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Test : Victi
PC
Victi
AvantArrière
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L'avis de aiste
MP
Journaliste jeuxvideo.com
20 juin 2006 à 18:00:00
5/20

Lecteurs Jeuxvideo.com
L'avis des lecteurs (3)
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3/20
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Le premier jeu d'un studio indépendant, et français de surcroît, est toujours un événement important. L'initiative est ici doublement courageuse puisque c'est sur le modèle de distribution uniquement online, et sans l'intermédiaire d'un éditeur, que Victi parvient au grand public. Et, tout comme l'adaptation de Bone, la bande dessinée de Jeff Smith, c'est le genre point and click qui constitue le fond de cette première production signée freegamer.net. En contraste à cette typologie si classique et usitée, la toute petite équipe a décidé de marquer les esprits par un enrobage graphique et narratif pour le moins singulier. Fausse parade ou vraie bonne idée ?

Victi

Ca ressemble un peu au discours suivant. A la majorité, le produit consensuel, tiède et mou du genou. Au curieux, la scène indépendante, libre de tout enclavement, et prête à faire exploser la sensibilité visuelle et ludique de chacun. En bon produit "autre", Victi ne s'embarrasse pas du goût des autres. Son aspect graphique est brut et austère, son histoire abstraite et surréaliste. C'est un scénario concept, comme une pièce de théâtre de Sartre ou les deux derniers films de Trier : dans un espace clos et rigoureusement géométrique, le mal envahit insidieusement les lieux. Cette situation est la conséquence d'un drame initial, un conflit moral entre quatre frères-maîtres, des entités quasi divines qui maintenaient par leur fraternel équilibre une ancienne civilisation. Alors que cette dernière a disparu, ses vestiges continuent à traverser les temps et l'espace, posées sur un astéroïde qui file. Mais le mal, ici représenté par l'infini spatial, va bientôt avaler ces illustres lieux sacrés et il faudra bien toute la persévérance du dernier survivant parmi les quatre frères pour opposer une résistance à cet anéantissement définitif. Cet avatar qui sera le vôtre est aussi un personnage d'une très grande violence, pour ne pas dire d'une grande inhumanité.

Victi
Le fameux travelling en profondeur bien mal pensé pour revenir en arrière.
Ainsi va le fil narratif, entre souvenirs de l'ancienne dispute avec les trois autres frères, et affrontement direct avec l'incarnation du mal. Le background pompe tantôt sur la mythologie, les frères créateurs d'une civilisation, tantôt sur la psychologie bon marché, le ressenti cruel et matérialiste de notre avatar sur ce qui l'entoure. L'ensemble donne dès les premières secondes une impression de huit clos très, trop étouffant, où l'on doit digérer dans le même temps le caractère parfaitement détestable de notre personnage, Dehon, le passé des lieux et l'invasion du mal qui ne se gêne pas pour manifester sa présence assez souvent, et surtout, un environnement sec, pour ne pas dire effrayant de froideur. A la manière du récent film Renaissance, Victi se repose sur une composition très majoritairement en noir et blanc, où surgissent par instants des objets en couleurs.

Victi
On peut anticiper ces pièges mortels. Ce n'est tout le temps le cas !
En se limitant à une palette aussi binaire, Victi dénote, c'est sûr. Mais, objectivement, le résultat est vraiment malheureux. Certains tableaux, d'abord, sont bien trop chargés, et multiplient les éléments fins et difformes, à tel point qu'on a très rapidement du mal à distinguer décors et objets, architecture et zones contextuelles. A l'inverse, d'autres parties du jeu sont quasi vides et donc, pour le coup, cette fois-ci, complètement abstraites. Quant aux objets colorés, leur vivacité fluorescente gâche complètement leur insertion et amplifie la grossièreté de leur dessin. D'ailleurs, si le trait des décors transite entre l'agréable, pour certaines structures blanches - donc lumineuses, et parcourues par de fins éléments -, et le franchement commun, les personnages sont par contre totalement insignifiants. Dans l'ensemble, l'aspect visuel évoque le chaos, mais pas forcément dans le bon sens du terme.

