Dossier - Resident Evil 4 - JeuxVideo.com - page 3

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Raconte-moi une histoire

L'histoire de Resident Evil 4 repose sur les mêmes bases que ses prédécesseurs. Le cheminement est à peu près similaire à ceux des autres épisodes mais en contrepartie l'aspect cinématographique de l'ensemble ainsi que la présence de nombreux personnages déviants, apportent une ambiance très proche de celle du Code Veronica. Pourtant le squelette de l'intrigue est des plus friables. Vous incarnerez le sieur Leon Scott Kennedy qui a été envoyé en Europe par le président des Etats-Unis pour y retrouver sa fille, Ashley, kidnappée il y a peu. On passera sur certaines incohérences (on imagine mal le président américain envoyer un seul homme plutôt qu'un commando armé pour sauver la chair de sa chair) pour se gorger d'une intrigue qui va très vite évoluer vers quelque chose de beaucoup plus ténébreux. Ainsi, Leon ne tardera pas à se rendre compte que tout ne tourne pas rond dans le village où a été aperçue la demoiselle en détresse. Agressé par des villageois anormalement violents, poursuivi par des individus dotés d'une force prodigieuse, mis en joue par des êtres rongés par une haine indicible, notre mercenaire sera vite devant le fait accompli : Sa mission de sauvetage passera d'abord par sa propre survie.

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Si le scénario de Resident Evil 4 n'est pas un modèle du genre, il a au moins le mérite de faire intervenir la belle Ada Wong qui de simple "laborantine mystérieuse" dans Resident Evil 2 se transforme en une James-Bond Girl vénéneuse qui sait jouer de sa grande beauté et de ses talents d'espionne. Mais attention car si la construction du titre est dans la droite lignée des autres épisodes, on est malgré tout plongé dans une ambiance brumeuse qui réussit parfaitement à utiliser le charme énigmatique des lieux visités. On constate aussi que si le premier tiers du titre aurait pu tout aussi bien se dérouler dans l'Amérique profonde, la deuxième partie du soft est bel et bien rattachée aux vieux continent sous la forme d'un vaste château gothique, superbe sous tous rapports, qui n'aura de cesse de vous émerveiller. La fin du jeu est elle aussi très intéressante et si on retrouve plusieurs environnements indissociables de la saga (un complexe militaire notamment), il est surprenant de se retrouver dans certains décors qui renvoient par exemple à l'ancienne Egypte. En ce sens, le découpage du jeu est assez similaire à celui de Veronica qui tirait lui aussi partie de lieux disparates tout en conservant une homogénéité dans la progression. Resident Evil 4 profite également de cette cohésion paradoxale qui fait qu'on ne doute jamais de ce que vit Leon malgré la diversité des lieux visités.

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Pourtant avec des influences aussi diverses qu'Assaut, Alien, Massacre A La Tronconneuse, l'Invasion Des Profanateurs ou Le Seigneur Des Anneaux, le pari n'était pas gagné d'avance. Et c'est bien là qu'on reconnaît le génie de Mikam, car réussir à créer des scènes d'action démentielles tout en induisant un sentiment de solitude n'est pas chose aisée et si le tout n'est pas millimétré, on peut rapidement tomber dans le n'importe quoi. Bien entendu, on pourra peut-être critiquer la dernière partie du jeu et son aspect "technico-militaire" qui tranche radicalement avec le reste mais une fois encore, ceci s'inscrit plutôt bien dans l'histoire.

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La dernière chose que je souhaiterai évoquer tient aux personnages du jeu et plus particulièrement à leur psychologie. Non pas que ce Resident Evil soit largement au-dessus du lot mais une fois de plus, c'est bien l'aspect européen qui profitera le plus au jeu. De l'accent espagnol de Luis (un individu que vous croiserez à plusieurs reprises) au charme désuet et grotesque de Salazar (que je vous laisse découvrir par vous-même) en passant par le côté ecclésiastique de Saddler (le chef d'un culte satanique), Resident Evil 4 installe confortablement quelques marionnettistes qui n'auront de cesse de manipuler ce pauvre Leon. Malheureusement, nous n'échapperons pas à quelques faiblesses scénaristiques qui feront passer certains protagonistes pour de la chair à canon. Mais les individus récurrents étant peu nombreux, on se satisfera malgré tout du travail réalisé sur ces derniers afin qu'ils marquent nos esprits. De plus, Ada Wong et le dénommé Krauser (un ex-camarade de Leon) seront là pour faire la jonction avec la mythologie Biohazard ou tout simplement pour apporter quelques explications sur le pourquoi du comment. On regrettera par contre que le personnage d'Ashley ne soit pas plus développé, l'adolescente étant finalement une pauvre victime de plus, un brin transparente et assez stéréotypée.

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Si de prime abord, on peut penser que le scénario donne dans le déjà-vu, disons que la charpente de Resident Evil 4 est assez solide et que certains clins d'oeil aux fans (comme ce joyau inséré dans l'oeil droit de la tête de cerf) feront naître sur notre visage un sourire malicieux plein de naïveté. Evitant le piège de la redondance trop marquée, réussissant à surprendre le joueur par une mise en scène parfois pleine d'audace, parfois très hollywoodienne, ce quatrième épisode réussit à captiver le joueur qui ne peut que se demander ce que va lui réserver la suite. Et comme vous le savez, une fois que vous avez réussi à capter l'attention du public, le reste n'est que pure formalité.

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