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Test : Leisure Suit Larry : Magna Cum Laude
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Leisure Suit Larry : Magna Cum Laude
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Journaliste jeuxvideo.com
11 novembre 2004 à 18:00:00
7/20

Lecteurs Jeuxvideo.com
L'avis des lecteurs (10)
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14/20
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Généralement, lorsqu'on veut se replonger dans un bon souvenir, on sort un album photos ou on visionne le petit film de famille tourné par tonton Gérard. Chez Sierra, ce n'est pas comme ça que ça marche. Pour nous rendre nostalgiques de la série Leisure Suit Larry, on nous sort un tout nouveau jeu. Ah oui, c'était vraiment bien Larry... avant.

Leisure Suit Larry : Magna Cum Laude

Avant même que ne débute la guerre du jeu d'aventure opposant Sierra à LucasArts dans les années 90, il y avait une série qui ne ressemblait à aucune autre, puisqu'elle visait un public un peu plus adulte. On y suivait les déboires "sentimentaux" d'un looser de première, et ça s'appelait Leisure Suit Larry. En sept épisodes aussi farfelus qu'hilarants, Larry nous ouvrait les portes de son univers très en dessous de la ceinture. On se plaisait à suivre sa petite vie misérable, jubilant presque à l'approche de chaque nouveau râteau qu'il ne manquait pas de se manger. En matière de sexe, Larry est du genre à beaucoup en parler, sans pour autant pratiquer, faute de partenaires. Si la série tournait toujours autour des tentatives désastreuses du héros pour ramener une nana dans son plumard (ou même ailleurs, Larry n'a jamais été difficile), elle parvenait à rester digne et à ne pas systématiquement tomber dans l'humour gras de bas étage. C'est bien pour ça qu'on aimait Larry et que la série restera gravée dans la mémoire de ceux qui l'ont essayé.

Leisure Suit Larry : Magna Cum Laude
Les discussions prennent une tournure conforme à l'icone que vous touchez.
8 ans ont passé depuis le septième et dernier volet en date. Sierra a jugé bon de sortir Larry de sa retraite anticipée mais pour son retour, rien n'est comme avant. De la réalisation, à l'humour, en passant par le type même de jeu, tout a changé. Pour commencer, on ne contrôle plus exactement le Larry que l'on connaissait mais son neveu qui a la bonne idée de porter le même prénom que lui. Petit Larry ressemble comme deux gouttes d'eau à son oncle : il a le même physique désavantageux, mais surtout le même appétit sexuel qui le pousse à chasser la donzelle à longueur de journée. On se demande d'ailleurs ce que fait ce collectionneur de vestes à la fac. Sur le campus, il ne pense qu'à une seule chose, draguer toutes les paires de seins qui passent à hauteur de ses yeux.

Leisure Suit Larry : Magna Cum Laude
Une distribution de prospectus pour gagner un peu d'argent.
Depuis le lancement de la série, les mentalités ont changé. Le sexe est présent partout à la télévision, à la radio, au cinéma et pour Sierra, il n'était pas question de revenir aux aventures gentiment érotiques des débuts, il fallait passer à la vitesse supérieure. De toute manière, une fois couvert sous le logo d'une classification d'âge réservant le jeu aux adultes, Sierra pouvait s'en donner à coeur joie, repoussant loin les limites de la bienséance communément admise dans un jeu. Petit Larry est un pervers et il ne va pas se gêner pour le dire à tout le monde, surtout aux filles qu'il va essayer de brancher. Les dialogues sont du coup extrêmement crus, vulgaires même. Si la version US est censurée, celle qui nous arrive en France ne l'est aucunement. D'un côté, on admire le travail de localisation effectué (doublage très réussi), d'un autre ce déballage d'obscénité en tout genre a du mal à passer, puisqu'il est totalement gratuit. Rien ne nous enlève de l'idée que cette surenchère de vulgarité n'apporte rien au jeu et nous éloigne de ce qui faisait le charme des vrais Larry. Désormais, tout est axé sur les dialogues et non plus sur les situations rocambolesques (souvenez-vous du travesti sur la plage du 6ème épisode). A trop vouloir en faire, les scénaristes ont dérapé pour se retrouver (volontairement) de l'autre côté de la ligne instable séparant l'humour du trash pas vraiment drôle. L'esprit Larry s'évapore même lorsqu'on assiste incrédule à une scène de sexe mettant en scène l'éternel looser, héros de la série. L'orientation érotique de départ vire ici au porno. Non, on ne retrouve décidément pas l'ambiance des premiers jeux de la saga.

