

La réalisation graphique est, il faut le reconnaître, un peu faiblarde. Un peu juste pour la console, car si les maps sont de taille, les modélisations sont un peu limitées et les textures ne sont pas fabuleuses. En revanche, l'ambiance sonore est plus que convaincante. Les musiques dramatiques ponctuent l'action de temps à autre (mais on peut aisément s'en passer) mais ce sont surtout les éléments d'ambiance qui nous font flipper, pépiements d'oiseaux et échanges de paroles avant le déchaînement des armes. D'autant plus que l'on évite les traductions pitoyables du genre « unité dorée, en avancement » remarquée dans une certaine Somme de Toutes les Peurs.

Au final, Red Storm réussit là une conversion remarquable d'un titre dont le gameplay aurait pu tant souffrir du passage sur console. Il n'en reste pas moins que Ghost Recon ne plaira pas à tout le monde et qu'il faut le réserver à un public bien particulier de joueur acharnés et près à se prendre la tête. Amateurs de tactique, Ghost Recon est pour vous.

Dinowan, le 12 décembre 2002