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Test : Mass Effect
PC

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Qui n'a jamais rêvé de voyager dans l'espace ? De filer d'astre en astre à bord de son propre vaisseau, d'explorer des planètes reculées et de présider à la destinée de tout un peuple ? Au fond, le titre de Bioware est un rêve pour ceux qui ont toujours voulu se plonger au coeur d'un bouquin de SF, d'un Dune ou d'un Hypérion. Un livre interactif à l'histoire dense, complexe, multiforme, remplie de paysages fantastiques, de personnages attachants et de véritables ordures. Le tout enrobé dans d'épais voiles de mystères que l'on devra percer pour le bien de tous, ou tout simplement pour le plaisir. Et cet univers dont le coeur bat au rythme des batailles, des intrigues politiques et des traîtrises débarque enfin sur PC, après avoir enthousiasmé plus d'un million de possesseurs de Xbox 360. Et même si le jeu s'avère identique à son aîné en termes de contenu, cette nouvelle version parvient néanmoins à gommer beaucoup de ses lourdeurs.

Avec à leur actif des titres comme Baldur's Gate, Jade Empire ou le premier Knights Of The Old Republic, la réputation de conteurs des gars de Bioware n'est plus à faire. Et Mass Effect pourrait bien constituer leur plus grande réussite à ce jour. Le pitch de départ se montre pourtant classique, mais il est si savamment amené qu'on ne peut que se laisser emporter dans la tourmente. Il serait cependant idiot de vous ôter le plaisir de la découverte puisque Mass Effect est avant toute autre chose une superbe histoire de science-fiction. Nous nous contenterons donc des grandes lignes. Le jeu nous plonge en 2183, soit un siècle et demi après que l'humanité ait découvert sur Mars les vestiges d'une ancienne civilisation extraterrestre. Cette découverte aura permis à l'Homme de faire un bond technologique spectaculaire, le rendant capable de dépasser la vitesse de la lumière et de se lancer à la conquête des étoiles. Depuis lors, l'humanité n'a cessé de sillonner l'espace, fondant de nouvelles colonies et rentrant en contact avec de nombreuses races extraterrestres, certaines pacifiques, d'autres moins. Jusque-là en somme, rien de bien original, mais c'est sans compter la patte de Drew Karpyshyn, scénariste officiel du jeu, qui nous aura même gratifiés d'un roman servant de prélude à l'oeuvre de pixels.

C'est là que débute véritablement votre quête pour la vérité.

L'idée du bonhomme, c'est que pour une fois, les hommes ne constituent pas la force dominante dans l'univers. C'est même carrément l'inverse. Dernière venue sur l'échiquier intergalactique, l'humanité est soumise aux préjugés racistes des autres peuples des étoiles et se trouve souvent reléguée au second plan, et ce même par le Conseil, entité politique centrale de l'univers. Difficile dans ces conditions de faire entendre sa voix et de réclamer de l'aide quand une colonie humaine se retrouve attaquée par les Geths, des êtres robotiques venus d'on ne sait trop où. Le scénario, beaucoup plus complexe que ce médiocre résumé ne le laisse imaginer, ne cessera d'être développé par le biais de cinématiques de qualité, des fameuses conversations dynamiques encensées par la presse, et d'un Codex, sorte d'encyclopédie numérique, qui ne cessera de s'étoffer au fil de la progression. La cohérence de l'univers et sans faille et on se laisse facilement happer par l'histoire. Le joueur incarne le commandant Shepard, second sur le Normandy, fleuron de la flotte humaine. Mais c'est à vous qu'il incombe de définir les caractéristiques de base du lascar. Homme ou femme, rejeton de colons, de militaires terriens ou orphelin ayant passé sa jeunesse dans les rues crasseuses d'une techno-métropole, avec un profil psychologique de héros de guerre, d'impitoyable pragmatique ou de rescapé traumatisé. Si ces choix n'auront finalement que peu d'influence sur le déroulement de l'histoire, certaines conversations prendront tout de même une couleur toute particulière, puisque des personnages feront parfois référence à votre passé. En outre, le fait d'être constamment appelé Shepard évite de se retrouver avec un personnage lisse et sans âme comme dans beaucoup d'autres RPG occidentaux.

Vos réponses auront toujours une influence, même minime, sur la suite des événements.