Victi
Certains tableaux ont du cachet.
En une petite heure de jeu, Victi se dégonfle complètement. Les erreurs d'écriture, de design ou d'équilibrage de la difficulté affligent même le joueur tolérant, qui attendait seulement un point and click bien fini. Hélas... Les erreurs de design graves sont légion. A commencer par la prise en main, plombée par des caméras aux placements douteux. Deux types de maladresses surviennent fréquemment : d'une part, deux caméras successives dont les orientations sont opposées, ce qui entraîne un contre-pied bien gênant. D'autre part, un système de travelling le long d'un couloir ou l'espace entre le perso et la bordure inférieure de la caméra est trop réduit. Résultat, on passe un temps fou à revenir en arrière, en cliquant frénétiquement et bêtement vers soi.

Victi
Et d'autres largement moins.
Si les clés des énigmes ne sont jamais trop flagrantes ou trop vagues, la distance entre l'indice et l'énigme correspondante est toujours démesurée et jamais cohérente. On passe bien trop de temps à aller d'un point A à un point B pour passer une seule petite étape de plus... quand on ne meurt pas en chemin ! En effet, quelques pièges vous enverront rejoindre vos frères sans vous laisser la moindre seconde chance. Pire : il est impossible d'éviter certaines de ces zones sans en avoir fait l'expérience au moins une fois. Le point and click, genre relativement calme et perméable, n'en devient alors que plus austère. Le jeu est aussi bien trop rigide. Pas de sauvegardes à la volée, des dialogues que l'on ne peut pas passer, des zones de détection trop étroites et capricieuses : il n'est pas normal de perdre tant de temps en jouant uniquement parce qu'on lutte contre tous ces petits problèmes de finition. Il est vraiment dommage de ressentir très souvent l'artisanat de la réalisation, le peu de moyens qu'il y a eu derrière. Mais il faut insister sur ce qui caractérise majoritairement l'échec de Victi, à savoir son austérité, cette désagréable impression de rester aux portes d'une oeuvre qui a été créée par et pour ses créateurs. Les dialogues sont souvent abscons, ridiculement grandiloquents et plats. L'ambiance sonore est minimaliste et peu mélodique. Tout manque de chaleur et de vie, Victi ne permet pas le jeu.

Les notes
  • Graphismes 10 /20

    Victi inaugure un clair obscur radical, ponctué par quelques touches de couleurs, et fondu dans une imagerie un peu steampunk, un peu futuriste. L'impression de vide domine néanmoins tout au long du titre, cet univers passe rapidement d'intrigant à austère. Certains éléments grossiers et des tableaux franchement minimalistes sont rougissants de honte. La technique n'est pas mauvaise mais mal exploitée.

  • Jouabilité 6 /20

    Comme si la mise en scène avait pris le pas sur l'ergonomie, les caméras sont souvent très mal placées. En ce sens, on digère très mal les nombreux déplacements incongrus pour résoudre les énigmes. Celles-ci sont assez bien pensées malgré tout. Mais quel dommage que la finition ne soit pas au rendez-vous : zones de sélection floues, pièges mortels incohérents, pas de sauvegardes à la volée...

  • Durée de vie 8 /20

    Comptez trois bonnes heures en prenant votre temps, donc en incluant les pertes de temps qui vous affligeront forcément. C'est court, même par rapport au prix du jeu : 13 euros.

  • Bande son 10 /20

    Comme une collection de sons pour n'importe quel groupe de New Wave sans inspiration, Victi arrive aussi à être musicalement très austère. Cela dit, il n'y a pas de faute de goût embarrassante pour autant. Les bruitages et les voix sont très moyens, à la limite de l'amateurisme.

  • Scénario 7 /20

    Il aurait fallu débroussailler un peu tout ça, essayer de moins noyer le joueur sous un amas d'informations lugubres et si solennelles dès le départ. L'histoire n'est pas mauvaise en soi, mais trop grossièrement exposée et surtout, surtout, manque énormément de chaleur.

Il arrive qu'une oeuvre se cache derrière une certaine austérité pour mieux révéler sa richesse aux plus persévérants. Victi ne cache malheureusement pas grand-chose, sinon un point and click pénible d'utilisation, un rendu singulier mais fatigant et peu lisible, ainsi qu'un univers désolé autant que désolant. Le jeu semble souvent n'être qu'un coup d'essai ou le brouillon d'un autre projet. Bien que largement moins cher qu'un jeu dans le commerce, Victi n'est donc pourtant pas très intéressant en l'état. Mais Freegamer ne doit évidemment pas s'arrêter à ce constat et offrir à leur prochaine réalisation davantage de consistance et de finition !

Profil de aiste
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Journaliste jeuxvideo.com
20 juin 2006 à 18:00:00
5/20
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3/20
Mis à jour le 20/06/2006
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