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Test Geist sur NGC du 07/10/2005

Test : Geist
NGC

Contributeur

Peut-on séparer l'âme du corps, et en créer une image spectrale indépendante ? C'est cette question empreinte de mysticisme et de fantastique que cherche à évoquer Geist, propulsant les réflexions sur la conscience et sur la mort sur la scène vidéoludique. Néanmoins, le titre de Nintendo ne s'embarrasse pas de ces quelques pistes métaphysiques et utilise avec un plaisir visible la notion de fantôme. Que pourrait-on faire si l'on pouvait errer sans être vu, et prendre possession des choses et des êtres ? Là est toute la problématique du statut de spectre, et également sa liberté. Manipuler, tromper, surprendre, effrayer, sont les bases de la nouvelle "vie" de John. Les morts doivent-ils respecter les vivants ?

Totalement dans le rôle de l'esprit éthéré, Geist commence par causer un effroi notable, mélange de déception et de recul émotionnel. En effet, les premières minutes de jeu plongent dans un trouble désespoir, présentant un gameplay basique, une progression d'un classicisme sans bornes et surtout des répliques dignes des meilleurs épisodes de Walker Texas Rangers. De plus, même l'apparition de l'élément perturbateur, à savoir une créature tentaculaire issue visiblement des tréfonds de l'enfer, laisse passablement de marbre, charriant avec elle un amer goût de déjà-vu. Là, le pauvre joueur se demande bien où cette entrée en matière traumatisante va pouvoir le conduire. Et bien tout simplement à un second rebondissement bien plus prenant, qui, s'il n'est pas original, a le mérite de donner envie de poursuivre l'aventure. En effet, abattu froidement par l'un de vos coéquipiers possédé par on ne sait quoi ni qui, vous vous réveillez dans une position fort désagréable, après un long intermède d'une blancheur luminescente. C'est alors que vous serez séparé de votre corps et deviendrez une âme loin d'être apaisée, extirpée de son carcan de chair violemment et sans considération. Cloîtré dans vos rêves, stimulé pas un simulateur censé vous apprendre les rudiments de la forme spectrale, vous allez prendre acte de votre existence nouvelle au sein d'une ambiance réellement bien pensée. Effectivement, vous débutez le scénario véritable du soft dans un environnement bucolique, peuplé d'arbres et de rivières, où la joie de cette verdure calme et sereine laisse toutefois transparaître la froideur générale de cette tranche de nature virtuelle. Alors que vous auriez pu demeurer dans ces méandres accueillants durant de nombreuses heures, le décor qui vous sert de prison s'efface peu à peu, découvrant ses constructions en "fil de fer" semblables à Rez et sa falsification globale. Cet accès subit à votre vrai univers, moins coloré, plus angoissant mais portant la marque de la réalité, est l'oeuvre d'une jeune fille, fantomatique elle aussi pour d'obscures raisons. Vous guidant pas-à-pas au fil de l'aventure c'est elle qui va vous faire accepter votre forme et surtout entrevoir vos possibilités d'action.

Oups ! Quand on est un fantôme on ne contrôle pas vraiment sa force

Etant avant tout un FPS, Geist possède tout de même une approche fort calme du gameplay, le séparant de la concurrence sur ce point précis. Même si la série des Metroid Prime est une référence dans le domaine du FPA, alias First Person Adventure, le titre de Nintendo se rapproche nettement de ce dernier dans sa focalisation sur les rouages de la quête et non sur les affrontements. Car la progression ne se fait pas à coups de fusil-à-pompe, mais à l'aide d'une réflexion parfois poussée, se servant du principe même du soft, à savoir le changement d'identité. Concept très intéressant, bien que déjà approché dans The Nomad Soul ou Messiah, ce dernier permet de transiter de corps en corps et d'objet en objet dans le but de profiter des capacités de chacun. Par exemple, il vous incombera de prendre possession de rats pour emprunter des petits tunnels creusés dans les murs, d'ordinateurs pour ouvrir des serrures ou chercher des codes, ou encore des ouvriers bien définis afin de provoquer l'ouverture de portes qui leur sont réservées. Des situations de mise à l'épreuve d'apparence simples, mais qui vont se complexifier nettement par la suite, incluant l'obligation de tirer parti de plusieurs types de vaisseaux de chair ou de métal dans un même cas . Des énigmes pas foncièrement inventives dans l'ensemble, mais qui s'intègrent très bien dans la trame scénaristique et qui offrent un renouvellement d'expérience important au sein d'un genre souvent caractérisé par son aspect répétitif. D'autant qu'il faudra en sus trouver le moyen d'effrayer vos proies afin d'en occuper l'esprit. En fait, vous ne pourrez pénétrer dans une autre personne/bête qu'à la condition de lui avoir fait cruellement peur auparavant. A vous donc de trouver le bon stratagème pour réduire la confiance d'un garde ou surprendre un chien innocent. Assez limité de par le peu de solutions possibles pour un seul envoûtement, ce système offre toutefois un sentiment mêlé de perversité et de pouvoir moralement peu défendable, mais offrant un plaisir certain.

