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Resident Evil 4
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Une maniabilité sortie d'une chrysalide
S'il y a une chose qui a été totalement repensée dans Resident Evil 4, c'est bel et bien le gameplay. Mais avant de passer aux nombreuses nouveautés inhérentes à la jouabilité, passons tout d'abord en revue ce qui est en provenance des autres épisodes.
Avant toute chose il s'agit toujours d'un survival-horror à la troisième personne. Vous y dirigerez Leon (ainsi qu'Ashley durant un bref instant) qui est vu de dos. On retrouve également dans cet opus le mélange action/énigmes si cher à la saga. En somme, votre boulot consistera à tirer sur tout ce qui bouge, exception faite de vos alliés que vous pouvez tuer (prudence donc !), à ramasser les objets de soins et les munitions cachés dans des caisses ou des tonneaux destructibles, des meubles, etc. De plus, vous trouverez divers documents disséminés dans plusieurs endroits qui vous en apprendront un peu plus sur les personnages, les monstres ou l'intrigue générale. Pour ce qui est des énigmes, rien ne change vraiment, la plupart d'entre-elles consistant simplement à trouver plusieurs parties d'un objet qui vous serviront à ouvrir une porte ou à débloquer des mécanismes.
L'inventaire est plus ou moins similaire à celui que nous connaissons bien. En appuyant sur le bouton Y, vous pourrez à tout moment avoir accès à vos objets entreposés dans un attaché-case, combiner différents items comme les fameuses plantes médicinales ou jeter un oeil à la carte du niveau, cette dernière étant aussi accessible en appuyant sur la bouton Z. De plus, vous aurez aussi la possibilité de consulter les fichiers que vous aurez acquis, ou d'admirer les objets clés que vous avez dans votre besace. Les déplacements des personnages sont aussi similaires à ceux des autres Resident Evil. Le retour rapide à 180° (par la combinaison de touches Arrière + B) vous permettra de prendre plus rapidement la fuite et on regrettera seulement la lenteur de Leon quand il vise, l'absence de straff ou l'impossibilité de tirer en courant, ceci étant problématique, surtout quand vous êtes encerclé par une horde d'ennemis.
Passons maintenant aux très nombreux apports qui profitent à Resident Evil 4. Commençons par les actions de Leon. Tout d'abord, le jeu se joue désormais dans un format cinémascope (histoire d'accentuer un peu plus le côté "film" du soft) et le personnage que vous dirigerez sera positionné à gauche de l'écran et qui plus est coupé au niveau de la taille. Si Capcom avait annoncé avoir choisi ce mode de visualisation proche d'un FPS afin que le joueur rentre plus facilement dans le jeu, le tout étonne quelque peu et il vous faudra une heure ou deux pour vous y faire. Le stick analogique gauche vous servira à déplacer le personnage alors que le stick droit vous permettra de regarder autour de vous. Le stick analogique droit vous servira aussi à vous tirer de l'étreinte d'un ennemi lorsque ce dernier vous attrapera. Ainsi si le gameplay agace à certains moments, surtout quand on regarde constamment le sol pour voir si un piège à loups ne traîne pas dans les parages, on finira par adhérer au concept qui nous fait dire que ce que nous ne voyons pas est encore plus terrifiant que ce qui se trouve sous nos yeux. Par contre, vous n'aurez aucun mal à trouver les objets qui traînent sur le sol puisque des cônes lumineux de différentes couleurs (vert pour les objets de soin, rouge pour les munitions...) apparaîtront pour vous montrer leur emplacement.
Ensuite le principal apport de cet épisode se situe au niveau de la visée laser que toutes vos armes posséderont, exception faite du fusil de snipe et du lance-missiles qui disposent d'un viseur. Ceci vous sera alors grandement utile pour toucher un membre des ennemis qui vous charge. Par exemple, en touchant la jambe de votre adversaire, ce dernier chancellera et vous pourrez plus facilement réaliser un head shot. Vous pourrez aussi viser un bras afin de désarmer un ennemi ou pour faire en sorte que votre adversaire lâche sa torche qui lui tombera très souvent dessus, ceci ayant pour effet de l'immoler. Une autre technique très utile (et dont le jeu nous incite à abuser) consistera à viser la tête afin que votre ennemi soit désorienté puis, à très vite aller près de lui pour lui porter un coup de pied afin de le mettre à terre. Dans la foulée, vous n'aurez plus qu'à viser la caboche pour la lui faire exploser. Notez également que vous pourrez à tout moment utiliser un couteau (en appuyant sur la touche L), cette arme servant davantage à casser des objets destructibles que pour l'attaque à proprement dite, surtout quand on connaît la vélocité des ennemis qui n'auront de cesse d'éviter vos balles en bougeant au dernier moment. J'allais aussi oublier de mentionner qu'il est désormais impossible de recharger en passant par l'inventaire et que cette action se fera uniquement dans le jeu. L'idée est très bonne et finira de mettre la pression sur le joueur face à une aventure qui attend des réactions rapides de votre part. A propos de moyens offensifs, on retrouve un bonne panoplie d'armes (magnum, fusil à pompe, Beretta, mitraillette, uzi, lanceur de mines...), et vous pourrez upgrader ces dernières en passant chez un marchand.
