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Test : TOCA Race Driver 2 : Ultimate Racing Simulator
PC

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Dans des temps anciens, lorsque la concurrence s'avérait moins acharnée et l'inventivité plus développée, un titre naissait, sorti de nulle part, renversant toutes les convenances sur son passage. Son titre était Colin McRae. Succès populaire, d'estime et mérité, le soft de rallye, tel un messager à la fortune prémonitoire, permettait à Codemasters de mettre sur ses roues un projet aussi peu attendu que son homologue adepte des sentiers boueux. Seul capable de rivaliser avec la précision maladive de Gran Turismo, mais ne cherchant en aucun cas l'affrontement, Toca Touring Car surprit agréablement les incrédules s'y essayant. Un mythe se créait. Qu'en est-il aujourd'hui, après moult séquelles ?

S'il est évident que les quatre lettres Toca résonnent désormais de façon audible dans le microcosme vidéoludique, déclenchant une attente fiévreuse et passionnée des fans, il l'est toutefois moins de deviner à l'avance le programme copieux au fumet appétissant que nous auront concocté les développeurs de la société anglaise. En effet l'évolution de l'opus numéro 4 (Toca Race Driver) concernant la scénarisation, certes peu poussée mais favorisant une immersion immédiate et pour une fois la création d'un but vers lequel tendre, avait suscité une émotion de bon aloi et un vent frais d'originalité. Reprenant cet état d'esprit mettant à contribution pleinement l'imagination du joueur, le titre vous place dans la peau d'un tout jeune pilote, peu habitué à l'univers rude et baigné d'effluves d'huiles de la course professionnelle. Dès ce mode carrière enclenché, vous débutez immédiatement au volant d'un bolide, sans temps mort ni préparation. Une idée ingénieuse vous permettant de toucher du doigt les émois vifs et effrayants de la découverte brutale d'un milieu inconnu. L'ambiance se colle à vous subrepticement, vous laissant encore sous le choc de cette mise en bouche une fois hors de l'habitacle. Une scène cinématique se déclenche alors, dévoilant une vue subjective de rigueur, vous plaçant face à vos interlocuteurs, sans avatar brisant votre implication. De plain-pied dans la trame scénaristique, proche dans son inventivité de celle de "Days Of Thunder", vous allez devoir vous frayer un chemin parmi l'ivraie afin de revendiquer la place de champion du monde toutes catégories. Pourquoi toutes catégories ? C'est ce que nous allons voir.

Les effets météorologiques sont vraiment bien rendus.

Contrairement à son grand frère, Toca Race Driver 2 vous met au défi d'adapter votre conduite à tous les types de revêtements possibles et imaginables. Concourant sur les pistes verglacées de l'Alpe d'Huez, les chemins poussiéreux de campagne, l'asphalte bouillonnante de Laguna Seca, et les pistes détrempées d'Angleterre, il vous faudra maîtriser votre véhicule avec maestria pour ne pas espérer finir en pièces détachées contre le premier poteau venu, qu'il soit téléphonique ou non. Une variété intéressante qui permet de regrouper en un seul titre les principales formes de courses automobiles. Mais est-ce vraiment une solution ? Après de longues heures de lutte cramponné au levier de vitesse, on serait tenté de dire que l'osmose converse des errances qui empêchent de convaincre totalement. Reprenant le style de conduite axé sur une simulation pointilleuse dans la prise des courbes et de la gestion de l'accélération et du freinage, et plus orienté arcade dans le comportement général face à la piste, le titre s'offre donc le luxe de proposer des alternatives nombreuses, mais pas forcément heureuses. Les courses mettant en scène de grands Trucks américains par exemple, si elles ont le mérite de changer radicalement votre approche, demeurent sauvages et difficiles à dompter. Les énormes masses de métal déambulant, souffrent d'un survirage effarant, vous interdisant la moindre prise de risque. Un challenge diront certains, mais qui peut rebuter les novices à long terme.

