Test Fire Emblem : The Sacred Stones- Gameboy Advance

Gameboy Advance

Lorsque la GBA devient le champ de bataille privilégié des RPG tactiques, notre sang de rôlistes passionnés ne fait qu'un tour et nous nous lançons tels des damnés dans la fureur des batailles. Quelques instants suffisent pour que nous retrouvions les valeurs chevaleresques qui furent jadis celles de nos lointains ancêtres, et qui dirigeront notre ligne de conduite le temps de quelques parties mémorables dans un monde de seigneurs et de dragons.

Fire Emblem : The Sacred Stones

"Tout ce qui est or ne brille pas", dit-on. D'aucuns pourraient prendre l'exemple de la légende du Saint Graal, censé avoir l'apparence trompeuse d'une simple coupe en terre cuite. Dans notre cas de joueurs irrécupérables, nous penserons plutôt à Fire Emblem et à tous ces RPG moyenâgeux qui n'ont pas besoin de plus de quelques pixels pour nous transporter dans leur univers empreint d'onirisme. Si vous posez les yeux sur ces images relativement austères et que vous y voyez l'esquisse de conflits épiques menés tambours battants par des mages expérimentés, des chevaliers pégase vengeurs et de valeureux paladins, c'est que vous êtes prêt pour un voyage sans commune mesure sur le continent de Magvel, territoire privilégié des affrontements mémorables de Fire Emblem : The Sacred Stones.

Test Fire Emblem : The Sacred Stones Gameboy Advance - Screenshot 80On reconnaît les classes des personnages au premier coup d'oeil.

L'arrivée régulière de RPG tactiques en version PAL sur la Gameboy Advance est un don des dieux, et bien sot serait celui qui aurait l'outrecuidance de ne pas en profiter. Des titres de grand renom, tels Final Fantasy Tactics Advance ou Shining Force : Resurrection of the Dark Dragon, ont ouvert la voie, suivis par d'autres avec un peu moins de brio, à l'instar d'Onimusha Tactics ou du Seigneur des Anneaux : le Tiers Age. Dans cette grande famille de T-RPG, Fire Emblem constitue sans mal l'un des piliers du genre en perpétuant dignement l'héritage de ses nombreux ancêtres, puisque la série remonte tout de même à plusieurs dizaines d'années avec à son actif de multiples épisodes sur SNES et sur NES. C'est donc avec un respect véritable teinté de beaucoup d'admiration que l'on évoque Fire Emblem, et la sortie simultanée des derniers opus GameCube et GBA constitue clairement un événement comparable à l'alignement des planètes dans le système solaire, ou presque...

Test Fire Emblem : The Sacred Stones Gameboy Advance - Screenshot 81On découvre de nouvelles unités dans cet épisode.

Suivant le modèle du premier Fire Emblem qui narrait l'aventure de Lyndis, Eliwood et Hector au sein d'un royaume déchiré, le scénario de Fire Emblem : The Sacred Stones se déroule suivant plusieurs parties successives : une première avec Dame Eirika et une seconde avec Lord Ephraim. Liés par une relation fraternelle, ces deux héros sont les princes du royaume de Renais, l'une des nations du continent de Magvel. Pris en traître par l'assaut d'une nation voisine, leur père, le roi Fado, décide de défendre le château au péril de sa vie après avoir mis sa fille à l'abri. Alors que tous ignorent la position du prince Ephraim, Dame Eirika s'entoure d'une escorte pour tenter de former des alliances afin de reconstruire le royaume.

Test Fire Emblem : The Sacred Stones Gameboy Advance - Screenshot 82Nouveauté : une carte où l'on peut se déplacer librement.