Un marchand ? Quel marchand ? Et bien, dès le début de l'aventure, vous croiserez la route d'un vendeur itinérant qui se retrouvera comme par miracle à d'autres endroits du jeu, généralement près d'une sauvegarde. Pour info celle-ci se présente toujours sous la forme d'une machine à écrire mais vous n'aurez plus besoin de ruban encreur pour enregistrer votre partie. Mais revenons à notre marchand. Celui-ci, moyennant finances, vous offrira plusieurs services. Vous pourrez lui vendre des objets, en acheter ou upgrader vos armes. Si la première option n'aura pour unique but de récolter un peu plus de Pesetas (eh oui le jeu se déroule avant le passage à l'Euro), sachez également que vous pourrez récupérer de nombreuses piécettes en battant des boss, certains ennemis communs laissant aussi parfois derrière eux de l'argent ou des items. De plus, de très nombreux joyaux, bijoux anciens ou objets de collection pourront être trouvés puis revendus à bon prix. Vous pourrez aussi revendre les armes qui ne vous intéressent plus mais ayez bien en tête que vous vendrez toujours à perte, par rapport au prix d'achat de l'arme. Justement, en ce qui concerne l'achat, vous aurez le choix entre plusieurs armes, des sprays ou des équipements pour améliorer vos flingues. Rien de tel par exemple qu'un viseur plus performant pour votre fusil de snipe ou encore une crosse pour stabiliser votre mitraillette. Enfin, vous aurez aussi la possibilité d'acheter des cartes au trésor (un X marquant alors l'emplacement des trésors sur la carte du niveau), un gilet pare-balles ou des attachés-cases de plus grande taille. Ceci est d'autant plus important que votre mallette (constituée de cases) ne pourra contenir qu'un certain nombre d'items. Chaque arme ou objet prenant un certain nombre de cases, vous devrez parfois changer de position à vos "bibelots" (en hauteur ou en largeur), histoire de gagner un peu d'espace. La troisième possibilité concerne l'évolution de vos armes. Chacune d'entre-elles bénéficiera de 4 upgrades (+ un dernier qui vous permettra de booster de façon phénoménale la puissance de votre arme), constitués de plusieurs niveaux, qui concernent la puissance de feu, la vitesse avec laquelle l'arme tire, la vitesse de rechargement et enfin la capacité de munitions que peut contenir l'arme. A l'image du choix d'objets qui grandira à mesure que vous progresserez dans le jeu, les évolutions pour les armes suivront le même chemin. Ce qui fait que vous aurez tôt fait d'économiser pour vous payer l'upgrade qui vous intéresse, sachant que le prix des évolutions sera bien évidemment croissant.