Après avoir défini l'apparence de votre héros, vous devrez également choisir une classe parmi 6 catégories. Méfiez-vous tout de même car vous ne pourrez plus en changer par la suite. Soldat, ingénieur ou adepte de la biotique (l'équivalent de la magie) sont les classes principales. Viennent ensuite les classes hybrides qui combinent les atouts du guerrier et l'ingénieur pour le franc-tireur, le combat et la magie pour le porte-étendard, ou la technologie et la biotique pour la sentinelle. Une fois cette étape franchie, on plonge sans tarder dans une aventure principale épique, et bien évidemment soutenue par un bon nombre de quêtes secondaires. Le tout s'articule admirablement autour des conversations les plus dynamiques qu'il m'ait été donné de voir dans un RPG. Pour une fois, on ne se contente pas d'observer deux bonshommes débiter leur tirade en gardant les yeux dans le vague. Non, les personnages ont chacun leurs mimiques et vivent leur dialogue qui ne souffre heureusement pas d'être en français (les puristes pourront même accéder à la VO lors de l'installation, ou en bidouillant dans les menus). Les conversations suivent une arborescence relativement transparente qui vous donne l'impression d'avoir une véritable influence sur le déroulement du jeu, même si ce n'est pas vraiment le cas. A l'occasion pourtant, vos choix affecteront grandement le déroulement de la mission en cours.

Choisirez-vous d'exploser la cervelle de ce malfrat ?

Ces missions, résumées très simplement dans le Codex qui distingue la trame principale des quêtes annexes, impliquent qu'on devra souvent voyager au quatre coins de la galaxie à bord du Normandy. Une carte galactique, accessible sur la passerelle du bâtiment vous permettra ainsi de choisir votre destination : planètes vierges sans infrastructure à l'atmosphère mortelle, petites colonies minières de quelques centaines d'habitants ou même stations spatiales seront autant d'endroits à explorer. Pour autant, toutes les destinations indiquées sur la carte ne pourront pas forcément être visitées, et on devra souvent se contenter d'une description succincte sur la composition de telle ou telle planète tellurique. Sans parler de poudre aux yeux, puisque le nombre d'environnements à découvrir est tout de même conséquent, Mass Effect n'est pas aussi riche qu'on aurait pu l'espérer. Et s'il serait idiot de se cantonner à la trame principale lorsqu'un tel univers s'offre à nous, sachez néanmoins que 16 ou 17 heures suffiront à un joueur pour voir le bout de cette dernière. De plus, une fois qu'on aura empoché tout le butin présent sur une planète mineure (ce qu'on fera parfois en une petite demi-heure), rien ne nous incitera à y retourner. Cela dit, le plaisir de dénicher un lieu inexploré est bien là, même si au bout d'un moment, les planètes sembleront beaucoup trop semblables les unes aux autres. Du coup, pour faire durer le plaisir et pimenter chaque combat, on vous recommande chaudement le mode difficile, voire vétéran qui ne se débloque qu'après avoir terminé le jeu une première fois.

Les balades en Mako sont un des points faibles de Mass Effect.

Une bonne partie de l'exploration de ces planètes se fera à bord du Mako, sorte de Hummer de l'espace capable de s'envoler à quelques mètres du sol pour franchir un obstacle ou éviter des tirs. Le véhicule, qu'on retrouvera également dans les missions principales pour des phases de shoot nettement plus linéaires, n'est pas des plus agréables à conduire, même avec le soutien d'une souris. Imaginez une savonnette enduite de vaseline et rebondissant au moindre cahot. Voilà qui n'a rien de très attirant. Si la bête est maîtrisable, ces phases constituent sans doute les moins réussies de l'aventure. Heureusement, l'essentiel du jeu se fera à pattes, en compagnie de 2 personnages qu'on aura choisis en début de mission parmi 6 autres pour constituer notre commando. Chacun dispose bien évidemment de caractéristiques et des pouvoirs précis dépendants bien sûr de sa classe. Il faudra donc les sélectionner avec soin et bien étudier les conditions de chaque quête pour ne pas se retrouver avec un binôme de "magiciens" dans une mission de combat.

La nouvelle interface tactique permet de mettre le jeu en pause et de donner vos ordres dans le confort.

Et parlons-en justement de ces combats. Mass Effect, tout RPG qu'il soit, est un soft qui se tourne résolument vers l'action. Se déroulant en temps réel, les fusillades du titre de Bioware risquent d'être un petit peu déroutantes au premier abord, au sens où certains des aspects du gameplay évoquent un shooter tactique. En vue à la troisième personne, il s'agira donc de gambader gaiement et de se planquer derrière les obstacles avant de se découvrir pour lâcher quelques bastos vers l'assaillant. On pourra également donner des ordres basiques à ses coéquipiers en usant des touches fléchées ou d'une interface spécialement étudiée pour le confort des PCistes. Désormais, en maintenant la barre espace enfoncée, vous pourrez commander vos acolytes de manière individuelle, leur dire d'utiliser telle arme ou tel pouvoir avec plus de facilité que jamais. Mais on appréciera surtout la présence d'une barre destinée à accueillir vos capacités biotiques et technologiques, et dans laquelle vous pourrez faire glisser vos "sorts" de prédilection. Une fois placées dans les cases prévues à cet effet, il suffira pour les utiliser de presser la touche correspondante sur le clavier. Un plus intéressant qui permet d'obtenir un véritable contrôle sur les affrontements. Recharge de bouclier, résurrection des collègues tombés au combat, gain momentané de précision, capacité à faire voltiger l'ennemi comme un Jedi, piratage à distance des guns ennemis, les pouvoirs sont nombreux, faciles à déclencher et apportent beaucoup de richesse à des combats déjà très intenses.