La gestion des dégâts provoque des sculptures involontaires

Ce défaut se retrouve également lors du pilotage d'une technicité exigeante des formules Ford, légères et peu stables. Une seule roue dans l'herbe fraîchement coupée et le scénario catastrophe survient malencontreusement. Les tête-à-queue s'enchaînent et la première place s'envole. On peut arguer que ce jeu se destine purement et simplement à ceux qui connaissent la série, mais il aurait été de bon ton de mettre à disposition des personnes souhaitant découvrir cette franchise une sorte de mode arcade, pardonnant davantage les fautes de jeunesse. Pourquoi alors avoir placé un système permettant de recommencer une épreuve indéfiniment, si l'on est certain de l'équilibre de la difficulté ? Les pilotes acharnés souhaitant en découdre avec des virages agressifs, défiant leur ego, prendront un plaisir immense à adopter une stratégie de course conforme à leurs attentes, mais les autres réfléchiront à deux fois avant de se lancer à l'assaut.

Une bonne course de camion, ça détend après une journée de dur labeur

Ceci étant dit, le réalisme des modèles physiques, et la gestion habile du transfert de masses exacerbe la jouissance ressentie devant la résistance du monstre mécanique à vos ordres. Il est par conséquent difficile de formuler des griefs lorsque le goût et l'expérience se trouvent en ligne de mire de manière si présente. Par contre, ce qui se révèle vraiment dommageable est l'absence quasi totale de différence entre la conduite sur asphalte avec une voiture puissante, le pilotage en rallye et celui sur route humide. Les automobiles se comportent de façon analogue, ne mettant peu ou pas en exergue une disparité pourtant nette de terrain. Il n'y a vraiment que les sensations sur glace qui promettent une vision renouvelée, et encore. Non que ces circuits demeurent inintéressants, mais à trop vouloir diversifier son produit, Codemasters a retiré les spécificités propres à chaque environnement. Dommage.

Le mode rallye est intéressant mais pas assez finalisé

Mais cet état de fait ne chagrine pas vos adversaires. Peu sensibles à votre détresse, ces derniers ne vous laisseront aucun répit, et ne pardonneront aucune faute. Bénéficiant d'un I.A de bonne qualité, n'espérez pas profiter du syndrome Gran Turismo, où il vous suffisait de vous coller contre la file indivisible de vos concurrents pour espérer passer en priorité. Ici, chaque opposant est en compétition pour lui et lui seul, tentant par tous les moyens de conserver sa place. "Queues de poisson", coups dans le pare-choc arrière, doublements intempestifs et violents, il ne cherche pas la faute, mais met tout de même des chances de son côté. Et ne pensez pas passer devant lui facilement. Il se placera de manière telle, qu'il vous sera pratiquement impossible de le dépasser sans le heurter.

Je maîtrise, je maîtrise... olalala

Et pour ceux qui seraient tentés par la méthode consistant à foncer dans le tas en s'aidant des confrères pour négocier une chicane, précisons que les dégâts sont admirablement gérés, vous pénalisant d'une rapide panne de moteur, ou de la fracture de votre boîte de vitesses. Le programme de déformations en temps réel est par ailleurs fort poussé, rendant chaque accrochage réaliste et on ne peut plus visible. Dans le même ordre idée, la gestion des collisions prend en compte un nombre de paramètres impressionnant, bien que souffrant toujours de la maladie des barrières en bois indestructibles et radicalement meurtrières. Colin McRae 4 fait bien mieux dans ce domaine. Par contre, graphiquement, notre ami l'écossais subit un léger soufflet du revers de la main.

Les championnats de pick-up provoquent des montées d'adrénaline

Magnifique est le mot qui convient le mieux pour décrire Toca. Mettant en avant des environnements très détaillés, aux textures d'une qualité admirable, il se place comme l'un des plus beaux titres de courses sur PC. Proposant un travail sur les éclairages et les contrastes fabuleux, il finit d'asseoir son autorité par la grandiloquence des reflets s'adaptant aux moindres accrocs de la carrosserie. Mais ce tableau idyllique masque quand même une modélisation des spectateurs risible, et une certaine vacuité malheureuse lors de certaines courses. Les environnements urbains, quant à eux, bien que grandement appréciables, manquent cruellement de vie et de "grain" permettant l'adjonction de réalisme forcené. Dans le cas des bolides flambant neufs à votre disposition, dont le nombre et la diversité sont louables, il convient de remarquer une réalisation un tant soit peu moins précise que dans Colin. Je pense en disant ça à la représentation globale des véhicules, qui bien que d'un haut niveau reste perfectible. Mais l'ensemble vous promet de longues heures d'admiration, la bouche ouverte de contentement. Mention spéciale aux effets climatiques.

