Test Far Cry- PC

PC

On peut dire que ces derniers mois auront été particulièrement éprouvants pour les bouffeurs de FPS qui ont dû subir une horrible disette. Enfin cette famine ludique s'achève avec l'arrivée de Far Cry, le FPS dont le nom est sur toutes les lèvres depuis quelques semaines et qui risque de provoquer une violente reprise du marché des cartes graphiques.

Far Cry

Désireux d'oublier son trouble passé qu'on suppose armé, Jack Carver officie pépère dans son bureau de location de bateaux dans un coin paumé du Pacifique lorsque Valérie Constantine lui demande de l'emmener dans un atoll isolé. Hop, ni une deux, le voilà en train de se manger une roquette dans son bateau tout neuf, de manquer de se noyer et de finalement atterrir dans un vieux bunker japonnais tout crade, sonné et dépossédé de sa mystérieuse cliente. En avançant un peu, notre Jack, qui ressemble furieusement au grand Jean Claude Van Damme, tombe sur un flingue et un téléphone portable qui lui permet de nouer le contact avec Doyle, son nouvel ange gardien. Et voilà, point, je ne vais pas m'attarder sur le scénario, parce que franchement, dans le genre original on fait bien mieux mais peu importe. En tout cas, nous emmener dans un atoll paradisiaque est en soit une excellente idée qui va nous changer un peu des décors habituels des FPS.

En quelques secondes on sort du bunker et on se perche sur une colline avec vue sur le splendide paysage qui contraste par sa luminosité et ses couleurs avec les tons monotones du bunker. Dieu que c'est beau. Le sable fin, les palmiers, les rochers, l'eau incroyablement réaliste avec son écume, la lumière qui flashe, la végétation dense lorsqu'on entre dans la jungle, les insectes qui nous volent sous le nez, tout est absolument splendide dans les extérieurs tout bonnement immenses de Far Cry (facilement une heure de jeu, sans loading).

Test Far Cry PC - Screenshot 12Vu !

Oui, immenses. Et du coup offrant une grande liberté de mouvement. Même si en vérité, cette liberté est un peu moins grande qu'on le pensait car il s'agit souvent d'emprunter différents chemins prévus par les développeurs, on les sent nous guidant imperceptiblement du bout du doigt, comme on pousserait une fourmi. On peut s'aventurer dans la jungle mais au final, il y aura toujours un relief infranchissable (mais jamais un mur invisible à la noix) qui nous redirigera vers l'objectif final. Mais bon, je vais pas chipoter et on a quand même un très large choix, ça change au milieu de la multitude de titres super linéaires et dirigistes du moment. En clair, quel pied de se promener dans ces îles paradisiaques. Ces divers chemins de traverse auront d'ailleurs une autre utilité que de permettre de rejouer deux fois différemment et de se sentir libre comme Max. Il peut très souvent être utile de trouver une approche moins frontale à un objectif en extérieur par exemple. Peut-être que par là, on sera moins à découvert ou moins exposé à cette saleté de mitrailleuse lourde, à moins qu'on ne se dégotte un bon poste de snipe sur cette colline, tiens et si je nageais jusqu'à ces caisses et que je tentais d'entrer sans être vu ? On est toujours récompensé d'avoir fouillé un peu les environs au lieu d'avoir foncé comme un boeuf par la route la plus évidente. Et même si on est un peu limité, le sentiment de liberté est bel et bien présent (plus que dans Deux Ex : Invisible War en tout cas), c'est tout ce qui compte.

Test Far Cry PC - Screenshot 17Les vacances, c'est plus ce que c'était.

Il convient également de relativiser un peu l'aspect infiltration du jeu après de nombreuses heures passées dessus. Certes on dispose des jauges nécessaires pour jouer au Sam Fisher tropical mais jouer uniquement de la sorte semble tout bêtement impossible. En fait, on peut très bien se faufiler un moment mais, au final, ça se termine toujours par un carnage. L'infiltration, ou plutôt la discrétion, nous servira surtout à nous approcher d'un point sensible plus facilement, parfait pour atteindre une bonne planque avant de sortir les armes ou mieux, pour lancer une partie de cache-cache et tuer les gardes individuellement à la manière d'un Predator. L'infiltration est donc présente mais c'est plus un bonus qu'un vrai gameplay, Far Cry restant donc résolument orienté action et fusillades. Mais quelle action. En gros, notre but premier est bien de survivre dans des environnements hostiles face à des ennemis nombreux qu'on ne voit pas toujours. Seul au milieu des arbres on guette le moindre mouvement, la plus petite ombre, le plus petit bruit de pas et jamais on ne se sent en sécurité tant qu'on n'a pas nettoyé une zone (et encore). Et on ressent vite la réalité de la chose, surtout dans la mesure ou le jeu n'offre pas de quick saves mais uniquement un système de checkpoints. C'est sûr que c'est bon pour l'ambiance et le challenge, mais il faut bien admettre que c'est aussi souvent très mauvais pour les nerfs lorsqu'on doit faire et refaire un passage particulièrement ardu.