L'univers de Mass Effect est vaste et se laisse explorer avec docilité, ou presque.

Que cela soit au combat, ou dans les quêtes plus pacifiques, le jeu vous récompensera à grands coups de point d'EXP et de matos. Comme dans tout bon RPG qui se respecte, on devra alors se diriger vers le menu des personnages pour allouer des points de compétence supplémentaires à chacune des spécialités de nos bonshommes (il est possible d'automatiser l'opération). Passer des niveaux est un processus particulièrement rapide dans Mass Effect, ce qui s'explique en partie par la relative brièveté de l'aventure, mais la gestion de l'équipement, elle, demandera nettement plus de temps. Car en plus des armes aux différentes stats, qu'on pourra d'ailleurs comparer très simplement, le jeu nous fera empocher des MODs. Ce nom étrange cache en fait des améliorations majeures des armes et des armures : régénération accrue du bouclier, aides à la visée, munitions perforantes, tout est là pour rajouter encore un peu plus de profondeur à un jeu déjà très généreux. Et joie, bonheur et allégresse là encore, l'interface a été retouchée pour devenir nettement plus souple que sur 360. Beaucoup de petites améliorations qui au final, font de ce portage une superbe réussite. Fascinant, plus jouable que jamais, riche à en pleurer mais douloureusement court pour un titre du genre, Mass Effect se doit de faire partie de votre ludothèque.

Les notes
  • Graphique 17 /20

    D'un point de vue purement technique, le jeu déçoit un tantinet. Alors que certains environnements sont enchanteurs, d'autres sont d'une platitude désolante. Les saccades omniprésentes qui minaient littéralement la version 360 n'ont pas totalement disparu, mais elles s'avèrent tout de même beaucoup plus rares. Cette nouvelle version apparaît également beaucoup plus fine que sa consoeur, mais un bon nombre d'éléments trahissent encore une origine modeste. Les expressions des personnages sont en revanche plus saisissantes que jamais. On appréciera d'ailleurs leur design extrêmement soigné, même si les armures moulantes caractéristiques de la SF pur jus risquent de ne pas plaire à tout le monde. Mais quoi qu'il en soit, le jeu possède une identité peu commune. Un régal.

  • Jouabilté 18 /20

    Globalement il n'y a pas grand-chose à reprocher à Mass Effect dans ce domaine particulier. La navigation dans les menus frise maintenant la perfection et la plupart des lourdeurs de la version console ont été impitoyablement gommées. La quête principale est fascinante et les combats intenses. On appréciera surtout de participer à des conversations dynamiques qui parviennent toujours à nous intéresser même si le sujet abordé est anodin. Rien n'a par contre été fait pour retoucher les séquences en véhicule poussives, les interminables balades en ascenseur, ainsi que les quêtes secondaires, souvent trop semblables les unes aux autres.

  • Duree 17 /20

    Comptez une quinzaine d'heures pour la quête principale, et plus de cinquante pour explorer tous les recoins de cet univers. C'est un petit peu léger pour un RPG, mais je suis persuadé que les joueurs y reviendront souvent avec un autre personnage ou tout simplement pour le plaisir de s'immerger dans l'un des univers SF les plus réussis de la galaxie.

  • Son 18 /20

    Enorme 18/20 pour une bande-son digne d'un gigantesque blockbuster hollywoodien. Et pour une fois, on ne crachera pas sur une version française de très bonne qualité (les puristes pourront néanmoins accéder à la V.O.).

  • Scénario 18 /20

    Partant de bases relativement classiques, Mass Effect parvient sans le moindre problème à nous immerger dans un univers d'une incroyable densité. Certaines séquences nous imposent même de faire des choix déchirants afin de façonner l'histoire.

Sans apporter la moindre modification au contenu du soft d'origine, ce portage PC réussit néanmoins à gommer la majorité des lourdeurs qui encombraient et encombrent encore les joueurs 360. Délivré de ces défauts, Mass Effect s'exprime plus librement que jamais et propose une aventure exaltante, enchâssée dans un univers superbement cohérent. Certains défauts pourtant sont toujours de la partie, telle cette IA décevante, ces phases véhicules en carton et une durée de vie un peu limite. Rien qui n'empêche cependant Mass Effect de prétendre au titre de jeu enchanteur, à même de ravir les fans de space operas classieux et intelligents. Une fois encore, un grand merci à Bioware pour tant de générosité.

Profil de hiro
L'avis de hiro
MP
Journaliste de jeuxvideo.com
05 juin 2008 à 16:42:42
18/ 20
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L'avis des lecteurs (664)
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17/ 20
Mis à jour le 05/06/2008 Voir l'historique
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