Duke Nukem : Manhattan Project

Test PC

« Shake It Baby ! » Duke est de retour pour un titre qui recolle avec l'esprit des tout premiers opus dans un jeu d'action / plates-formes qui devrait faire plaisir à certains nostalgiques. Un soft assez particulier qui pourrait bien engendrer des débats passionnels avec ceux qui auraient préféré quant à eux un bon vieux shooter à la première personne. Quoi qu'il en soit, on aime ou on n'aime pas mais on fait pas beurk, Manhattan Project est bourré de qualités mais aussi de pas mal de défauts...

«You must be eighteen or older to ride ! » Sacré Duke, bref, les cochons mutants et autres bestioles ont décidé de semer la zizanie dans New-York et au passage de prendre en otages les jolies pin'up humaines. Le GLOPP, un slime visqueux se répand dans toute la ville, des monstres à zigouiller, des minettes à sauver, il n'en faut pas tant pour que notre héros sauve une fois encore l'humanité. Un scénario riche de sens aux rebondissements multiples comme on peut le constater, voici ce qui nous attend dans cette nouvelle aventure. Comme à l'accoutumée, on retrouve un Duke Nukem en pleine forme, toujours à l'affût d'un bon mot et prêt à faire de la bouillie de tout ce qui se dresse sur son passage, à l'exception des belles auxquelles il réserverait bien un tout autre sort si le temps ne lui était compté.

Alors annonçons-le clairement, Project Manhattan n'est pas un FPS comme nous y avait habitué les derniers volets de la série. C'est un retour aux sources pour Duke que nous proposent Sunstorm et 3D Realms avec un jeu d'action et de plates-formes qui rappellera de bons souvenirs à certains d'entre nous. Plus qu'un shoot'em up, c'est donc une sorte de « Kick Their Ass » ( si je puis me permettre ! ) qui nous est proposée. Le jeu se déroule en vue extérieure avec un Duke évoluant de plate-forme en plate-forme et réduisant en miettes tout ce qui s'oppose à lui. Côté stimulation des neurones, ça reste tranquille avec une progression assez linéaire, des boss assez faciles et des puzzles qui se résument le plus souvent à sauver une pin'up et retrouver une clé. C'est une daube alors me direz-vous ! En fait oui et non... Disons que c'est une question d'esprit, de feeling. Si on cherche à se casser la cervelle, à résoudre des énigmes complexes, à tuer mais proprement et surtout avec tactique... Déception ! Par contre si on a la nostalgie de ces vieilleries qui nous éclataient sur Amiga, Atari et autres Amstrad CPC et bien là, on tient un grand jeu dans cette lignée. De l'action incessante, du kill sans se poser de questions, bref, un truc stupide voire même débile mais horriblement jouissif.

Qu'on ne s'attende pas à quelque chose de radicalement novateur, au contraire. Ici ce sont les ingrédients des vieilleries dont nous parlions qui sont repris. Power up, bonus divers et variés, armes à récupérer et bien sûr une foule de plates-formes à escalader en sautant, s'agrippant etc. Au niveau de la maniabilité, signalons au passage que le choix de la teinte 2D donnée à ce titre en 3D cause quelques soucis. Lors des changements de direction par exemple, on se surprendra à zoner deux ou trois fois avant d'arriver dans le lieu souhaité. Autre chose, les joueurs épris de liberté risquent de se sentir frustrés. Ici, on va où on nous dit, pas de place pour l'imagination ou le choix de l'itinéraire, si on est bloqué c'est tout simplement parce que c'est pas par là qu'il faut passer !

Au niveau des graphismes, ce n'est ni radicalement beau, ni radicalement moche non plus. C'est une fois encore à part. L'univers est en 3D mais l'action se passe à la manière d'un jeu en 2D ce qui donne un rendu assez particulier. Les textures restent simples, la modélisation des différents personnages aussi et force est de constater que si le tout ne réalise pas de prouesses techniques, l'environnement de ce Duke Nukem reste cohérent à l'esprit souhaité. Simple et efficace, sans claque visuelle, Manhattan Project reste globalement très sobre avec toutefois quelques animations amusantes.

Alors finalement ce Duke, bien pas bien ? Les deux mon capitaine. Comme on l'a dit c'est une question d'esprit. Voici un titre qui ne se prend absolument pas au sérieux et qui reste finalement assez radical dans son genre. Le choix qui a été fait par les développeurs séduira ou pas mais on le respectera. Duke renoue avec ces premières aventures orientées action et plates-formes, les fans de la première heure devraient passer un bon moment avec ce titre. On retrouve un Duke comme on l'aime avec ses petites phrases délirantes, signalons d'ailleurs que certains parents auront tout intérêt à éviter à leurs charmantes têtes blondes la débauche de « Mother Fucker » et des « Son of... » à laquelle on a droit. Au final certains adoreront et trouveront le jeu génial, d'autres le jugerons carrément « daubesque », à chacun de voir, vous avez d'ailleurs l'espace commentaires pour donner votre avis et vous déchaîner. C'est du Duke Nukem, le tout c'est d'être prévenu... Sur ce, « I Hate Pigs », « Say Hello to my little friend... ».

Pilou, le 12 juin 2002