Blood Wake

Test Xbox

Maman, les p'tits bateaux qui vont sur l'eau ont-ils des jambes ? Non, mais ils ont des mitraillettes et des lance-roquettes. Voilà ce qu'on a dû apprendre aux gars de Stormfront Studios pour qu'ils puissent créer un jeu comme Blood Wake.

Assez impressionnés et plutôt intrigués par Blood Wake lors de l'E3 dernier, nous avions hâte d'essayer la version définitive et de juger par nous-mêmes de ce que pouvait donner ce cocktail alléchant de hors-bords et de gunfights. Après plusieurs heures de jeu passées sur le titre, le verdict est mitigé. Même au sein de la rédaction, les avis contraires s'opposent, alors que certains adorent, d'autres y sont complètement indifférents. Petit rappel des faits, Blood Wake est un jeu d'action naval se déroulant dans un univers à la Waterworld. Vous venez d'intégrer un clan de pirates des mers, et en tant que nouvelle recrue, vous devez montrer au chef ce dont vous êtes capable. Tout au long des 25 missions que comporte le jeu, il vous sera par exemple demandé de couler les bateaux ennemis, de récupérer des trésors, de défendre des points stratégiques ou d'escorter une flotte jusqu'à bon port...

Les niveaux se déroulent exclusivement sur l'eau. Vous naviguerez sur différents types de bateaux (vedettes, catamarans...), tous surarmés, donnant une petite touche Mad Max au titre. Des canons mitrailleurs aux torpilles en passant par les mines et les missiles à têtes chercheuses, les bateaux disposent effectivement d'un arsenal conséquent. En face de vous, vos ennemis possèdent eux aussi de quoi se défendre. Ils bénéficient de plus d'une bonne IA, les rendant particulièrement tenaces et fourbes. Cependant, ce ne sont pas les ennemis qui vous rendront la tâche difficile dans Blood Wake. Votre plus gros défi sera ici de manier correctement votre embarcation. Les réactions des bateaux étant exagérées à l'extrême, vous les verrez s'envoler à la moindre vague ou au contraire peiner pour effectuer un simple virage. Vraiment rageant lorsqu'on se retrouve encerclé d'ennemi, la jouabilité est donc le gros point noir du titre et devient du coup l'élément qui fera rapidement éteindre la console aux joueurs les moins patients.

Ceux-là passeront alors à côté d'un jeu plutôt bien réalisé. L'eau au repos est notamment très réussie avec des reflets qui miroitent à la surface et un léger remous appaisant. Pour ce qui est des vagues, je serais un peu moins élogieux. Certes, l'effet de déformation est sympathique, mais c'est toujours le même schéma qui se répète inlassablement les rendant alors toutes identiques et donc non naturelles. Mais là je chipote, car globalement c'est quand même très beau. La modélisation des bateaux est soignée tout comme les paysages côtiers, même si ces derniers auraient gagné à être plus variés. Les conditions météorologiques diffèrent d'une mission à l'autre mais on regrette que cela n'ait pas plus d'incidence sur l'élément liquide. On aurait par exemple aimé avoir à affronter une mer totalement déchaînée. Côté bande son, il n'y a pas grand chose à signaler. Les musiques sont dynamiques et bien pêchues et les voix sont soignées et intégralement doublées en français. Seuls les bruitages restent un peu en retrait mais cela n'est pas gênant.

Reste maintenant un aspect que je n'ai pas encore abordé dans ce test : la trop grande répétivité de l'action. Bien que les objectifs varient entre chaque mission, on se retrouve finalement toujours à faire la même chose : chercher les ennemis pour les canarder et les couler. Pendant tout le jeu, on cherche les ennemis pour les canarder et les couler... Au début c'est assez marrant, mais beaucoup trouveront ça vite prise de tête (d'où la divergence de point de vue évoquée dans le premier paragraphe). Si ce côté répétitif ne vous ennuie aucunement, et si vous êtes prêt à batailler dur avec la maniabilité exaspérante, vous trouverez alors sûrement votre bonheur avec Blood Wake, d'autant qu'il dispose d'un mode multijoueur assez amusant (jusqu'à 4 en écran splitté).

Jihem, le 15 mars 2002