Juste pour faire des belles couleurs, j'aimerais bien posséder quelqu'un

De ce fait, vous évoluerez la plupart du temps sous la forme de mécaniciens, de chiens, de chauves-souris et sûrement de bien d'autres choses peu dangereuses par la suite, nécessitant une adaptation rapide à leur capacité, mais vous coupant de la lettre S de FPS, à savoir Shooter. Effectivement, les phases de combat pures et dures n'interviennent que par bribes, proposant un défoulement délectable et intense sur quelques minutes avant de reprendre l'exploration. Un parti pris loin d'être condamnable, mais qui casse quelquefois un rythme dans lequel il faut un peu de temps pour rentrer. A peine commence t-on à ouvrir le feu qu'il faut s'arrêter pour débuter un passage de recherche et vice versa. Toutefois, il reste le plus souvent possible de massacrer le groupe dans lequel on s'est incrusté avec une arme plus ou moins conventionnelle, brisant sa couverture et rendant l'avancée plus éreintante, mais aussi bien moins passionnante. Car la grande force de Geist est de donner le pouvoir de dominer sans être vu, de maîtriser totalement n'importe quel événement de façon grisante. En revanche, si l'on peut se targuer de régir ce petit monde dans l'ombre, il en va autrement du jeu lui-même, qui se montre sous un jour pas forcément avantageux. En effet, et malgré ces points positifs, le soft de n-Space s'avère bien trop classique dans le fond pour totalement convaincre. Proposant des phases de FPS molles et manquant d'options ludiques, comme le fait de ne pas pouvoir se baisser ou zoomer avec tel ou tel type de soldat, ou encore une I.A ennemie clairement lacunaire, Geist n'arrive pas vraiment à s'équilibrer. Il est bien évident qu'une possession ne laisse pas une personne complètement consciente de ce qui lui est arrivé, mais il aurait été plus crédible que cette dernière donne l'alerte une fois l'effet de surprise traumatique passé. De même, il est surprenant de voir des gardes se jeter sur vous par paquets de quatre ou cinq, sans essayer de se cacher, ni d'opérer un mouvement de recul.

Un bon petit trip dès le début du jeu, dans le style de Rez en plus bucolique

D'autant que graphiquement, Geist reste aussi un ton en dessous de ce qui se fait habituellement sur Gamecube. Gérant admirablement bien les effets lumineux et diffusant une ambiance glaciale très intéressante, il n'en reste pas moins que la modélisation générale demeure loin d'être satisfaisante. Les visages des protagonistes sont peu expressifs, tandis que les modèles corporels s'avèrent bien trop anguleux. De même, les textures, peu détaillées et pas foncièrement diversifiées ne font pas vraiment honneur aux capacités de la console de Nintendo. Heureusement, l'animation reste correcte, associée à des mouvements suffisamment bien décomposés pour donner un tant soit peu de crédit aux attitudes des divers intervenants. Attendu comme une sorte de renouveau du FPS sur Gamecube, Geist remplit en partie sa fonction, en exposant un gameplay original et intelligent, mais entaché par des phases d'action bien trop laxistes. Plastiquement mitigé, bien que digne d'attention au niveau scénaristique, le soft de Nintendo se plonge dans un déséquilibre qui ne fait pas de lui un mauvais jeu, mais une aventure de seconde classe qui avait des capacités bien supérieures. Etre un spectre de haute lignée n'est pas donné à tout le monde.

Les notes
  • Graphique 14 /20

    Malgré des effets spéciaux léchés et la présence d'une ambiance froide entre modernité et occultisme, Geist ne profite pas des capacités de la Gamecube et se contente d'afficher des textures en retrait, par rapport à des productions même moins récentes, et qui plus est peu détaillées. De plus le manque de finition des visages et des corps des divers protagonistes donnent à Geist un goût d'inachevé. Heureusement le titre reste fluide et l'animation s'avère convaincante et souple.

  • Jouabilté 14 /20

    Possédant un gameplay original et au rythme général étonnant pour un FPS, apportant une manière de gérer les énigmes proposées de façon intelligente, Geist ne parvient toutefois pas à garder un équilibre dans sa globalité. En effet, les phases purement FPS restent particulièrement mal mises en place, n'offrant que peu d'options ludiques et se bornant à du tir intensif sans réflexion, ni manoeuvres spécifiques. De même, les réactions des ennemis demeurent totalement fantaisistes, animées par une I.A peu favorisée et visiblement pas en accord avec la thématique du jeu.

  • Duree 15 /20

    Le titre en lui-même semble se dérouler relativement rapidement, restant dans la moyenne de la majorité des FPS, mais propose un principe de gameplay tel qu'il est intéressant de tenter plusieurs solutions pour résoudre une énigme, même si au final une seule fonctionne. D'autre part, la présence d'un mode multi amusant et assez imaginatif augmente quelque peu la durée de vie.

  • Son 14 /20

    Les différentes compositions musicales présentes dans le titre s'avèrent relativement déséquilibrées, pouvant passer du thème d'action emphatique et prenant, au morceau d'ambiance fleurant bon le synthé des années 80 diffusant une mélodie simpliste. Néanmoins, dans sa globalité, la bande-son permet aisément de se plonger dans l'ambiance du soft. Le doublage, quant à lui, nous gratifie d'une qualité générale convaincante, même si certaines voix ne collent pas très bien aux personnages affiliés.

  • Scénario /

    -

Loin d'être le grand FPS Gamecube que nombre de personnes attendaient, Geist n'en est pas moins un titre honnête, utilisant à son avantage une certaine originalité et un schéma de progression plus qu'intéressant. Le changement d'identité reste une excellente idée, aboutissant à des modifications de gameplay réjouissantes et à un renouvellement régulier. Toutefois, à cause d'une qualité graphique moyenne, et d'un déséquilibre global, Geist ne parvient pas à monter sur les hautes marches du FPS console, mettant de côté sa nature profonde. Cruelle errance.

Profil de Killy
L'avis de Killy
MP
Journaliste de jeuxvideo.com
07 octobre 2005 à 18:00:00
13/ 20
Lecteurs Jeuxvideo.com
L'avis des lecteurs (40)
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15/ 20
Mis à jour le 07/10/2005 Voir l'historique
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