Grandia II

Test Playstation 2

Après avoir fait le bonheur des rôlistes sur Dreamcast, Grandia 2 se fraye un chemin jusqu'à la console de Sony. Un an après, le titre reste toujours aussi passionnant malgré sa réalisation vieillissante.

Les RPG reviennent à la mode sur PS2, on dirait. Entre Shadow Heart, Final Fantasy X (le mois prochain) et Grandia 2, le choix s'annonce particulièrement difficile, d'autant que tous trois ne manquent pas d'arguments pour nous séduire. Pour vous aider dans votre décision, voici déjà ce qui vous attend avec ce second volet de Grandia.

La légende raconte que la bataille céleste qui opposa Granas, le dieu de lumière, à Valmar, le dieu des ténèbres, laissa une énorme cicatrice à la surface de la terre, une gigantesque faille divisant le monde en deux. Si Granas sortit vainqueur de l'affrontement, la menace de revoir Valmar ne fut jamais totalement écartée. Il est dit que le seigneur du mal peut encore réapparaître pour à nouveau tenter de plonger le monde dans l'obscurité. Le héros principal du jeu s'appelle Ryudo, c'est un GeoHound (sorte de chasseur de primes) très cynique, prêt à accepter n'importe quel job tant que c'est bien payé. Sa prochaine mission consiste à escorter Elena, une jeune prêtresse qui doit, elle et ses copines, exorciser une tour pour empêcher le retour de Valmar. La cérémonie se trouve perturbée par les forces du mal et voilà Ryudo embarqué dans une quête dont dépend l'avenir de l'univers. Dans son périple, plusieurs personnages se joindront à lui, mais le groupe restera toutefois assez retreint.

Du premier volet de Grandia, ce second épisode a conservé le système de combats, véritable bijou de stratégie. L'ordre de frappe des combattants est déterminé par leur point d'initiative. Plus ils en auront et plus leur curseur pourra parcourir rapidement la jauge d'initiative en bas de l'écran. Lorsque le curseur arrive sur le repère COM, le personnage peut décider de l'action qu'il veut effectuer, mais il faudra qu'il attende que le curseur arrive en fin de jauge pour lancer son attaque. Pendant ce temps là, il reste vulnérable aux adversaires, qui peuvent en profiter pour lui faire baisser ses points d'initiative et donc le faire reculer sur la jauge. De même, vous pourrez à votre tour prendre avantage de la position du curseur des adversaires en lançant des contres ou en défendant au bon moment. Les magies sont toujours là et les plus puissantes explosent l'écran d'effets spéciaux où se mélangent des éléments 3D à des dessins animés. Le mix est plutôt original et c'est un véritable plaisir de déchaîner ses coups les plus puissants !

La mécanique du titre n'a pas tellement changé non plus. Un peu de marche à pied dans des aires de jeu labyrinthiques, pas mal de combats, mais surtout beaucoup de parlote, des tonnes de dialogues qui n'en finissent pas et qui peuvent vite devenir rébarbatifs, voire soporifiques. En plus, et ce sera sûrement l'un des plus gros défauts du soft, tous les textes sont restés en anglais. Alors même si le scénario reste assez compréhensible tout au long de l'aventure, mieux vaut maîtriser la langue de Shakespear pour en profiter pleinement.

Les séquences clés du scénario sont doublées (voix anglaises également) avec des intonations typiques dessins animés. On retrouve d'ailleurs l'ambiance manga dans les graphismes avec des personnages en Super Deform (grosses têtes, petits corps). Le character design, très japonais, rappelle celui du premier épisode, il en va de même pour les musiques, dont certains thèmes s'avèrent carrément grandioses. On regrettera cependant que le studio Game Arts n'est profité de l'année qui sépare cette version de celle sortie sur Dreamcast pour revoir le moteur graphique. La gestion des caméras est mal optimisée. En fait, elle n'ait pas optimisée du tout et il faut constamment modifier son champ de vision pour pouvoir se repérer dans le jeu. On note aussi des problèmes de scintillements de l'image qui pourraient causer des maux de têtes aux joueurs les plus sensibles. A part ça, le jeu est correctement réalisé et il possède un aspect old school qui lui donne un certain charme (surtout dans les animations des héros). L'ambiance est donc assez similaire à Grandia premier du nom. Les héros ont changé, le scénario n'est plus le même, mais l'esprit est bien resté intact. Vu que sa durée de vie est plus que conséquente, je ne vois pas ce qui pourrait vous retenir de vous le procurer au plus vite.

Jihem, le 28 mars 2002