Vous voilà donc investi d'une quête digne des croisades, avec la lourde tâche d'assurer la survie de vos nombreux compagnons. Car en dépit de leur grande volonté de se battre et de leur mépris du trépas, leur sacrifice ne constituera pour vous qu'un handicap de plus dans la mesure où toute unité vaincue disparaîtra définitivement de l'aventure sitôt qu'elle aura rendu l'âme. C'est d'ailleurs l'un des éléments qui caractérise la série des Fire Emblem depuis ses débuts, et qui rend chacun de ses épisodes aussi difficile. Avec ce système, le jeu n'offre la victoire qu'à ceux qui sauront mettre en place une stratégie parfaite, ce qui est loin d'être une mauvaise chose. La moindre erreur, que dis-je, la moindre inattention, et il faut irrémédiablement recommencer la mission en cours depuis le début. Un principe redoutable mais qui donne un réel sentiment de satisfaction à chaque nouvelle étape franchie.

Test Fire Emblem : The Sacred Stones Gameboy Advance - Screenshot 83Ah, les joies d'un bon vieux RPG tactique au tour par tour !

Conscients tout de même du caractère frustrant du premier épisode que l'on a pu découvrir précédemment sur GBA, les concepteurs de ce nouveau volet ont cherché à atténuer la difficulté en revoyant un certain nombre de choses qui s'avèrent salvatrices. La première réside dans le rajout d'un mode Facile qui, même s'il est loin d'être aisé, permet de bénéficier d'indications stratégiques très utiles, surtout pour ceux qui n'ont pas fait leurs premières armes sur l'opus précédent. La seconde chose, et sans aucun doute la plus importante, c'est la possibilité qui nous est offerte de se déplacer librement à travers le continent. D'une part, cela permet de se faire un peu d'expérience supplémentaire en menant à bien quelques missions secondaires, et d'autre part cela rend possible l'acquisition d'objets et d'armes dans les échoppes en dehors des missions. Si vous avez joué au premier volet, vous imaginez aisément à quel point ce simple ajout peut faciliter la progression, ou du moins la rendre moins fastidieuse.

Test Fire Emblem : The Sacred Stones Gameboy Advance - Screenshot 84Optez plutôt pour un arrière-plan lors des combats.

Toujours au chapitre des nouveautés, sachez que le convoi où est entreposé le matériel (armes, armures, sortilèges, items) est désormais directement relié au personnage principal, à savoir Eirika puis Ephraim. Autrement dit, le joueur n'est plus contraint de s'embarrasser d'une caravane qu'il doit protéger en plein coeur d'une bataille, et les transferts d'objets s'effectuent avec beaucoup moins de lourdeur. D'autres éléments nouveaux sont à prendre en compte en ce qui concerne les unités, avec notamment l'apparition de nouvelles classes de personnages, comme les aventuriers qui sont inexpérimentés mais qui peuvent rapidement évoluer en pirates ou combattants, et l'introduction de races inédites. Les humains ne sont plus les seuls acteurs de Fire Emblem et doivent désormais lutter contre toutes sortes de monstres, tels les revenants ou les squelettes. Enfin, on notera que les promotions sont plus ouvertes qu'auparavant, à savoir qu'il est enfin possible d'orienter l'évolution de ses personnages comme on le désire en optant entre deux promotions différentes pour chaque type d'unité. Autant d'éléments qui favorisent le confort de jeu et qui permettent au joueur d'éviter de frayer trop souvent avec la colère ou le désespoir.

Test Fire Emblem : The Sacred Stones Gameboy Advance - Screenshot 85Cette teinte poussérieuse traduit le caractère passé de cette scène clé.

Malgré tout, cela n'enlève absolument rien à la tension qui règne lors des batailles. Le moindre conflit ne peut être résolu que de façon mûrement réfléchie, en prenant en compte toutes les données stratégiques susceptibles d'intervenir en cours de jeu. Les déplacements des unités doivent être mesurés en fonction des protections offertes par les différents types de terrains. La notion de contre-attaque systématique, le triangle des armes et des magies, et la durabilité des armes sont également des composantes déterminantes dans la résolution des batailles, et l'on dispose toujours d'informations très complètes pour choisir précisément quelle stratégie adopter. Sans oublier les subtilités telles que le sauvetage d'alliés, la notion de relation de soutien entre les personnages et le niveau évolutif dans la maîtrise des armes. Le fait de devoir trouver le moyen d'enrôler des héros neutres et de convaincre des combattants ennemis de rejoindre l'autre camp apporte également beaucoup à l'intérêt des parties.

