Dossier - L'Histoire des Machines à Jouer - JeuxVideo.com - page 6

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L'Histoire des Machines à Jouer

PC-Engine, Neo Geo, 3DO et leurs copains

Les années 1993 et 94 furent riches en évènements très divers mais globalement, c'est toute la décennie qui aura été le théâtre de petits drames et de réjouissances. Si jusque là je n'ai mentionné que Nintendo et Sega sur la période des années 90, on aurait bien tort d'oublier les autres protagonistes. S'il n'a jamais rencontré un grand succès commercial, Nec a pourtant doté le monde d'une petite merveille répondant au nom de PC-Engine, première véritable console 16 bits sortie peu avant la Megadrive et accessoirement, la seule à avoir supporté le format CD-Rom d'emblée. Techniquement, c'était une petite bombe aux graphismes ciselés. Elle remporta un énorme succès au Japon mais sa distribution, notamment en Europe, fut catastrophique, on ne trouvait la PC-Engine et ses diverses déclinaisons (CoreGaphx) que dans les bonnes boutiques d'import.

Une autre machine marginale mais parfaitement culte : la Neo Geo qui faisait figure de machine de luxe, à plus de 3 000 francs la bête (dans les 550 Euros pour les petits jeunes) et avec des cartouches de jeux dont le prix pouvait atteindre 2 000 francs ! Le prix d'une bécane normale. Plus qu'une simple console, La Neo Geo de SNK était en vérité une borne d'arcade personnelle sur laquelle tournaient (et tournent toujours) une flopée de jeux de baston ou de tir sur des cartouches qui renfermaient des cartes similaires à celles des bornes SNK. Une légende, simplement hors d'atteinte pour la grande majorité des joueurs (en gros, c'était un truc de bourges passionnés quoi).

D'autres systèmes parfaitement anecdotiques verront le jour au cours des années 90, sans même parvenir à rencontrer un succès d'estime, l'Amiga CD 32 ou la GX 4000, une console signée Amstrad qui a fait un tel flop qu'on n'a même pas eu le temps d'en faire un sujet de plaisanterie. Quoique pour en avoir approché une, je dois dire que son pad était assez drôle.

Si les deux héros de cette époque n'ont jamais vraiment craint la concurrence jusqu'à cette année 1993, ils verront en revanche d'un sale oeil l'arrivée d'un petit nouveau : 3DO. D'ailleurs, à cette période on assiste à quelques retours plus ou moins spectaculaires puisque coup sur coup on verra ressurgir Nec avec la PC-FX et Atari avec sa Jaguar.

Pour l'heure, 3DO, késako ? En premier lieu, une société fondée par Trip "Ultra Brite" Hawkins, le créateur d'Electronic Arts et de nombreux hits intemporels, mais également une idée, celle d'un standard ludique. L'idée en question consiste simplement à développer une architecture de base, celle d'une console 32 bits, et d'en vendre la licence à d'autres constructeurs, les premiers signataires furent de grosses pointures de l'électronique telles Panasonic ou Matsushita qui mirent les premières consoles 3DO en vente. Il est indéniable que sur le plan technique, la console en a dans le ventre - inaugurant même la 3D de salon - et son concept même est aussi osé qu'intéressant. Du côté des applications, 3DO ne contrôlant absolument pas ce qui sort sur ces machines (dans un esprit "open source"), on y trouvera un peu de tout : pas mal de jeux puisqu'il s'agit originellement d'une console, mais également des ludo-éducatifs, des encyclopédies, des vidéos (pas toujours très recommandables d'ailleurs, hem), des films interactifs (on ne rit pas) etc. Ce qui lui a peut-être donné un petit air de CD-I de Philips qui n'a pas dû arranger les choses. Mais rien n'y fera, bien trop chère (entre 600 et 700 dollars !), déroutante, la 3DO ne tiendra pas et en 1995, c'est la fin de l'aventure. 3DO en tant que marque ne disparaît pas pour autant, changeant son fusil d'épaule il devient éditeur software.

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