Leisure Suit Larry : Magna Cum Laude
Quarters est une bon moyen d'imbiber d'alcool sa partenaire.
Mais s'il n'y avait que ça... Le style de jeu a lui aussi été remanié ! On est passé d'une excellente série d'aventure point and click à une compilation de mini-jeux sans saveur et complètement crétins. Mis à part les courtes phases d'exploration dans l'enceinte du campus ou dans les rues annexes, le gameplay repose entièrement sur une succession de petites activités extrêmement simples. C'est d'ailleurs très contradictoire, alors que Larry s'adresse à un public adulte, son gameplay semble quant à lui directement destiné à des enfants en bas âge, genre initiation à l'informatique. En fait, on retrouve toujours le même style de mini-jeux tout au long de l'aventure. Il y a des jeux basés sur le rythme (reproduire la séquence de touches annoncée, appuyer au bon moment sur la direction indiquée à l'écran), les jeux de collecte (récupérer un certain nombre d'objets sans se faire attraper par les ennemis), les jeux de précision (lancer des pièces dans un verre pour faire boire l'autre), etc.

Leisure Suit Larry : Magna Cum Laude
Le campus est un vrai cliché d'une fac américaine.
Même les dialogues sont l'occasion de pratiquer un petit jeu idiot. Au fur à mesure que la conversation progresse, on dirige un petit spermatozoïde sur trois lignes différentes (bas, milieu, haut). Il faut guider le gamète mâle dans un parcours d'obstacles truffés d'icones verts et rouges. Les verts font tourner la conversation en faveur de Larry, contrairement aux rouges qui font descendre l'intérêt que peut vous porter votre interlocutrice. A vous de voir comment vous voulez voir évoluer la discussion. Si ce moyen est original, il s'avère vite lourd puisqu'en cas de conversation ratée (comprenez par là qu'à la fin de la causette, la fille n'est pas convaincue par votre baratin), il faudra tout reprendre du début. Pour compliquer la tâche, l'alcool entre en jeu. Régulièrement, Larry s'enfilera quelques pintes de bière et verra sa vision se troubler. Dans cet état d'ébriété avancé, la mobilité du spermatozoïde se verra bien plus limitée et son contrôle beaucoup plus délicat.

Leisure Suit Larry : Magna Cum Laude
Une épreuve de rythme sans intérêt.
Le dernier point qui diffère du jeu original est son mode de représentation puisque Larry troque sa 2D vieillissante contre une 3D colorée plutôt rigolote. Bon, ce n'est pas merveilleusement beau, mais les décors et les personnages sont assez sympa. Les environnements débordent de clichés relatifs à tout ce qui touche de prêt ou de loin au milieu universitaire américain. Les dortoirs sont de véritables lieux de débauches, les canettes de bière vides traînent dans les couloirs. On entend même les radios cracher du pseudo Dave Matthews Band dans les chambres. Quel souci du détail ! Cela dit, rien ne peut changer la donne, le nouveau Larry est totalement creux et vide de toute forme d'amusement. Sa suite de répliques toujours plus graveleuses lasse bien vite le joueur qui aurait aimé pouvoir retrouver le charme des précédents jeux de la série. Au final, Larry reste ce qu'il est depuis maintenant 8 ans, un vieux souvenir de la grande époque du jeu d'aventure.

Les notes
  • Graphismes 13 /20

    La 3D n'apporte rien à la série, mais elle ne la dessert pas non plus. L'esthétique est plutôt agréable et nous montre un énorme cliché de fac américaine peuplée d'étudiants crétins. Globalement, les animations sont réussies, mais il arrive que quelques mini-jeux soient bâclés à ce niveau, je pense par exemple à l'épreuve de trampoline franchement vilaine. Cette version console souffre de petits ralentissements lors des mouvements de caméras en milieu ouvert (donc dehors), dommage.

  • Jouabilité 5 /20

    S'il n'y avait pas tout ce contenu adulte pour enrober le titre, on pourrait facilement le considérer comme un titre éducatif pour gamins de 6 ans. Les défis sont ultra-simples et ne présentent absolument aucun intérêt. Comment une si bonne série de jeux d'aventure a-t-elle pu devenir aussi insignifiante ?

  • Durée de vie 10 /20

    De par sa simplicité et son manque flagrant d'intérêt, on ne prendra même pas la peine de découvrir les multiples fins du jeu.

  • Bande son 16 /20

    Les lignes de dialogues sont nombreuses et joliment interprétées. Si on peut discuter sur leur sens et sur le ton général très racoleur, on ne peut nier la qualité de la localisation.

  • Scénario 8 /20

    La série des Larry prend un virage vers un humour plus trash et plus gras que celui pratiqué dans le passé. Le héros se retrouve toujours dans de sales situations qui auraient pu être amusantes si son franc-parler ne venait pas alourdir chaque séquence.

Voilà encore une vieille série qui ne passe pas le virage du 21ème siècle. Trop différent de son modèle originel, mais surtout trop creux dans son gameplay, ce Larry boit la tasse et se noie dans sa vulgarité excessive.

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11 novembre 2004 à 18:00:00
7/20
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Mis à jour le 11/11/2004
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