Test Fire Emblem : The Sacred Stones Gameboy Advance - Screenshot 86L'adversaire bénéficie de la protection offerte par les sommets.

Mais la qualité du système de jeu imaginé par l'équipe d'Intelligent System ne constitue pas le seul atout de Fire Emblem : The Sacred Stones. Là où certains T-RPG se contentent de proposer un enchaînement de missions non scénarisées, les chapitres de Fire Emblem sont enrichis par une histoire pleine de sérieux qui prend le temps de se développer entre chaque niveau au moyen de séquences de dialogues superbement illustrées. La qualité de la traduction française restitue parfaitement le caractère des personnages à travers les paroles qu'ils prononcent et qui empruntent des formulations soignées que l'on n'a plus l'habitude de voir dans un jeu vidéo. Pour ne rien gâcher, le character design est dans la lignée de la série, à savoir somptueux. Tous les protagonistes bénéficient ainsi d'un charisme incroyable qui les rend particulièrement attachants. Je pourrais encore faire un paragraphe pour vous dire à quel point ce nouveau Fire Emblem est prodigieux, mais je pense que vous aurez déjà compris la nécessité pour tout joueur digne de ce nom d'acquérir ce titre d'exception. Ayons la gratitude de lui réserver l'accueil qu'il mérite compte tenu des merveilles qu'il a à nous offrir.

Romendil, le 04 novembre 2005

Les notes

  • Graphismes 15/20

    On peut certes regretter le manque de modifications par rapport au précédent volet, mais le fait de conserver par exemple le design des unités permet de retrouver ses marques rapidement. Si les terrains sont un peu austères, il sont parfaitement lisibles et les combats sont joliment animés. Le character design est toujours aussi renversant.

  • Jouabilité 18/20

    Comment reprocher quoi que ce soit au gameplay de ce titre ? Le nombre d'éléments tactiques à prendre en compte est incroyable, et pourtant on ne se sent perdu à aucun moment. Le niveau de difficulté est d'ailleurs atténué par l'ajout pertinent d'une carte permettant d'accéder tranquillement aux échoppes et aux missions secondaires.

  • Durée de vie 15/20

    Un peu moins long que son prédécesseur, Fire Emblem : The Sacred Stones comporte 21 chapitres principaux, auxquels viennent s'ajouter les chapitres bonus, les missions annexes, ainsi que la tour de Valni et les ruines de Lagdou. Dans les Extras, on retrouve l'arène qui autorise les combats en link à 4 joueurs.

  • Bande son 15/20

    Le soft nous offre de bien belles mélodies et quelques thèmes épiques bien dans l'ambiance du jeu. Rien à redire non plus côté bruitages et on peut toujours accéder au Sound Test qui se débloque petit à petit.

  • Scénario 15/20

    L'histoire est excellente et les dialogues bénéficient d'une qualité de traduction impeccable qui contribue beaucoup à l'atmosphère chevaleresque du jeu. Les quêtes des deux héros principaux s'enchaînent de façon pertinente.

  • Note Générale17/20

    Héritier d'une série de T-RPG qui n'a plus à prouver sa valeur, Fire Emblem : The Sacred Stones n'a pour seul défaut que de vous rendre complètement accro aux jeux de rôles tactiques. Le soft reprend tous les éléments qui ont rendu culte son prédécesseur, en atténuant la difficulté extrême qui avait pu rebuter les adeptes du précédent jeu. Pour cette raison, et parce que les scénarios n'ont pas de lien entre eux, il est préférable de commencer directement par ce nouvel opus si vous voulez découvrir sereinement la série des Fire Emblem sur GBA.

    La note de la rédaction est une appréciation de la qualité générale du jeu, mais n'est pas une moyenne arithmétique des différents critères.

  • Note Lecteurs 18/20

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