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Test : Eternal Darkness : Sanity's Requiem
NGC

Cette fois c'est sûr, un complot se trame dans l'ombre contre ma personne, et ma prouesse d'avoir survécu à Resident Evil n'est visiblement pas du goût de tout le monde. Les regards sombres que je perçois confirment mes pires craintes : Eternal Darkness constitue bien la seconde étape de leur plan, celle qui a pour but d'éprouver le sang-froid des possesseurs de GameCube non avertis, en élargissant le public de la console à une audience plus mature. Un titre qui tutoie la démence comme jamais il n'en a été question dans un jeu vidéo.

Eternal Darkness aurait presque pu être un remake du film Les Diaboliques tant il est clair que tout semble avoir été mis en oeuvre pour vous faire craquer devant la psychose, la paranoïa et l'horreur qui caractérisent le destin des personnages du jeu. Une expérience que vous n'êtes pas prêt d'oublier, quel que soit votre parcours vidéoludique en matière de survival horror. Pour être franc, le jeu relève sans doute un peu trop du fantastique pour être crédible et donc réellement faire peur, mais l'angoisse qui est proposée ici se distingue par plusieurs aspects de celle de Resident Evil, par exemple. Les scènes très gores et les grosses frayeurs ne feront peut-être pas trembler votre main sur le paddle avec la même intensité que pour le titre de Capcom, mais les sursauts et les moments de panique seront au moins aussi nombreux.

Enchantez vos armes avec le sort approprié pour vaincre vos ennemis plus facilement.

Tout commence par une histoire de meurtre, ou plutôt d'accident, aux dires de la police. Sceptique sur ces conclusions un peu hâtives du décès de son grand-père, Alexandra Roivas décide de prendre les choses en main et d'enquêter seule dans le manoir de sa famille. Un premier cauchemar, quelques énigmes pour se mettre en route, et les rouages de l'histoire se mettent en marche tandis que la jeune fille découvre un mystérieux livre empreint de démence. Les pages du grimoire racontent le destin tragique de douze personnages élus par ceux que l'on nomme les Anciens. Leur destin sera le vôtre et leur folie sèmera le doute dans votre propre esprit au fur et à mesure que vous dénouerez les enchevêtrements de mystère de cette tragédie qui s'échelonne sur 2000 ans d'histoire. Autant de personnalités distinctes que l'on jouera tour à tour, avec toujours un même objectif : ne pas perdre la tête.

Ce cauchemar ambulant ne survivra pas à une décapitation.

Dès le départ, on réalise que ce sont presque les délires et la paranoïa surpuissante d'H.P.Lovecraft qui planent sur ce titre hors norme. Pourquoi hors-norme ? Parce que même si ses quelques défauts et sa réalisation moyenne lui interdisent de concurrencer directement la référence Resident Evil, Eternal Darkness parvient à se différencier de façon suffisamment intelligente des classiques du genre pour captiver le joueur qui n'a encore jamais eu droit à un tel florilège d'hallucinations paranoïaques. Dans le principe, les mécanismes de jeu diffèrent largement de ceux généralement établis, avec des déplacements que je qualifierais de « normaux », des caméras qui ne sont pas désespérément fixes et des possibilités d'action beaucoup plus riches. Le principal intérêt du gameplay vient justement du système de combat qui permet de cibler les parties du corps de son adversaire pour le démembrer. Il faut donc progresser intelligemment en prenant la peine de décapiter son opposant pour le rendre aveugle ou le neutraliser en lui arrachant les membres supérieurs. On évite ainsi de se retrouver cerné et on a le champ libre pour charcuter tout ce beau monde en nettoyant la zone à l'aide de « finish moves » propres à chaque personnage. Un délice !

Chaque personnage a son propre "finish move".