Un travail sur les ombres d'une qualité indéniable, dans une course de stock-car violente.

Au final, exhaustif et jouissif dans la pléthore de circuits (58), le choix de disciplines (15), et la mise à disposition de modèles de véhicules extrêmement différents, allant de la Mustang Cobra R à la Lancer Evolution 7, en passant par la Formule Ford, et insérant en son sein une base scénaristique liant le tout, ce nouvel épisode de la série Toca peut décevoir par certains côtés, mais demeure une référence dans un domaine où les batailles se font fermes et décidées. Et si un ultime regret peut mettre en valeur les qualités, remarquons la présence bénéfique de trois vues internes, mais d'une seule externe handicapant parfois certaines épreuves. Pari réussi. La gomme s'échauffe, et le feu vert s'allume.

Les notes
  • Graphique 16 /20

    Un cran en dessous de Colin McRae 4 dans le domaine de la mécanique et de la modélisation des voitures, mais le surpassant allègrement concernant les environnements et les différentes textures d'une qualité réelle et réalisées adroitement. C'est un bonheur que d'évoluer sous couvert d'une virtuosité graphique telle que celle-ci. Les divers effets de transmission des masses, et de réaction de la carrosserie sous un choc complètent le réalisme des intempéries et de la gestion de la luminosité. Un travail sérieux et sincèrement probant.

  • Jouabilté 15 /20

    Se découvrant au compte-gouttes par le biais d'efforts constants et prenants, la jouabilité ne dévoilera ses charmes qu'aux plus tenaces d'entre vous. Subtil mélange de simulation et d'une touche d'arcade, l'obligation de "dompter" cette maniabilité amène un challenge non feint qui pousse à continuer l'expérience jusqu'à la pleine maîtrise. Pointilleuse sur les démarrages violents et les prises de risques un peu trop nerveuses, elle rebutera pourtant peut-être les nocives qui ne supporteront pas de recommencer 6 ou 7 fois de suite la même course. Dommage également que les différences de pilotage ne soient pas suffisamment marquées.

  • Duree 15 /20

    Entre les nombreux championnats à effectuer, le choix de votre destinée grâce au mode carrière vous obligeant à recommencer le jeu pour profiter de toutes les occurrences possibles, les voitures et les pistes à débloquer, le mode multijoueur en lan et sur internet, et les phases de peaufinement de ses réglages, vous aurez de quoi passer de bonnes après-midi devant votre écran. D'autant qu'y revenir de temps en temps demeure un petit plaisir non feint.

  • Son 15 /20

    Les effets relatifs aux entrailles de votre bolide sont très bien rendus et participent à l'immersion au sein de la fureur de la course. Le respect des sonorités inhérentes à chaque modèle est également de la partie. Quant aux ambiances sonores en course, si elles demeurent assez discrètes, elles possèdent tout de même un mérite certain. Le doublage français quant à lui est réussi et convaincant.

  • Scénario 12 /20

    Une trame dans le fond classique, mais permettant, par sa non-linéarité, de découvrir plusieurs aspects d'une carrière menée dans un seul but, la reconnaissance du statut de champion. Une arborescence intéressante donc, qui s'inscrit comme base essentielle au renouvellement de ce type de jeu.

Fort et imposant, Toca ne se défait pas de son charisme solennel, et nous revient, fier et furieux. Demandant à être pris en main de manière puissante, il ne se laissera pas approcher par tout le monde. Mais à être trop taciturne, on finit par se couper des réalités du monde et se retrancher derrière de hautes murailles. Très intéressant pour les habitués, mais déroutant pour les autres, cet opus PC commet une légère erreur de parcours dans sa course aux étoiles. Mais cet état de fait ne doit pas vous empêcher de goûter à la délectation d'un challenge immersif et addictif. Espérons simplement que le prochain épisode propose un côté moins agressif, afin de se montrer sous son plus beau jour aux non avertis.

Profil de Killy
L'avis de Killy
MP
Journaliste de jeuxvideo.com
16 avril 2004 à 18:00:00
16/ 20
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Mis à jour le 16/04/2004 Voir l'historique
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