Gorasul : L'Héritage du Dragon

Test PC

Les développeurs allemands de Silver Style nous ont concocté deux jeux radicalement différents pour ce début d'année sur PC. Le premier, Natural Resistance, est un STR qui se situe dans le contexte des conflits modernes. Le second s'intitule Gorasul : l'héritage du dragon, et s'inscrit clairement comme un jeu de rôle plutôt conventionnel dans la lignée de Baldur's Gate.

Gorasul est un monde médiéval/fantastique digne des Royaumes Oubliés, peuplé de monstres sanguinaires, de villageois poltrons, de traîtres mais aussi de héros encore vaillants. Vous incarnez l'un de ces derniers héros : Roszondas, alors que vous venez de ressusciter d'entre les morts dans des circonstances qui vous échappent. Dès lors, il va vous falloir retrouver les souvenirs enfouis dans votre mémoire afin de recouvrer vos véritables forces de demi-dieu. Mais si le personnage est imposé, il est tout de même possible de déterminer sa classe et de le spécialiser dans les compétences de son choix. Gorasul s'inspire clairement de celui que l'on considère toujours comme la référence du jeu de rôle sur PC : l'incontournable Baldur's Gate, dont il reprend la globalité du système de jeu, sans pour autant parvenir à réellement convaincre. Plutôt moyenne, la réalisation graphique de Gorasul affiche des décors souvent trop vides, trop sombres et dénués de détails, et se situerait plutôt quelque part entre les deux opus de Baldur's Gate.

La résolution maximale ne dépasse pas le 800x600, et les animations sont carrément hallucinantes de médiocrité. On assiste à des actions en deux étapes qui provoquent des situations parfois complètement ridicules et incohérentes. Il n'est pas rare de tuer des créatures qui se trouvent à trois mètres de soi parce que le personnage ne daigne pas s'avancer vers sa cible. A ce titre, il faut noter que les concepteurs du jeu ont choisi d'introduire la possibilité d'effectuer les combats de façon automatique ou manuelle. Les inconditionnels du hack'n slash pourront alors s'acharner sur le bouton gauche de leur souris, tandis que les autres en profiteront pour visualiser la scène et préparer leurs sorts.

S'il déçoit sur bien des points, Gorasul a tout de même le mérite de se mettre à la portée d'un maximum de joueurs en proposant trois types de gameplay radicalement différents, ainsi que trois niveaux de difficulté. Ainsi, si vous êtes amateur de grandes quêtes et d'énigmes corsées, vous pourrez opter pour une progression axée davantage sur l'aventure que sur les combats. Mais vous devrez alors trouver seul les réponses aux énigmes qu'on vous posera , en inscrivant directement la solution en toutes lettres. Si vous optez pour le mode de jeu intermédiaire, les énigmes vous seront présentées sous forme de QCM, mais les combats seront plus présents. Enfin, les amateurs d'action pourront se ruer sur le troisième type de gameplay, beaucoup plus axé sur les combats.

A côté de cela, la progression reste très classique et rarement motivante. Les combats manquent d'intérêt et le groupe se limite à seulement quatre personnages. Les habitués de RPG remarqueront à quel point l'XP monte vite dans Gorasul. Il suffit parfois de trouver immédiatement la solution à certaines énigmes pour empocher le pactole de points d'expérience. Les petits malins n'hésiteront pas à profiter du Quick Load pour tricher honteusement sur les questions à choix multiples... On relèvera tout de même quelques rares phases de jeu un peu plus variées, comme le stand de tir du premier village, mais rien de réellement prenant. Mais la principale originalité de Gorasul, c'est la présence d'armes « vivantes », dotées de capacités spéciales et capables de dialoguer avec vous. En fonction des caractéristiques de votre arme, vous pourrez par exemple voir votre épée vous prodiguer quelques conseils, votre hache se ruer sur un groupe d'ennemis ou votre arc refuser d'attaquer une cible. Une idée plutôt sympathique qui rend la progression un peu moins monotone. Si les dialogues font parfois preuve d'un certain humour, la qualité de la traduction française laisse parfois à désirer, d'autant que le jeu brille par son absence totale de voix lors des dialogues entre les personnages. Du coup, la bande-son se révèle parfois aussi vide que certains environnements du jeu.

Terminons par les possibilités particulières que possède le personnage principal. Elevé par un dragon, ce dernier profite de certains pouvoirs intéressants : la Peur qui fait fuir ses ennemis, la Force qui augmente sa puissance, le Souffle qui détruit tout ce qui l'entoure, et l'Oeil qui accroît sa visibilité. Dans la pratique, on ne profite que rarement de toutes ces bottes secrètes qui ne daignent s'activer qu'en cas d'extrême limite. Les développeurs ont également planché sur un système d'IA qui permet aux ennemis de mémoriser vos habitudes, ce qui fait que vous pourrez vous retrouver piégé dans une embuscade alors que vous empruntez le seul accès possible entre deux lieux donnés. Moins long que BG2, Gorasul vous promet une quête qui nécessitera à peu près une cinquantaine d'heures de jeu. Voilà donc un titre pas vraiment indispensable, mais qui pourra dépanner les inconditionnels de RPG en mal de quêtes.

Romendil, le 30 janvier 2002

  • Editeur : JoWooD
  • Développeur : Silver Style Entertainment
  • Type : Jeu de Rôle
  • Multijoueurs : Non
  • Sortie France : 6 février 2002
  • Version : Française intégrale
  • Config minimum : P2 350, 64 Mo de Ram, carte 3D 8 Mo
  • Classification : Pour tous publics
  • Similaire à :
    Baldur's Gate