The Elder Scrolls III : Morrowind

Test Xbox

Les possesseurs de Xbox sont décidément des chanceux. Non contents de baver devant les screens alléchants de Fable, le prochain gros titre de Lionhead, ils pourront désormais assouvir leur passion de rôlistes avec Morrowind. Déjà largement acclamé sur PC, le successeur de Daggerfall, troisième opus de la série The Elder Scrolls, nous arrive dans une version Xbox tout aussi éblouissante.

A priori, on pourrait croire que l'intérêt de cette conversion Xbox de Morrowind ne se justifie que pour les joueurs n'ayant pas eu la possibilité de découvrir ce titre sur PC. Pourtant, j'imagine que la plupart des joueurs possédant ces deux machines ont cru bon d'attendre quelques mois pour se procurer cette version Xbox, et on peut dire que ce choix n'est pas réellement étonnant. Avec cette version console, pas besoin de se prendre la tête pour savoir si son jeu va tourner correctement ou non sur sa config, pas de soucis de bugs ou de plantages, autant de préoccupations qui deviennent obsolètes et donnent un sens concret à ce nouveau portage, qui se veut en plus d'un niveau technique tout aussi satisfaisant que sur PC. En contrepartie, il est clair que tous ceux qui auront fait ce choix doivent avoir en tête que Morrowind dans sa version Xbox ne pourra pas évoluer au moyen de patches ou d'éventuels plugins. Reste que le résultat se veut tout à fait convaincant. Aucun reproche à faire si ce n'est un certain manque de fluidité dans l'animation, quelques saccades de temps à autres, et des loadings de trois minutes pour charger une partie.

Tant qu'à conclure avec ces comparaisons entre les deux versions, on peut dire que le gameplay au pad Xbox ne présente aucune difficulté particulière. Les déplacements s'effectuent sans problème avec les deux sticks, et la caméra peut être contrôlée de façon totalement libre, aussi bien en vue subjective qu'à la troisième personne. Tous les détails qui nous avaient bluffés auparavant n'ont rien perdu de leur efficacité : l'impression de se retrouver trempé sous l'effet d'une pluie battante, les coups de tonnerre qui vous donnent froid dans le dos tandis que les éclairs déchirent le ciel avec violence, ou encore le rendu superbe de l'élément liquide lorsqu'on avance avec de l'eau jusqu'à la taille. Les contrôles de jeu sont simples et exploitent l'analogie des gâchettes Xbox puisque l'importance des dommages faits à l'ennemi découle directement de la violence de vos coups, et donc de la pression exercée sur la gâchette du pad.

Mais Morrowind, c'est aussi tout un univers cohérent où vos actions, bonnes ou mauvaises, ont toujours des conséquences irréversibles sur les personnes qui vous entourent. Ainsi, ne vous attendez pas à voir un PNJ reparaître si vous l'avez tué, et n'espérez pas de la sympathie de la part de vos hôtes si vous avez eu l'audace de vous emparer d'un objet qui leur appartient. Votre charisme et votre comportement à l'égard des marchants, par exemple, sera déterminant du prix qu'il vous proposeront pour votre équipement. En les caressant trop dans le sens du poil ils risquent même de se rebuter et de refuser de traiter avec vous. Les puristes de Dagerfall regretteront sans doute l'absence d'éléments importants comme les chevaux, les banques ou encore les bateaux, et ne manqueront pas de noter les quelques faiblesses de l'IA à travers le comportement de certains ennemis et les réactions de certains PNJ. On peut regretter aussi que la mort ne conduise à rien qui incite vraiment à progresser, puisqu'elle se traduit toujours par un simple Game Over. Dans le même ordre d'idées, le fait de pouvoir interroger n'importe qui sur toutes sortes de points précis aurait été appréciable s'ils ne vous répondaient pas tous la même chose, et cela indépendamment de leur race, de leur fonction ou de leur alignement. Heureusement, une simple consultation de la map suffira généralement à éviter une perte de temps précieux.

Puisque nous en sommes au chapitre des personnages jouables, il faut reconnaître que la variété des races proposées compense le design déconcertant de ces différents persos, même si l'égalité des classes n'est pas toujours vraiment respectée. Les êtres que l'on pourra incarner incluent notamment les Argonian (des hommes-lézards qui peuvent respirer sous l'eau), les différentes variétés d'elfes, les guerriers Imperial, Nord et Redguard, mais aussi les Orcs et les Khajiit (des sortes de lynx qui ont le pouvoir de faire détaler de terreur leurs ennemis). Les nains sont par contre l'objet d'une disparition mystérieuse qu'il s'agira de résoudre au cours de l'aventure. En pratique, c'est toute une série de questions qui détermineront les diverses caractéristiques de départ de votre personnage.

La particularité du jeu est quand même de ne pas proposer de trame scénaristique linéaire puisque le jeu est entièrement libre. En contrepartie, on s'ennuie parfois de ne pas pouvoir espérer une fin ou l'intervention subite d'événements particuliers pour relancer l'intérêt de la quête. La progression accentue l'impression de faire vivre son personnage dans le monde de Morrowind, mais elle se résume à nous entraîner d'une quête annexe à une autre et l'action retombe parfois, entraînant quelques temps morts. Voilà tout de même un titre de grande qualité que les amateurs de RPG au vrai sens du terme sauront apprécier à sa juste valeur. Un soft qui n'a pas encore son équivalent sur Xbox.

Romendil, le 16 octobre 2002