Test Far Cry PC - Screenshot 24Même pas le temps de profiter de la vue.

Un problème qu'on ressentira moins au cours des niveaux en intérieur. On change du tout au tout ici puisque le jeu devient alors très linéaire. Graphiquement, alors que beaucoup de moteurs excellents en outdoor se viandent dès qu'il faut représenter une salle carrée (heu, comme Chrome ?) le CryEngine continue à carburer au Super. Éclairages sublimes, textures hyper détaillées, c'est une fois de plus un régal. Souvent sombres, ces niveaux vont miser sur le sentiment d'oppression, la parano au moindre bruit et la claustrophobie. Surtout lorsque se pointeront les singes transgéniques de la mort et leurs copains encore pires (oui je vous ai prévenus pour le scénar), là, on se retrouve dans un véritable trip Doom ou Alien Vs Predator. Des bruits étranges des bêtes qui vous sautent dessus. A plus d'une reprise, on fait exploser son flippomètre et là encore, la crainte de ne pas joindre le prochain checkpoint en vie sera particulièrement anxiogène.

Test Far Cry PC - Screenshot 25Sans déconner, laissez-moi au moins nager tranquillement.

Point crucial et pas encore abordé : l'IA. D'une manière générale, elle remplit parfaitement son rôle. En extérieur, elle saura profiter de la taille des environnements pour vous prendre à revers par exemple et le premier réflexe d'un garde sera d'appeler des renforts ou de sonner l'alarme lorsqu'il vous verra. On apprécie de ne pas se faire repérer comme par magie et plus encore le fait que la visée des ennemis soit suffisamment imprécise pour être crédible mais pas assez pour être débile. Il est très amusant de jouer à cache-cache avec une IA qui se montre plutôt crédible dans le rôle du loup. En nombre, les mercenaires opposent une résistance coriace et offrent donc un challenge digne de ce nom. Toutefois, cette IA se montre bonne, parfois agréablement surprenante, mais pas parfaite. On regrette par exemple un comportement parfois un peu trop typé Benny Hill lorsqu'un mercenaire tourne et tourne et tourne autour d'un arbre avec vous en train de le suivre pour essayer de lui faire sa fête. Dans le genre faiblesse, on note aussi une tendance à ouvrir le feu dès qu'on vous repère, quitte à ce que l'ennemi soit complètement exposé, un comportement passablement idiot. Mais les plus gros regrets se rencontrent dans les intérieurs les plus étriqués avec des mercenaires qui se jettent sur vous comme des crétins ce qui, dans un niveau essentiellement constitué de couloirs étroits, revient à se jeter sur une rafale de plomb. Dans le même genre, postez-vous à la sortie d'un bâtiment donnant sur une cour, en restant à l'intérieur, et attendez les cibles, vous aurez un joli tas de cadavres. En fait, plus l'IA a d'espace, mieux elle se débrouille et inversement. Quant aux créatures OGM, elles donnent plus dans le bestial bien bête et méchant. Mais vu leurs aptitudes au carnage, elles peuvent se le permettre. Et je vous dis pas quand on affronte les modèles évolués, ceux qui ont des armes.

Test Far Cry PC - Screenshot 27Ambiance coconut qu'ils disaient ! Ben tiens !

Mais malgré tout, l'IA de Far Cry se montre tout à fait convenable et donnera bien du fil à retordre. Comme l'ensemble de l'excellente campagne solo soit dit en passant. Une action soutenue qui mise sur plusieurs tableaux (gunfights tendus et sentiment d'oppression) via un gameplay qui mélange prudence et nervosité et une réalisation à couper le souffle dont j'ai déjà parlé et que tout le monde connaît de toutes façons. Je dirais tout de même un mot de la physique puisque le moteur de Crytek pourrait bien concurrencer le très en vogue Havok. Le plus amusant dans l'affaire étant que les développeurs ont prévu divers lieux dans lesquels on peut faire joujou avec les lois de la gravité pour expédier quelques mercenaires dans l'autre monde. Roulé-boulé de gros bidons ou chute de containers sont autant d'alternatives amusantes au headshot. En revanche, cette technique ultra-poussée est gourmande. Pour info, j'ai testé le jeu sur la même configuration que lors de la preview, un P4 3GHz, 512 Mo de RAM et une Radeon 9800 Pro 128 Mo. Ne comptez pas moins pour jouer avec les détails à fond et garder un minimum de fluidité (on n'hésitera pas à doubler la RAM pour être tranquille au niveau frame-rate). Et oui, la beauté de Far Cry a un prix élevé et on ne saurait trop conseiller d'éviter les "petites" (hem) machines afin de ne pas perdre trop en qualité.