Du fait de ses origines datant de la période N64, il est clair que le rendu visuel du jeu est très loin d'égaler celui de Resident Evil, la référence en la matière. Cela dit, on appréciera la mise en scène et la qualité de certaines animations lorsque les personnages tournent la tête vers les objets clés, ou se fatiguent et souffrent d'un point de côté à force de courir comme des damnés. Assez déstabilisant au début, le design des personnages reflète finalement assez bien l'atmosphère du jeu selon les époques. Les héros ont des visages de martyrs qui se décomposent, au sens propre comme au figuré. Eternal Darkness recèle en plus de cela un certain nombre de très bonnes idées, la plupart basées sur les hallucinations dont vous serez régulièrement victime si vous ne surveillez pas votre santé mentale. Il suffit de croiser le regard des monstres pour perdre pied dans la réalité et voir les angles de vue basculer dans tous les sens, du sang qui dégouline le long des murs, des hurlements de martyrs, de bébés qui pleurent, quelqu'un qui frappe à la porte, des voix troublantes, le son d'un coeur qui bat, le téléphone qui sonne et attend que vous décrochiez, les transformations soudaines en zombie, ou lorsque vous croyez vous rétablir quand votre corps semble exploser soudain sous l'effet du sort de soin. Sans parler des hallucinations qui s'adressent directement au joueur en lui faisant croire à des bugs liés au fonctionnement de la console ou de la télé. On ne sait plus ce qui est réel et ce qui ne l'est pas, et lorsqu'on voit un monstre en dévorer un autre, ça n'a rien d'une illusion.

Les hallucinations de ce genre sont légion.

Le jeu étonne également en proposant des séquences clins d'oeil à des films cultes lors des passages jonchés de pièges. La furtivité est parfois nécessaire pour passer certains obstacles, et il est possible de sauvegarder n'importe où, à partir du moment où la zone dans laquelle on se trouve est "nettoyée". Enfin, la possibilité de combiner des symboles runiques pour découvrir de nouveaux sorts ajoute encore plus à la richesse du gameplay, mais tout cela ne se découvre qu'au fur et à mesure dans l'aventure. Il faut malgré tout conclure cet éloge en évoquant les quelques éléments qui nous ont déçus dans Eternal Darkness, avec en premier lieu un problème certain en ce qui concerne la précision des attaques. On ne cible pas toujours les parties du corps qu'on voudrait et les membres sont parfois inaccessibles quand on se trouve dans un couloir étroit, ce qui fait qu'on se retrouve à taper bêtement contre un mur. Le personnage tape parfois dans le vide alors qu'on vise correctement sa cible, et il est impossible de se dégager une fois cerné. A cela s'ajoute la réalisation moyenne de ce titre et sa durée de vie qui dépasse tout juste la dizaine d'heures. Malgré tout, Eternal Darkness est un jeu que l'on a forcément envie de recommencer, parce que l'expérience de jeu qu'il procure est unique. Ne passez pas à côté !

Les notes
  • Graphique 15 /20

    La qualité de la réalisation est parfois inégale et relativement décevante en comparaison de celle de Resident Evil, mais elle suffit à immerger le joueur dans cette paranoïa à grande échelle. L'option 60 Hz est de la partie.

  • Jouabilté 16 /20

    Un gameplay particulièrement novateur pour ce type de jeu, et réellement intéressant à jouer. Dommage qu'il faille supporter quelques bugs de précision.

  • Duree 15 /20

    Correcte, puisque l'aventure réserve une bonne dizaine d'heures de jeu, mais on n'a de cesse de recommencer l'expérience jusqu'à en connaître tous les tenants et aboutissants.

  • Son 19 /20

    Une bande-son parfaite et totalement au service de l'ambiance angoissante du jeu. Des mélodies, des cris, des hurlements, ou simplement des voix, ne sont qu'un échantillon de tout ce que vous entendrez dans le jeu. Le doublage en anglais est irréprochable et les textes sont en français.

  • Scénario 18 /20

    Une histoire captivante et tragique, qui se relance d'autant plus facilement qu'on découvre sans cesse de nouveaux personnages et de nouvelles époques.

Le souci d'objectivité m'oblige à mettre en avant les quelques problèmes de gameplay et la réalisation moyenne d'Eternal Darkness pour lui faire perdre quelques points qui auraient pu propulser ce soft au niveau du titre de Capcom. Mais si seul le coeur parlait, je les lui rendrais de bon coeur et sans me faire prier. En somme, si vous hésitez, remplacez le 6 par un 8 et courez vous procurer ce titre. Vous ne le regretterez certainement pas.

Profil de Romendil
L'avis de Romendil
MP
Journaliste de jeuxvideo.com
22 octobre 2002 à 18:00:00
16/ 20
Lecteurs Jeuxvideo.com
L'avis des lecteurs (125)
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17/ 20
Mis à jour le 22/10/2002 Voir l'historique
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