En ce qui concerne Ashley, sachez que vous devrez la sauver plus d'une fois, la captive ayant le don de se mettre dans des situations impossibles. Une fois à vos côtés, vous devrez la protéger de ses agresseurs, ceux-ci pouvant essayer de la tuer ou de la kidnapper à nouveau. A ce stade, vous devrez très vite tirer sur son agresseur afin de lui faire lâcher Ashley et ce avant qu'il n'atteigne une des sorties de l'endroit où vous vous trouvez, auquel cas, le Game Over interviendra immédiatement. Pour éviter ce genre de désagrément, vous pourrez donner deux ordres à l'adolescente pour qu'elle vous suive ou au contraire qu'elle reste immobile. A certains moments, vous pourrez même faire en sorte qu'elle se cache dans des armoires ou dans des containers pour vous occuper tranquillement de vos adversaires. Ce système d'ordres emprunté au Partner Zapping de Resident Evil 0 vous permettra également de combiner vos efforts avec ceux d'Ashley pour résoudre quelques énigmes. Malheureusement, le tout n'est pas plus évolué que dans le jeu susnommé et le tout tient plus de l'anecdote. Cependant, le fait de servir de nounou à l'adolescente est une idée formidable qui doublera d'autant plus la tension sans oublier l'attention du joueur. Car devoir sauver sa peau est une chose mais faire en sorte de protéger la vie d'une tierce personne en est une autre. Ceci est d'autant plus pernicieux que le petit bout de femme aura la désagréable habitude de se recroqueviller sur elle-même et de ne plus vous écouter si les ennemis s'approchent trop d'elle, stressant à plus d'un titre ! Comme je le précisais plus haut, vous pourrez diriger Ashley durant quelques temps mais avouons que si le tout est bien amené, cela n'offre pas beaucoup d'intérêt. Après, je dois dire que cette phase est rafraîchissante et permet de souffler un peu, enfin si je puis dire, puisque l'adolescente ne sera pas armée et pourra uniquement jeter des lampes à la figure des ennemis, histoire de réchauffer l'atmosphère. En somme, vous devrez privilégier la fuite (en rampant sous des tables ou dans des passages étroits) et résoudre quelques énigmes pour faire avancer le scénario.
Le jeu compte également d'autres nouveautés qui doivent énormément à Metal Gear Solid. Ceci est d'autant plus flagrant qu'on se demande parfois si Kojima Hideo n'a pas participé au développement de Resident Evil 4. Si on passera rapidement sur les ennemis cachés derrière un bouclier qui s'approcheront de vous en toute sécurité, on retiendra aussi des dialogues radio entre Leon et son agent de liaison qui font furieusement penser aux phases de CODEC de MGS. L'autre point commun entre MGS 3 et RE 4 vient du fait que vous pourrez tirer sur des poissons puis les manger pour restaurer votre énergie. D'ailleurs vous pourrez aussi ramasser des oeufs de poules (qui auront le même effet que les poissons) ou tirer sur des serpents afin de récupérer également un oeuf... Oui je sais, c'est étrange mais on appréciera le clin d'oeil à destination de la série phare de Konami. Par contre, ne vous amusez pas à tuer une pauvre vache, cette dernière ne pouvant être dévorée. Enfin, l'aspect cinématographique très appuyé de plusieurs cinématiques renvoie directement au hit de Kojima. Et autant dire que le tout est diablement efficace puisque les ralentis alliés aux cadrages savamment choisis donnent un cachet magnifique à plusieurs séquences.
Terminons par la difficulté du titre et sa durée de vie. Que dire à ce niveau si ce n'est que c'est tout simplement parfait. Vous commencerez le jeu en mode Normal qui une fois terminé vous donnera accès au mode Professionnel. Ceci dit, Resident Evil 4 est beaucoup plus difficile que ses aînés. Rien d'infaisable, certes, mais le côté action est désormais beaucoup plus présent et il vous faudra souvent recommencer de nombreuses fois certains passages avant de les réussir. Les sauvegardes sont bien placées tout comme les check-points, ce qui évitera au joueur de piquer des crises de nerfs. Les munitions sont nombreuses mais vos ennemis sont également beaucoup plus résistants, un paysan demandant très souvent une dizaine de balles pour être éliminé. Vous comprenez maintenant pourquoi il convient d'utiliser la technique du head shot. Notez aussi qu'un simple villageois pourra désormais vous tuer en deux ou trois attaques (du moins en début de partie) et que le Nemesis du titre (l'homme à la tronçonneuse) pourra vous tuer sur le coup en vous décapitant. Les boss, eux, demanderont très souvent une technique particulière pour être battus et vous devrez faire preuve de pugnacité pour découvrir le point faible de certains. Question durée de vie, c'est simplement faramineux : Entre 18 et 20 heures pour votre première partie en prenant bien son temps. Et là, je me demande si vous vous rendez compte du travail de Capcom ? C'est simplement gigantesque, puisque la durée moyenne d'un survival-horror n'est que de 8 à 10 heures. De plus, je tiens à souligner que vous effectuerez peu d'allers-retours en comparaison des autres épisodes. Bref, voici bien un des gros points forts de RE 4, d'autant qu'à peine fini, le joueur n'aura qu'une envie : Recommencer l'aventure. Et là je crois que tout est dit.
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