Test Far Cry PC - Screenshot 34Fusillade dans le soleil couchant.

Mais quid du multijoueur ? C'est peut-être un peu la déception à ce niveau puisqu'un seul des trois modes de jeu sort du lot, il s'agit du mode assault qui ne dispose que de 6 cartes. Dommage car pour peu qu'on en ait la patience, le multijoueur se révèle fort stimulant malgré quelques lenteurs relatives à la taille des cartes. On n'est pas dans Counter quoi. En tout cas, avec des maps aussi grosses et un horizon aussi vaste, les snipers vont s'éclater (gare au soleil qui se reflète dans les lunettes). Reste à souhaiter que les modeurs de tous poils nous pondent un maximum de cartes de qualité pour étoffer le jeu.

Dinowan, le 22 mars 2004

Les notes

  • Graphismes 19/20

    Sublime, Far Cry est sublime. Des plages de rêve idéales pour envoyer une colonie de Sims en vacances (headshot !), une jungle réaliste d'une densité à faire peur, une distance d'affichage faramineuse, des couleurs chaudes et ensoleillées qui nous changent des FPS grisâtres et des intérieurs tout aussi grandioses avec leurs éclairages dynamiques et une multitude d'autres effets ponctuels. Mais cette beauté est exigeante, préparez vos porte-monnaie. Il reste à voir ce qu'offriront HL², Doom 3 ou STALKER mais en attendant c'est Far Cry qui nous fait passer dans une nouvelle génération technique.

  • Jouabilité 17/20

    Dans le fond, Far Cry est un FPS primaire, mais diablement bon car par dessus on ajoute un brin d'infiltration (pas assez peut-être), une IA coriace et efficace (mais perfectible), plusieurs voies possibles et une véritable tension oppressante. Ca marche du tonnerre.

  • Durée de vie 17/20

    Une vingtaine de niveaux qui vous prendront en moyenne une bonne heure et une rejouabilité potentielle assez forte. Le multijoueur souffre d'un gros manque de cartes qu'on espère vite voir combler.

  • Bande son 17/20

    D'excellentes musiques d'ambiance couplées à des morceaux dynamiques réagissant à l'action. A cela s'ajoutent de très bons effets d'atmosphère aussi bien mécaniques qu'organiques. Seules les voix en VF m'ont fait regretter la VO de la preview.

  • Scénario 10/20

    Le héros ressemble à Van Damme, force est de constater que le scénario lui ferait un bon film. Heureusement que l'ambiance est excellente malgré tout.

  • Note Générale18/20

    Far Cry nous sort enfin de la torpeur dans laquelle se trouvaient les amateurs de FPS depuis trop longtemps. Dans un cadre original d'une beauté renversante et malgré une IA encore perfectible mais farouche, Far Cry séduira à coup sûr le fraggeur né par son gameplay qui, bien que basique, exige une certaine prudence et s'adjoint un sentiment de liberté et de danger permanent pour nous faire atteindre une extase ludique qu'on aurait presque oublié après une avalanche de titres moyens. Si vous cherchiez un prétexte pour upgrader votre PC, vous l'avez. En attendant de voir les autres challengers, Far Cry s'impose comme LE FPS du moment.

    La note de la rédaction est une appréciation de la qualité générale du jeu, mais n'est pas une moyenne arithmétique des différents critères.

  • Note Lecteurs 17/20

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Infos jeu

  • Editeur : Ubisoft
  • Développeur : Crytek
  • Type : FPS
  • Multijoueurs : Oui
  • Sortie France : 25 mars 2004
    (23 mars 2004 aux Etats-Unis - 23 avril 2004 au Japon)
  • Version : Française intégrale
  • Config minimum : PIII 1GHz (P4 2GHz recommandé), 256 Mo RAM (512 Mo recommandés), Carte 3D 64 Mo, Win 98SE, ME, 2000, XP, 4 Go d'espace disque
  • Config conseillée : PIV 3GHz, 1Go RAM, carte 3D 128 Mo
  • Classification : Déconseillé aux - de 16 ans
  • Existe aussi sur :
    Far Cry - PlayStation Portable
Mots-clefs : Farcry

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